vendredi 17 juillet 2009
Gens de mer : Barry Spanier
J'ai du déjà le dire où l'écrire, jeune urbain, j'ai quitté la ville, en l'occurrence Paris parce que j'aimais la montagne et la mer et que je n'imaginais pas vivre autrement qu'en étant impliqué à fond dans ma passion. A ce titre, je me dit que je n'ai pas trop mal réussi même si sur ma liste je note encore beaucoup de choses à faire comme allez passer du temps sur les traces de Steinbeck en mer de Cortez, découvrir et photographier le désert pour comprendre un peu plus Théodore Monot, retourner au Cambodge, etc....
J'ai quitté la ville pour me rapprocher du vent et si c'est bien l'imaginaire et l'univers du surf qui m'attiraient, c'est le windsurf qui m'a ouvert la porte et poussé bien plus loin que mon horizon du moment et bien plus loin que je ne l'imaginais. Si aujourd'hui le vent m'a fait dérivé jusqu'au monde du bateau, je m'aperçois au fil des années qu'il y a bien un véritable trait d'union entre beaucoup d'hommes et de femmes qui ont eux aussi connu des expériences similaires.
Barry Spanier a été un des personnages importants du windsurf des années folles. En tant que designer de voile pour ceux qui auraient manqué cet épisode. Il sort aujourd'hui un livre dans lequel il parle de sa vie en mer, du vent, du windsurf et de la voile. Voici un extrait de présentation traduit en français par Jean Paul Riou que je salue au passage (et j'en profite pour m'excuser de ne rien avoir écrit si sur la Summerboard que je trouve pourtant géniale, si sur le blog du SeaLion alors même que je trouve aussi cette initiative rafraîchissante. :=)
L'extrait en question :
Imaginez......
...Nous sommes en 1969, vous avez 23 ans, vous êtes marié et vivez dans un container de 2m50 x 2m50 x 2m50 sur le Pier 62 le long de la Third and China Basin Street à San Francisco..... au plus près du bateau que vous construisez sur des plans achetés 34 $à Motor Boating Magazine.
...Pendant quatre années vous travaillerez à plein temps pour 3 $de l’heure, tout en construisant votre bateau dans le temps que vous laisse un sommeil minimum.
...Enfin vous lancez “Seminole” et sans plus attendre vous franchissez le Golden Bridge, en route pour le Mexique, sans électricité ni toilettes à bord.
...Destination Hawaii, où vous arrivez sans le moindre sou, pour le plaisir d’y vivre une vie que seuls les plus riches peuvent s’offrir.
...Après dix ans de mariage, votre femme quitte le bord, vous voilà parti pour Tahiti, à bord de « Seminole », avec trois français inconnus, à l’anglais approximatif, et dont c’est la première traversée.
...Mais… Sur l’Equateur à l’équinoxe, vous découvrez un océan plein de baleines et de dauphins.
...Vous partagez de nombreux après-midis de farniente avec Bernard Moitessier dans sa maison de l’ile d’Ahé aux Tuamotu.
...Vous vivez à Tahiti dans une maison sans murs, juste à dix mètres d’un lagon aux eaux turquoises et cristallines, où il n’est pas besoin de vêtements, et où les cocotiers, les goyaves, les avocats, les crevettes, et les langoustes abondent.
...Vous découvrez Bora Bora, Tonga, et les Iles Cook en un temps où elles sont encore assez “sauvages” pour vous enthousiasmer et vous surprendre.
...Vous vous retrouvez à Tauranga en Nouvelle-Zélande ou vous reconstruisez une goélette de 23m, de 1932: « Constellation ».
...Vous quittez la Nouvelle-Zélande, au milieu de l’hiver, à bord de “Seminole” et avec trois nouveaux amis, mais c’est pour vous retrouver naufragés sur une ile déserte trois jours plus tard. Et maintenant?
"Lorsque vous êtes nu, et que vous n’avez vraiment plus rien, vous ne rêvez pas à de grandes choses, vous pensez simplement à avoir un peu plus chaud.”
Dear Mom... The Bare Chronicles » seront en vente au prix de 18,95 $US port en sus
Les 100 premiers exemplaires seront signés par Barry. Pour le moment , Dear Mom....The Bare Chronicles n’est disponible qu’en Anglais.
Les cent premiers acheteurs recevront un exemplaire signé de Barry Spanier.
Lorsque les livres seront prêts à être expédiés vous recevrez une demande de paiement. Merci de préciser le nombre d’exemplaires que vous souhaitez.
jeudi 26 février 2009
Wave riding au Cap Vert
The 2009 Cabo Verde PWA World Cup - 02/21 from CaboVerdeWorldCup.com on Vimeo.
Quelques belles images de windsurf sur Sal et j'aime bien aussi la contraste de la remise des prix. C'est le championnat du monde de windsurf et on dirait celle d'un concours de pétanque dans un camping de la Bourboule.... Je ne sais même pas quoi en penser, et même si il faut d'ailleurs en penser quelques chose.
vendredi 20 février 2009
Un déguisement de Robby Naish...
