TENDANCE BLEUE

Le blog de Thierry Seray, photographe. Deux lignes de fuite qui se rejoignent, l'univers de la mer et la passion de la photo. La mer au travers de l'image et inversement. L'océan, le voyage, la voile, les vieux gréements, les vagues, le surf, les bateaux,

mardi 17 novembre 2009

Voilà à quoi ressemble un run à 50,98 nds...

ishot_12C'est en Namibie, c'est en kitesurf, il s'agit d'Alex Caizergues et c'est filmé à 100 frames par seconde avec une caméra Red mais compressé pour U-Tube autant dire mâché et piétiné. En l'occurrence par la même équipe que celle qui a tournée Addikt 2, le film de F.One dont a parlé ici même il y a peu. La même en vitesse réelle ici. Seule reproche que je ferai à cette séquence très ciblée, elle ne donne pas à voir les conditions sans doute très difficiles (40 à 45 noeuds) d'un record de vitesse. Bon, c'est un peu de la faute à Alex qui donne l'impression de faire du cruising à 25 noeuds, il ne bouge quasiment pas j'hallucine vraiment, alors qu'il tape du 50 nds dans 15 cm d'eau. Ca tue les ours comme on dit.

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lundi 9 novembre 2009

Interview Sebastien Cattelan, Monsieur 50 noeuds

ishot_8Si tout le monde a bien retenu le nom d'Alex Caizergues, recordman du monde de vitesse à la voile en kitesurf avec une vitesse de 50,57 noeuds et ex-recordman du monde tout court avant que l'Hydroptère vienne graver sur les tablettes du WSSRC un nouveau et fabuleux chiffre, clôturant ainsi une des périodes les plus folles que la vitesse à la voile avait jamais connue (et que Tendance Bleue aura suivi dès juin 2007...), il est bon de se rappeler que Sebastien Cattelan a été le premier humain a passé officiellement la barre mythique des 50 noeuds. Aujourd'hui alors que tous les plus rapides kiteboarders de la planète sont en Namibie pour tordre le coup à l'Hydroptère, j'ai interviewé Seb pour le site Flysurf.com (entre 3 et 4 millions de pages vues par mois pour une fourchette de visiteurs uniques avoisinant les 80 000, donc gros traffic). Il est aussi l'organisateur du Lüderitz Speed Challenge

Depuis début Novembre, tout ce que la planète kite compte de roule ta bille du run sont à Luderitz, bled paumé au fin fond de la Namibie. Coincés entre le désert et un vent un rien inhumain, ils ne sont là que pour poursuivre l'un des plus vieux rêves de l'humanité, celui d'aller toujours plus vite. Dans très peu d'eau mais beaucoup de vent, ils font inexorablement monter mes enchères chaque année. A ce petit jeu, il ont invité la plus simple embarcation du monde à la table séculaire des gardiens de l'esprit du yachting. Même les lord anglais et autres cerbères du WSSRC ont plié et fait chapeau bas. Sébastien Cattelan est à l'origine de cet événement pas comme les autres, Le Luderitz Speed Challenge, monté à l'arrache et à l'énergie mais dont la résonance est pourtant planétaire. Découvreur du spot, premier homme à avoir franchi les 50 noeuds malgré une casquette d'organisateur qui en aurait freiné plus d'un, il récidive cette année dans le double costard. Chef d'orchestre et soliste. Les autres peuvent lui en être reconnaissant, le taulier offre gîte, couverts, challenge sportif et apparemment "entertainment" sur un plateau. Une interview de Sebastien Cattelan n'est jamais un moment anodin puisqu'il manie le mot et le trait d'esprit comme une arme de précision. Vous noterez pourtant que Mr Cattelan prend ici le pas sur Catman. Cet interview laisse en effet apparaitre l'épaisseur d'un personnage qui prend son rôle au sérieux. Ce qu'il dit aussi à propos de l'ambiance là-bas vaut son pesant d'or. A l'heure où les enjeux et les égos pourraient déliter l'ambiance, Seb nous parle d'un groupe soudé sous le sceau d'une même aventure. A la question de la com sur les V-max qui avait tout de même provoqué quelques ruades chez les pur-sangs parqués du coté de Luderitz, le Seb s'en sort plutôt bien. Le Luderitz Speed Challenge se déroule tout le mois de novembre et c'est qu'on leur veuille ou non, l'un des événement phare du kitesurf au niveau planétaire. A l'orée de 2010, l'univers du kitesurf n'a jamais été aussi passionnant. On peut regarder du coté de Luderitz, admirer les films comme Addikt 2 de F.One et le dernier opus de Ben Wilson, se régaler des performances en freestyle ou des tendance strapless, on peut se raisonnablement se réjouir du développement de la longue distance et du snowkite et se dire que le kitesurf est un sport qui commence vraiment à mûrir. On laisse la parole à Seb. C'est sur Flysurf.com et nul part ailleurs.

Tendance Bleue : Coureur et organisateur. Double casquettes et deux fois plus de taff. Pas trop difficile à tenir comme challenge ?


On est jamais mieux servi que par soi-même, c'est trop de boulot mais que du bonheur. Ca me rempli le cœur de voir des riders de tout horizon et de tout poil dévaler le run à corps perdu .

Tendance Bleue : tu avais un partenaire sur l'organisation l'année dernière ? Qui t'aide cette année
?

Plusieurs personnes participent à l'organisation sur un événement de cette envergure.  J'avais un associé officiel depuis le début mais qui s’est révélé finalement être vraiment bidon. La première impression est toujours la bonne, avec un physique pareil il aurait au moins pu être bon comptable, même pas ! Maintenant je n'aurai plus de mauvaise surprise et pourrai dormir en paix. Je lui ai donné sa chance et il m'a trahi. A présent je suis épaulé par Sophie Routaboul qui dirige la société so eVENT . Une organisatrice de talent et de charme qui est efficace quelque soit le problème.

Tendance Bleue : Luderitz commence par un gros coup de baston et tu communiques sur les V-Max. Impressionnant forcément (bravo pour ton chiffre..) mais jeux dangereux tu ne l'ignores pas. Alors pourquoi ?

C’était pas voulu, je le jure. J'ai toujours communiqué sur le GPS car cela nous donne le potentiel réalisable. Pour ce qui est de la prise de risque, le jour ou je m'arrêterais d en prendre, c est que je serai mort. L’important est d’aller au bout des choses.

Tendance Bleue : le Luderitz Speed Challenge est un événement planétaire sur les plan des retombées et des résultats et pas de gros sponsor officiel. Pourquoi ?

C'est la crise même au pays des diamants. L'an dernier, j'ai annoncé que l’on allait enfin passer la barre des 50, on l’a fait. Luderitz est une valeur sûre. C'est une épreuve historique avec une communication généraliste. Malgré avoir fait beaucoup dans ce sens, tout le monde reste sur la réserve. Apparemment,  mêler son image à une aventure positive au bout du désert serait trop de risque. Si un lecteur est intéressé… à votre bon cœur !

Tendance Bleue : chaque année, il se passe quelque chose de fort. La pression devient plus forte j'imagine. Est-ce que l'ambiance a changé en deux ans ?


Elle s'est améliorée. Tels des camping-caristes qui se retrouvent tous les ans autour d'un Ricard, à un détail près : cette sensation de graver son nom dans l histoire de ses rêves. Cela nous lie en une confrérie. Ce but unique nous canalise et résout tous les problèmes de la vie. Le fait d'aller tous dans la même direction nous permet d'éviter les conflits. J'ai loué une maison pour  vingt personnes, genre « loft story », avec barbecue no futur et organise d’autres  activités anti-pétoles genre trip cata au milieu des baleines, dauphins et autres gros phoques. Ce matin petit déj’ à la ville fantôme : ancienne mine de diamants. D'autres réjouissances restent à venir : safaris, quad dans le désert namibien, shark fishing entre coupé de maxi sessions freestyle et vague .


Tendance Bleue : est-ce que la pression sur le run ne devient pas plus difficile à gérer ?


Côté stress, j'ai connu pire, genre a Fuerté avec un banc d'espagnoles affamées qui t'attendent en raclant la poussière d'un coup de talon. C'est là que tu chopes ton herpes , hein Alex ??

Tendance Bleue : on ne t'imaginais pas forcément aux commandes d'un événement. Pourquoi as-tu  plongé dans ce job difficile ?