Vous en rêviez, Quiksilver l'a fait. Le boardshort Robby Naish, avec la tête de mort. Bonne initiative. Enfin, on se dit juste que c'est un peu tard non ?
Bon W.E à tous.
jeudi 25 septembre 2008
Dans les coulisses de Lüderitz
A propos de mon billet d'hier sur les questions posées par les windsurfers et d'autres (relatives à la profondeur du run), voici la réponse précise apportée par Philippe Lavigne de windsurfjournal (avec qui j'en avais parlé avant) qui a été cherché l'info à la source. Well done mec.
mercredi 24 septembre 2008
Vitesse à la voile : les windsurfers jouent un jeu dangereux
Résumons rapidement l'affaire, je n'ai que quelques minutes pour écrire ce billet. Les kiteboarders sont à Lüderitz en ce moment et vu les dernières performances, tout porte à croire que la barrière des 50 noeuds a des chances de tomber. Ceci étant dit, vous savez ce qu'on dit à propos de l'ours. Par ailleurs fin du mois, l'Hydroptère sera à pied d'oeuvre à Port Saint Louis. Mais revenons à Lüderitz. Bjorn Dunkerbecjk, multiple champion du monde de windsurf est là-bas aussi. Il n'a plus rien à prouver mais il verrait bien sa carrière, qui touche à sa fin, se terminer avec un run mythique. Tout comme Antoine Albeau, qui lui aussi n'a plus rien à prouver. Or juste après Lüderitz, Bjorn a déclaré ceci :
"Vendredi était une journée vraiment ventée avec 40 à 45 nœuds mais c’était impossible de naviguer en windsurf car il y avait par endroit sur le run moins de 10 cm d’eau. C’est seulement plus tard dans la journée que c’est devenu possible de passer en windsurf mais malheureusement le vent est tombé entre 25 et 30 nœuds. C’est vraiment dommage."
La déclaration n'est pas anodine. En pointant le fait que par endroit il y aurait moins de 10 cm d'eau, ce qui reste à prouver car il ne faut pas non plus confondre un kite avec un hydroglisseur, Bjorn cherche à attirer l'attention du WSSRC. L'observateur sur place n'aurait-il pas vérifié le plan d'eau après l'énorme polémique de la règle n°3 amendée depuis ? Ce faisant il ramène aussi le sujet sur le devant de la scène...
Il y a quelques mois, c'est Antoine Albeau qui avait également joué un drôle de jeu, en semblant approuver le bien fondé de la règle n°3. Antoine a pourtant battu son record sur le canal. Le canal est je le rappelle pour ceux qui auraient manqué le début de l'histoire - une immense tranchée (efficace mais glauque) réalisée à coup de bulldozer, puis remplie d'eau. La profondeur y est faible, certes largement supérieure au run de Lüderitz mais surtout la largeur modérée du canal fait que le clapot y est limité. C'est son avantage numéro 1.
Albert Londres disait que le journalisme est de "porter la plume dans la plaie". Lui parlait de sujet vraiment sérieux mais je me permets quand même d'appuyer la où ca fait mal et de dire à Bjorn et Antoine que j'ai croisé de nombreuses fois sur les spots, qu'ils jouent tous les deux un jeu dangereux. L'avantage procuré par le canal pourrait devenir aussi illégitime aux yeux du WSSRC que la faible profondeur. Après tout aucun bateau ne peut raisonnablement venir naviguer sur la canal. Donc aucun bateau ne peut bénéficier de l'avantage accordé aux windsurfers, avantage dont ne peuvent bénéficier les kiteboarders. D'où le côté surréaliste des remarques des deux costauds. Le WSSRC reste une instance anglaise (avec des français inside c'est vrai) voulue par les voileux. Donc des gars pour qui le tirant d'eau et la mer ouverte sont deux notions importantes. Au moins les kitesurfers se lancent en mer "ouverte", même si le chop killers (atténuateur de clapot) ont de la partie. Le WSSRC pourrait finir par décréter que les problèmes des jeunes générations commencent légèrement à leur gâcher le tea time et renvoyer tout le monde hors catégorie. Et encore, là, je n'aborde pas la notion de fair play...
6 minutes 37 secondes. Quand un sujet me met les nerfs j'écris vite. A un dernier détail. A propos de la règle n°3, j'avais titré "La quête des 50 nds se fera sans noblesse". C'était sans aucun doute l'épisode n°2...
mardi 26 août 2008
L'essence même du freeride...

J'ai déjà du l'écrire peu ou prou sous cette forme dans un précédent texte, le freeride a été, est et restera une réalité sur l'eau comme sur la neige avant d'avoir été un concept marketing et une étiquette que l'on colle un peu n'importe où.