Il fallait que ce soit un rider qui prenne les commandes . Je me suis retrouvé a faire ça a temps plein toute l'année. C'est un nouveau challenge pour moi. Je  rassemble toute mon expérience et mon énergie, le Catman faisant place au Sébastien Cattelan.
C'est la suite logique après avoir couru pendant une bonne quinzaine d'années. C'est un concept qui offre la chance de s exprimer : 2 caméras , 1 résultat , 3 possibilités...

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vendredi 30 octobre 2009

61,8 noeuds en vitesse de pointe

60mph_kph_4_100mm_dia_74_pUn vent à décorner un CRS est venu déchirer le lagon de Luderitz hier. Premier résultat tangible, il n'y a plus internet sur place. Mais l'information peut quand même transiter par les moyens "old-school" et le téléphone a prouvé son efficacité. Alors tenez vous bien. : Sebastien Cattelan (qui ridait en 9 m dans du 50 noeuds) a réalisé une V-Max de 61,7 noeuds. Il a également réalisé une moyenne de 56,8 noeuds sur 10 secondes et un run de 500 m à 53,058 noeuds mais avant le début officiel de la période WSSRC donc aucun record à attendre. Mais c'est prometteur. Dans des rafales à  55 noeuds (et non pas 48 nds comme écrit précédemment) plutôt rudes pour un échauffement, Alex Caizergues a score 58 nds en V Max et 53 sur 10 seconde. Manu Taub a détruit une Bandi 8 m, on déplore aussi quelques gros crashs mais à priori rien de grave.  

Un peu de feedback en live sur les vitesses de pointe. Pour info Hernie est le père de Sjoukje, l'actuelle détentrice du record chez les femmes.

Hennie Bredenkamp (58 knots): “electric, it’s my best speed ever!”
Alex Caizergues (59.5 knots)
Basil Cambanis (52.5): “I went maybe too late in the water”
Sebastien Cattelan (61.8 knots): “It was spectacular. We hope to push the limits further and maybe to break the outright record again. The dream gave me wings to run the event and motivated me to ride like never before.”
Sophie Routaboul (40 knots)
Charlotte Consorti (43 knots)

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mercredi 9 septembre 2009

L'histoire de l'Hydroptère.

Ce sujet a été initialement écrit (par moi..) pour la revue Bateaux. Il a été publié en 2008. J'étais assez fier de ce sujet, parce que j'avais eu du plaisir à le réaliser, à écouter cette histoire, mais aussi un vrai plaisir à l'écrire. Je suis heureux de le partager aujourd'hui sur Tendance Bleue, à l'heure où l'Hydroptère a atteint son objectif.

AU PIED DU MUR
L’hydroptère était une idée en avance sur son temps. Après deux décades difficiles, l’oiseau blanc enfin conforme au rêve du début, se confronte aujourd’hui au « mur du vent ». Belle revanche.

26731374_pTout commence un jour de 1975. Alain Demergues alors responsable du calcul des structures chez Dassault Aviation, se rapproche d’Eric Tabarly. Avec quelques amis des bureaux d’études, ils pensent qu’on peut faire voler les bateaux. Sérieusement. Au milieu des années 70, les navigateurs ne sont pas forcément enclins à croire à une idée folle mais Tabarly n’est pas marin comme les autres. Son silence extérieur vaut pour l’audace intérieure. Il écoute. En fait il cherche déjà à mettre des petits foils sous ses flotteurs pour les soulager et stabiliser son bateau et pense sans doute que tout ça peut valoir son pesant de miles dévorés pied au plancher. « Les gens ne comprenaient pas forcément ce que voulait Eric avec l’Hydroptère et dans le film qui vient de sortir c’est ambigu. Il a rêvé de faire voler un bateau mais techniquement ce n’était pas possible à l’époque. Paul Ricard correspondait à son idée originelle, mais il pressentait qu’on pouvait aller plus loin et il n’a cessé de m’aider.» C’est Alain Thébault chargé par Tabarly de développer le programme qui parle. Une première maquette est construite par le groupe d’ingénieurs. Une deuxième le sera au milieu des années 80 par Alain justement. Il faudra du temps pour que le projet trouve des soutiens malgré la caution que représentent le grand Tabarly et ses relations. « Un jour, on a atterri au salon du Bourget se souvient Alain. C’est à ce moment-là que les gens de l’Aérospatiale et de Dassault Aviation, nous ont confirmé leur aide. A l’époque l’avionneur débloque 150 000 Francs pour réaliser la maquette au tiers. « Elle a du naviguer en 1987 et il faudra quatre ans pour la mettre au point principalement faute de moyens. » précise Alain. La maquette est utilisée jusqu’en 1992. Il faut aller plus loin, passer à la grandeur nature imaginée initialement. De puissants soutiens sont nécessaires. « A cette époque Eric Tabarly sait déjà que la région Bretagne ne le suivra pas sur cette idée. Il me charge d’aller voir Olivier Guichard alors président des Pays de la Loire et je demande alors à un jeune député de l’époque, François Fillion, de m’aider à obtenir un rendez-vous. Pendant la rencontre, Olivier Guichard dira cette phrase « A Nantes et Saint-Nazaire, il y a deux entreprises importantes qui représentent l’aéronautique et la navale, et donc la région des Pays de la Loire va fédérer le projet et vous aider »

La réunion de Bénodet
Alain poursuit. « Vient alors la fameuse réunion de Bénodet. Chez Eric, dans son salon, le 25 août 1992 ». Le matin même, Frédérique, la femme d’Alain lui annonce qu’elle attend leur premier enfant. « Cette date est porteuse de la dimension affective et technique. C’est un des problèmes chez moi, je n’arrive pas à déconnecter ces deux éléments.» Alain poursuit : « On a eu la visite de Serge Dassault et des représentants du ministère de la défense (DCN), de l’Aérospatiale et des Chantiers de l’Atlantique de l’époque. Le matin, j’ai fait évolué la maquette devant Bénodet. La veille on s’était planté dans une vague sous génac et on avait quasiment sorti le plan porteur hors de l’eau, je me suis précipité à l’arrière, au même moment on pète la drisse de grand voile. On était mal, j’ai dit à Eric qu’il fallait rentrer et je me souviendrai toujours de cette scène. Eric a pris la drisse, il fait un tour mort et deux demi-clefs autour du bras de liaison. Depuis ce jour, je sais qu’on peut toujours sauver la mise, que tout est toujours récupérable.»  Le projet a vraiment démarré après cette réunion. Dassault a construit les foils, la DCN a construit la coque, l’Aérospatiale devait construire les bras de liaison mais finalement ils se sont fait ailleurs, Matra grâce à Largardère a financé le mât ». Thébault et Tabarly ont enfin leur jouet. Le premier vol a lieu au large de Saint Nazaire, à 28 nœuds, le 1er octobre 1994. Thalassa est là, d’autres TV aussi. « On a bordé, le bateau a décollé » dit laconiquement Alain. Pourtant, les dix années suivantes ne seront pas faciles. L’Hydroptère vole, fait rêver certes, mais ne confirme pas vraiment et subit quelques grosses avaries. Au large de l’île de Groix, puis plus tard aux Canaries. La confiance dans le concept prend des coups. Entre temps, les grands trimarans dont les 60 pieds s’affirment et la course au large prend toute la lumière. L’Hydroptère est marginalisé. Le skipper porte un regard particulier sur cet aspect des choses. Voudrait préciser sa vision : « on a eu des moyens financiers très inférieurs à ce que les gens pensent. On a eu de la matière grise, des moyens techniques, de la visserie titane par exemple. Louis Gallois quand il était président de l’Aérospatiale nous a fait construire un bras en carbone, mais nous n’avons pas forcément bénéficié de gros budgets pour fonctionner. Je vais te donner un exemple, le premier mât du bateau : on a effectué notre premier vol en octobre 1994. On a conservé ce mât jusqu’en 2005, quand, à Lanzarote, le cyclone Delta nous l’a fracassé. Est-ce qu’il y a beaucoup de voiliers au plus haut niveau, qui conservent le même mât plus de dix ans.. ? »