Samedi dernier, je suis parti avec un bon pote en direction de Six Fours. Le ciel était nettoyé par un beau courant d'ouest et la météo nous avait promis un bon 25 noeuds établi. Ceux qui connaissent la baie de Six Fours, le Brusc, la houle qui se lève devant la Pointe Nègre pour aller déferler sur le haut fond de la Coudoulière comprendront. A vrai dire, je n'avais pas sorti ma vieille JP 250 depuis un bail pour cause de gros vélo, de kite et de beaucoup de travail. Après toutes ces années de windsurf, ces routes cent fois faites, je crois qu'un peu de lassitude m'avait gagné. La passion n'était pas fânée, je me suis souvent interrogé à ce sujet mais simplement, j'étais moi-même passé à d'autres fièvres. Restait le sentiment d'une passion accomplie au fil des années, mise quelques temps entre parenthèses, des images de navigation à Mauï, au Bresil, en Corse au ailleurs et la certitude, sans nostalgie, que l'histoire n'était pas finie. Le windsurf de toute façon a trop changé ma vie pour qu'il n'en reste pas trace.
Samedi 23 août donc. Je sors à nouveau ma vieille JP 250 x 53 shapée par Peter Thommen et estampillée année 2000. Le channel central de la carène a donc vu couler beaucoup d'eau et ma voile North Doctor X 5.0 de la même année n'est guère plus fraîche. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ai l'ivresse, je sais la phrase est facile, mais il y a même un moment où le matos collector devient une fierté. On s'est mis à l'eau excités comme des gamins et nous ne sommes pas revenus au bord de sitôt. Pas la moindre dévente n'est venue ternir cette après-midi à fond dans la houle. On a passé l'après-midi à border comme des cochons, à rouler au taquet dans la houle, à glisser sur le dos de la mer en pétard. On a passé la nuit à s'enivrer de vent et d'embruns, à chopper un grand bol de bonheur tout bleu. Plein de choses me sont revenu en tête. Les nav" en laser le semaine dernière ou d'autres bord en bateau cette saison pendant laquelle j'ai également eu l'occasion de naviguer sur des bateaux fabuleux quand ce n'était pas sur les plus fabuleux des bateaux mais ce samedi les pieds dans les straps, j'avais l'impression de toucher une fois encore à quelque chose d'unique. Si le kite est une des façons les plus fabuleuses que l'homme ait inventé pour jouer avec le vent et l'océan, le windsurf restera aussi comme un des moyens privilégiés de prendre des sensations avec ces deux éléments avec l'avantage de l'accessibilité en plus et du risque en moins.
L'eau a défilé toute l'après midi sous mes pieds, j'ai rebondi entre la houle, jumpé sur quelques vagues, jibé sous le soleil et partagé son moment avec mon pote. Ma femme navigue aussi, j'aurais juste voulu qu'elle soit là. L'autre jour en Guadeloupe, j'ai vu des débutants sur des grandes planches, apprendre a aller et revenir en moins de trente minutes car bien conseillé par un moniteur. J'ai vu aussi ma fille de 11 ans se prendre au jeu et ne plus vouloir redescendre de sa planche. Je n'ai pas relu tous les billets de ce blog concernant le windsurf les uns derrières les autres mais je dois un peu me répéter : le windsurf est un sport hallucinogène et à la fois bon pour le corps et l'esprit. Curieux discours pour un mec qui s'est surtout converti au kite. mais bon.. J'en profite pour faire une aparté. J'ai cru comprendre qu'à la suite de mon papier sur Robby, certains y avait vu de la nostalgie. Désolé mais ce n'est pas le cas. Le windsurf a été ma passion, ma vie et mon boulot. Ca reste une grosse étincelle dans mon coeur et mes tripes mais je suis sans nostalgie comme après une aventure pleinement menée à bien. J'en refais de temps à autre, j'en referai sans doute un peu plus cette année mais je suis sans nostalgie, ce n'est pas productif. J'hallucine sur les performances de la nouvelle génération qui invente de nouvelles figures. Je constate aussi avec plaisir qu'il y a de plus en plus de cheveux blancs au Brusc mais leur cohabitaion avec les autres me rend serein, j'ai donc encore un peu de temps devant moi.... Je suis sans nostalgie et sans aigreur car mon travail n'est plus là et ne reste que le plaisir. Je suis juste un peu contrarié par le fait qu'un sport finalement si fort, si beau et au final pas si compliqué se soit contracté à ce point. Mais l'histoire n'est pas finie. On voit arriver de nouveaux jouets inventés par des gens qui ont connu les premières heures et qui écoute le feedback des spots d'aujourd'hui. Le windsurf n'a pas dit son dernier mot. C'est le matériel qui écrira de nouvelles pages d'histoire, ce sera une révolution "produit" comme dans le ski qui relancera la machine ou pas. Le windsurf doit se réinventer et en particulier ne pas voir son avenir que dans les envies de coureurs, car c'est bien là un truc vraiment typique du secteur, c'est presque toujours une couple shaper/coureur qui au sein des marques a développé du matériel. Or si les coureurs nous ont permis de profité d'un matériel aux performances en constante évolution, ils n'ont pas toujours été bien connectés au réalité du marché...
Crédit photo : Fanatic/Darrel Wong. L'image piochée sur le site Fanatic et que l'on doit à Darell Wong syntéhtise assez bien les lumières et autres impressions que l'on connaît à 30 noeuds au planning. Il y a des sensations que le bateau ne peut pas procurer... Le vent dans les mains et la mer qui vivre sous tes pieds. Le windsurf, c'est ça.