Coup de pouce du destin
Entre temps un vrai mécène, Thierry Lombard, banquier Suisse dont la tradition familiale est de soutenir de belles aventures, marqué par le livre « Pilote d’un rêve » dont lequel Thébault raconte son aventure, sauve le projet d’une mort certaine après l’épisode des Canaries. A ce moment précis, des deux derniers soutiens de l’Hydroptère, l’un passe la main. « Thierry nous a donné les moyens » ajoute Alain. Aujourd’hui l’oiseau blanc est bardé de capteurs, et surveillé par des têtes bien faites. Il accélère comme nul autre bateau, il est le plus rapide et revient au centre de toutes les discussions depuis 2005. Le record de Blériot sur la Manche, l’entrée en 2007 dans les tablettes du WSSRC et la pointe à 47 nœuds ont réveillé les consciences. Thébault remarque que les grands groupes s’intéressent de nouveau au projet. « Le mur du vent », titre de son second livre sortira bientôt. Le record des 50 nœuds est à sa portée mais le skipper vise déjà plus loin. Tabarly avait choisi le bon sherpa pour le rêve des ingénieurs qui apportèrent l’idée originelle. Thébault, homme complexe, a tout sacrifié. Sa vie et celle de l’Hydroptère ne font qu’un. Or, la frontière entre la persévérance et l’entêtement est parfois ténue. A la question de savoir pourquoi il a laissé ce projet dévorer vingt ans de sa vie dont il a mis l’intime au grand jour comme une thérapie, il cherche l’explication : « Quand j’étais petit, j’étais enfermé dans une pension en face la maison de ma mère. J’avais un vasistasse bleu pour seule respiration. Ma maman était souvent en psychiatrie. Un jour avant qu’elle ne meure, elle a essayé de prendre le train toute seule, ce qu’elle n’avait jamais fait. Elle a réussi et je suis allé l’accueillir à Montparnasse. En allant la retrouver j’ai pleuré. Je me suis dit ce jour-là que tout est possible, tout comme je le penserai plus tard, quand Eric fit son tour mort et ses deux doubles clé.» Alain Thébault n’a peut-être eu qu’une certitude au cours de toutes ces années de galère. Celle qu’on peut réussir.

Interview : Alain Thébault et les 50 noeuds
L’Hydroptère n’était pas initialement taillé pour la vitesse pure. Quand avez-vous pris conscience de son potentiel ?
Progressivement, sans même que l’on s’en rende compte. Il y a eu un moment où l’on a eu la vitesse et la fiabilité. On passé un cap. Quand Thierry Lombard nous a récupéré sur notre île de Lanzarote, il nous a donné les moyens. Aujourd’hui on a embauché trois polytechniciens, pour un bac moins deux j’en suis fier. Coté Suisse on a des EPFL (Ecole Polytechnique de Lausanne), on a structuré le projet».

Au cours des quinze dernières années, as-tu failli abandonner ?
J’ai honte de le dire, je ne voudrais pas passer pour un monstre froid, mais je n’ai jamais douté. J’ai pleuré mais je n’ai pas douté. J’ai eu des propositions pour faire autre chose, mais j’ai toujours répondu que j’avais un travail à terminer et je crois qu’aujourd’hui, ce n’est même que le début de l’aventure.

Qu’est-ce qui a changé sur le bateau ?
On a travaillé sur la traînée. Elle se réparti en trois tiers a peu près équivalents : la traînée dans l’air, celle du foil sous le vent et celle dans l’empennage arrière. On a donc optimisé l’aérodynamisme avec le carénage de toute la plate-forme, des bras de liaisons, on a posé des jupes sur la bas de la GV pour qu’il n’y ait plus de passage entre la voile et le pont, on dispose d’un tout nouveau gréement (mât à forte corde, voile plus ramassée pour la plage de vent prévue dans le sud) mais surtout on a travaillé à 80% sur l’hydrodynamique.

Sur les foils et sur la cavitation ?
Les foils, c’est le gros du sujet. Ils sont nouveaux tout comme le plan porteur arrière. Il y a effectivement un vrai mur de traînée entre 49 et 50 nœuds et des problème de cavitation. On s’est efforcé de reporter ces problèmes au-delà de 54/55 nœuds. Le potentiel théorique est à ce niveau. Hors phénomène de « flutter » (vibrations et résonnance), bien connu en aéronautique mais qui pour l’instant sont inconnus dans l’eau. On a une montée en puissance prévu. On va ouvrir le domaine de vol comme on le fait dans l’aéronautique. Deux ingénieurs Damien et David seront au niveau de la coque pour surveiller toutes les données.

Quelles sont les conditions idéales pour le record ?
28/32 nds de vent réel, 138/140° d’ouverture, et maxi 80 cm de clapot car déjà à ce niveau nos écrêteurs entrent en action. On a d’ailleurs durci les suspensions. Avant la limite était 30 tonnes de pression. Maintenant c’est au-delà.

Est-ce que la conception de l’Hydroptère, sa plate-forme initiale n’est pas dépassée et ne mériterait pas un nouveau bateau compte tenu des progrès effectués ?
Nous avons beaucoup de chance car les calculs démontrent qu’on est d’entrée tombé sur la bonne géométrie et la bonne version. Si on fait un autre hydroptère la géométrie de l’ensemble ne serait pas si différente. 

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lundi 6 avril 2009

Revue de presse : Libération, Le Figaro, L'Equipe

lg_libeLa vitesse à la voile et la course aux 50 noeuds aura vraiment éveillé l'intérêt de la presse grand public qui se sera abondamment penchée sur le sujet depuis l'automne dernier. A ce petit jeu, il n'a pas été étonnant de voir l'Hydroptère truster les pages des grands magazines et ça m'a valu des parutions en France et à l'étranger dont au moins une belle double dans Yachting World (Angleterre) ou Yacht (Allemagne) mais que je n'ai toujours pas vu. On retiendra aussi que les grands titres, radio et autres TV auront su venir vers le kitesurf, et parler des principaux animateurs que sont Seb cattelan, Alex Caizergues bien sûr et même de Rob Douglas le nouveau venu ou de Sjoukje Bredenkamp. L'intérêt était fort au moment du record de cet automne ou des temps significatifs des français mais encore ces jours-ci pendant les championnats du monde de Port Saint Louis et ce malgré l'absence de vent. Une aubaine pour le sport lui-même et pour la vitesse en général. Une situation qui n'est pas pour me déplaire en tant que passionné et pratiquant de kite et qui n'est pas désagréable non plus sur le plan professionnel puisque ça m'a valu des retombées directes et en particulier un enchaînement de parutions qui font plaisir. ishot_6J'ai ainsi eu une  photo dans Le Figaro la semaine dernière (avec et grâce à Alex Caizergues que je remercie au passage, je te dois au moins une bière. à moins que tu ne préfères le champagne...) et enfin Libération hier  matin, toujours avec et grâce Mr 50,57 knots. J'avoue que celle de Libé est un plaisir particulier car ce journal à très souvent  posé sur le sport un regard particulier, en le traitant le plus souvent de façon décalé et intéressante et le papier de Michel Henry qui fait le point sur tous les acteurs actuels de la vitesse est tout à fait dans cet ishot_8esprit. Si j'ajoute la parution dans l'Equipe il y a une quinzaine à l'occasion du Marseille International Match Race via DPPI, j'ai de quoi être satisfait et à vrai dire ça me donne pas mal d'autres idées. Notamment en speed où il y a un travail d'envergure à faire à mon avis. Message personnel : on en reparle quand tu veux Thomas...

mardi 31 mars 2009

Retour sur la vitesse

Ce blog a suivi de très près l'actualité de la vitesse et ce dès 2007 (voir le grand sujet sorti dans BATEAUX en juin je crois) alors que nous étions peu à nous pencher sur le sujet. L'Hydroptère re commençait à faire parler de lui, les windsurfers étaient dans le coup et on ne parlait pas encore des kiteboarders scotchés à 42 nds. Vous connaissez la suite de l'histoire. Fin 2008, les 50 noeuds n'étaient plus un rêve, les kiteboarders ayant raflé la mise et L'Hydroptère, Sailing Rocket et Macquarie Innovations étaient - contre tout attente pour certains - revenus dans la course, le record changeant trois fois de main dans la dernière ligne droite de l'année. Ce blog relayant à chaque fois l'info parmi les premiers. Mais je dois avouer que la bataille médiatique entourant le sujet devenu brûlant, les diverses polémiques entourant les conditions de record, les annonces impromptues de vitesse de pointe noyant un peu l'impact du record en kite et provoquant la confusion, m'avaient un peu déçu, je suis donc passé à d'autres sujets comme tête de gondole du blog. Mais force est de constater que 2009 démarre fort. Macquarie Innovations vient de franchir les 50 noeuds, la saison redémarre et il y a encore des aventures à vivre sur le front du speed. Je relaye donc un vidéo vue à l'instant sur le toujours excellent blog Foilers. Il s'agit d'une séquence technique tournée à L'EFPL de Lausanne, partenaire technique de l'Hydroptère. La bataille de la communication n'est pas terminée...

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mercredi 18 février 2009

50,57 noeuds. Avec le tampon du WSSRC

homologationIl aura fallu du temps, une polémique, quelques palabres, des sueurs froides mais ce que retiendra l'histoire, c'est ce petit papier bleu. Une pensée pour Sébastien Cattelan qui restera celui qui a fait tomber la clôture et qui j'en suis sûr nous réservera quelques bonne surprises en 2009. Et je ne parle même  pas de l'équipe de Macquarie Innovations qui ne devrait pas en rester là, encore moins de Sail Rocket et autres qui rêvent tous des 54. Vavavoum...

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mardi 6 janvier 2009

Low Wind Speed Sailing Performance

MacquarieInnovation2009Macquarie Innovation est un  bateau qui me fascine. Il en était de même pour son prédécesseur Yellow Pages. Ce tripode au look futuriste fait passer la voile dans une autre dimension, c'est pourquoi j'en ai souvent parlé ici-même ainsi que dans la presse magazine lors de divers sujet axés sur la quête du run parfait sur 500 mètres. Je regrette simplement d'être basé si loin de l'Australie, j'aurais suivi cette aventure pas à pas croyez moi. Ce qui distingue MI du reste de la joyeuse troupe des gaillards qui s'échinent à aller vite sur le demi-kilomètre, est la plage de vent dans lequel l'équipe cherche à être performante et la manière dont elle pratique la vitesse. Low Wind Speed Sailing Performance, tel est leur créneau. Au lieu de  se battre contre les éléments, vent ahurissant et plan d'eau forcément rétif, les australiens s'emparent de ce qui n'est pour les autres qu'un petit courant d'air juste bon à sécher les voiles pour en tirer la quintessence. Sur le créneau ils sont seuls et à mes yeux c'est sans doute la quête la plus passionnante car l'aspect technique y est poussé au maximum. En effet, le bateau est capable de multiplier par deux voire même par presque trois la vitesse du vent, il y a donc quelque chose de magique là-dedans, même si en théorie, mécaniquement parlant, ça s'explique assez facilement. Dans les faits, on sait que c'est plus dur à réaliser. L'équipe australienne vient de faire une demande de ratification pour un run à 48,57 nds, réalisé par 17 noeuds de vent. A priori, si ratification il y a on parle de 48,15. 48,15 dans 17 noeuds de vent, le bonheur absolu. Après des années de galère, les australiens  reviennent dans la course et de quelle manière.Et MI n'est même pas un foiler...

Les 50 noeuds à la voile, conquis par Sebastien Cattelan, puis par Alex Caizergues sont toujours à prendre pour les voileux. On sait maintenant que MI, SailRocket et L'Hydroptère sont dans un mouchoir de poche. Qui sera le premier ? Faites vos jeux... Après des années de coma, la vitesse à la voile nous fournit matière à émerveillement tous les mois depuis plus d'un an et ce n'est pas fini. Qui va s'en plaindre ?

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mardi 18 novembre 2008

Un beau reportage sur l'Hydroptère

J'avoue que je suis enthousiasmé par la possibilité d'un mini Hydroptère qui, ne serait-ce que pour des raisons de masse donc d'inertie moindre, devrait permettre d'être plus performant en vitesse pure, je suis beaucoup plus sceptique sur le projet d'un gros hydroptère pour un tour du monde. Très délicat à piloter et peut-être au delà des possibilités physiques de l'équipage tout simplement.

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mardi 23 septembre 2008

Interview Alex Caizergues en direct de Lüderitz

ishot_7Le point de vue d'Alex Caizergues dans l'itv qui suit est intéressant a plus d'un titre car il nous décode ce qui s'est passé à Lüderitz. Pourquoi tout va plus vite aujourd'hui, pourquoi il n'est que trois mais vous remarquerez qu'il ne s'invente pas d'excuse, et pourquoi Rob Douglas est pour l'instant le plus fort. Il avait un objectif précis, Il est arrivé avant, il est très bien organisé et secondé, il est expérimenté, il est physiquement au top. Une démarche très américaine dans le sport. Son succès n'est donc pas du au hasard et nos trois mousquetaires ne s'attendaitent sûrement pas à une conccurence aussi bien structurée.

Tu disais que le premier jour la marée était trop haute et qu'il y avait un véritable dos d'âne sur le run. Et le samedi comment c'était ?
En fait, le premier jour, nous avons couru sur l'ancien tracé, à marée haute, avec effectivement pas mal de clapot au milieu. A partir de vendredi, nous sommes passés sur le nouveau tracé, décalé de 150m sous le vent. La marée était prévue haute à 18h, on a donc juste eu un bon créneau vers 16h (les meilleurs temps on étaient fait en 15 minutes...), à marée montante. Beaucoup moins de clapot donc tout au long du run, puisque moins d'eau. Le samedi, à peu près les mêmes conditions de plan d'eau, mais avec moins de vent que la veille, donc des temps moins élevés.

Qu'est ce qui a changé depuis l'année dernière. On dit que l'entrée du run a été modifiée ?
Oui, le run a pas mal changé par rapport à l'an dernier. D'abord, comme je te l'explique plus haut, le run a été décalé d'environ 150m plus bas. Deux gros avantages, on a plus cette entrée "carrée" (vent perpendiculaire au run) qui nous faisait perdre du temps, et la fin du run est tout simplement magique puisqu'on doit être à 150° et avec 45 noeuds de vent qui pousse, on arrive à monter très haut en Vmax. En plus de ça, le père de Sjoukje, Hennie Bredenkamp (ingénieur en génie civil), a travaillé pendant près d'un mois avec Seb pour concevoir des "chop killers" efficaces pour le spot. On a donc pour le moment 3 sections avec 100m de barages, un dans la zone d'élan, un au milieu et le dernier juste avant la fin.

Tu as scoré un 48,69 ce qui soit dit en passant est énorme mais j'imagine que la place de 3 ne te convient pas. Comment vois-tu la suite ?
Bien sûr que ce 3ème chrono ne me convient pas... Certes, j'améliore mon record, mais Rob et Seb sont à 49, avec Rob qui titille les 50 et ça, ça me met bien les boules... Mais bon c'est le jeu, on est ici pour un mois et cette première semaine doit me servir à engranger de l'expérience. Pas facile d'être direct dans le bain, on est arrivé samedi dernier avec Chris, pas eu une seule session d'entrainement (contrairement à mes camarades...), il fallait être au top dès le début et je me suis fait un peu cueillir à froid.

Tu as du analyser la situation, en quoi Rob Douglas est-il plus fort pour l'instant ?
Rob est le plus fort en ce moment pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il a avec lui son coach caddy, Mike, Gebbarht (pour info double champion olympique en planche à voile) qui est d'une aide et d'une efficacité incroyable. Avoir un appui à terre comme cela pendant une compète, crois moi c'est un gros avantage. Ensuite, Rob est un véritable athlète de haut niveau, un kitesurfer expérimenté (4 ans qu'il s'est mis au kite, avec un passé de speedboarder en windsurf, pas si inexpérimenté que ça donc!!!), un beau bébé aussi (env 100kg) et avec des cuisses assez balaises. Comme je te le disais plus haut, arrivés une semaine avant nous, ils ont bénéficié de deux gros coups à 40 noeuds sur lesquels ils ont pu se caler... Mais on prépare la riposte, le Team F ONE sera au grand complet jeudi avec l'arrivée de Charlotte et la fin de la tentative est encore loin.

A ton avis, a quelle vitesse pouvez vous aller cette année ?
Où va t'on s'arrêter, c'est sûrement la plus grande question. J'espère surtout être devant à la fin, c'est ce qui m'importe le plus comme tu l'imagines... Ensuite, 49, 50, 51 noeuds, qui sait où l'on s'arrêtera? Une chose est sûr, on ne se fixe plus de limite, ça ne sert à rien, le tout c'est qu'on passe 50 noeuds, après on verra !

Interview initialement publiée sur Flysurf.com et réalisée (par moi...) par mail

Posté par thierry seray à 13:49 - VITESSE A LA VOILE - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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