TENDANCE BLEUE

Le blog de Thierry Seray, photographe. Deux lignes de fuite qui se rejoignent, l'univers de la mer et la passion de la photo. La mer au travers de l'image et inversement. L'océan, le voyage, la voile, les vieux gréements, les vagues, le surf, les bateaux,

mercredi 9 septembre 2009

L'histoire de l'Hydroptère.

Ce sujet a été initialement écrit (par moi..) pour la revue Bateaux. Il a été publié en 2008. J'étais assez fier de ce sujet, parce que j'avais eu du plaisir à le réaliser, à écouter cette histoire, mais aussi un vrai plaisir à l'écrire. Je suis heureux de le partager aujourd'hui sur Tendance Bleue, à l'heure où l'Hydroptère a atteint son objectif.

AU PIED DU MUR
L’hydroptère était une idée en avance sur son temps. Après deux décades difficiles, l’oiseau blanc enfin conforme au rêve du début, se confronte aujourd’hui au « mur du vent ». Belle revanche.

26731374_pTout commence un jour de 1975. Alain Demergues alors responsable du calcul des structures chez Dassault Aviation, se rapproche d’Eric Tabarly. Avec quelques amis des bureaux d’études, ils pensent qu’on peut faire voler les bateaux. Sérieusement. Au milieu des années 70, les navigateurs ne sont pas forcément enclins à croire à une idée folle mais Tabarly n’est pas marin comme les autres. Son silence extérieur vaut pour l’audace intérieure. Il écoute. En fait il cherche déjà à mettre des petits foils sous ses flotteurs pour les soulager et stabiliser son bateau et pense sans doute que tout ça peut valoir son pesant de miles dévorés pied au plancher. « Les gens ne comprenaient pas forcément ce que voulait Eric avec l’Hydroptère et dans le film qui vient de sortir c’est ambigu. Il a rêvé de faire voler un bateau mais techniquement ce n’était pas possible à l’époque. Paul Ricard correspondait à son idée originelle, mais il pressentait qu’on pouvait aller plus loin et il n’a cessé de m’aider.» C’est Alain Thébault chargé par Tabarly de développer le programme qui parle. Une première maquette est construite par le groupe d’ingénieurs. Une deuxième le sera au milieu des années 80 par Alain justement. Il faudra du temps pour que le projet trouve des soutiens malgré la caution que représentent le grand Tabarly et ses relations. « Un jour, on a atterri au salon du Bourget se souvient Alain. C’est à ce moment-là que les gens de l’Aérospatiale et de Dassault Aviation, nous ont confirmé leur aide. A l’époque l’avionneur débloque 150 000 Francs pour réaliser la maquette au tiers. « Elle a du naviguer en 1987 et il faudra quatre ans pour la mettre au point principalement faute de moyens. » précise Alain. La maquette est utilisée jusqu’en 1992. Il faut aller plus loin, passer à la grandeur nature imaginée initialement. De puissants soutiens sont nécessaires. « A cette époque Eric Tabarly sait déjà que la région Bretagne ne le suivra pas sur cette idée. Il me charge d’aller voir Olivier Guichard alors président des Pays de la Loire et je demande alors à un jeune député de l’époque, François Fillion, de m’aider à obtenir un rendez-vous. Pendant la rencontre, Olivier Guichard dira cette phrase « A Nantes et Saint-Nazaire, il y a deux entreprises importantes qui représentent l’aéronautique et la navale, et donc la région des Pays de la Loire va fédérer le projet et vous aider »

La réunion de Bénodet
Alain poursuit. « Vient alors la fameuse réunion de Bénodet. Chez Eric, dans son salon, le 25 août 1992 ». Le matin même, Frédérique, la femme d’Alain lui annonce qu’elle attend leur premier enfant. « Cette date est porteuse de la dimension affective et technique. C’est un des problèmes chez moi, je n’arrive pas à déconnecter ces deux éléments.» Alain poursuit : « On a eu la visite de Serge Dassault et des représentants du ministère de la défense (DCN), de l’Aérospatiale et des Chantiers de l’Atlantique de l’époque. Le matin, j’ai fait évolué la maquette devant Bénodet. La veille on s’était planté dans une vague sous génac et on avait quasiment sorti le plan porteur hors de l’eau, je me suis précipité à l’arrière, au même moment on pète la drisse de grand voile. On était mal, j’ai dit à Eric qu’il fallait rentrer et je me souviendrai toujours de cette scène. Eric a pris la drisse, il fait un tour mort et deux demi-clefs autour du bras de liaison. Depuis ce jour, je sais qu’on peut toujours sauver la mise, que tout est toujours récupérable.»  Le projet a vraiment démarré après cette réunion. Dassault a construit les foils, la DCN a construit la coque, l’Aérospatiale devait construire les bras de liaison mais finalement ils se sont fait ailleurs, Matra grâce à Largardère a financé le mât ». Thébault et Tabarly ont enfin leur jouet. Le premier vol a lieu au large de Saint Nazaire, à 28 nœuds, le 1er octobre 1994. Thalassa est là, d’autres TV aussi. « On a bordé, le bateau a décollé » dit laconiquement Alain. Pourtant, les dix années suivantes ne seront pas faciles. L’Hydroptère vole, fait rêver certes, mais ne confirme pas vraiment et subit quelques grosses avaries. Au large de l’île de Groix, puis plus tard aux Canaries. La confiance dans le concept prend des coups. Entre temps, les grands trimarans dont les 60 pieds s’affirment et la course au large prend toute la lumière. L’Hydroptère est marginalisé. Le skipper porte un regard particulier sur cet aspect des choses. Voudrait préciser sa vision : « on a eu des moyens financiers très inférieurs à ce que les gens pensent. On a eu de la matière grise, des moyens techniques, de la visserie titane par exemple. Louis Gallois quand il était président de l’Aérospatiale nous a fait construire un bras en carbone, mais nous n’avons pas forcément bénéficié de gros budgets pour fonctionner. Je vais te donner un exemple, le premier mât du bateau : on a effectué notre premier vol en octobre 1994. On a conservé ce mât jusqu’en 2005, quand, à Lanzarote, le cyclone Delta nous l’a fracassé. Est-ce qu’il y a beaucoup de voiliers au plus haut niveau, qui conservent le même mât plus de dix ans.. ? »

Coup de pouce du destin
Entre temps un vrai mécène, Thierry Lombard, banquier Suisse dont la tradition familiale est de soutenir de belles aventures, marqué par le livre « Pilote d’un rêve » dont lequel Thébault raconte son aventure, sauve le projet d’une mort certaine après l’épisode des Canaries. A ce moment précis, des deux derniers soutiens de l’Hydroptère, l’un passe la main. « Thierry nous a donné les moyens » ajoute Alain. Aujourd’hui l’oiseau blanc est bardé de capteurs, et surveillé par des têtes bien faites. Il accélère comme nul autre bateau, il est le plus rapide et revient au centre de toutes les discussions depuis 2005. Le record de Blériot sur la Manche, l’entrée en 2007 dans les tablettes du WSSRC et la pointe à 47 nœuds ont réveillé les consciences. Thébault remarque que les grands groupes s’intéressent de nouveau au projet. « Le mur du vent », titre de son second livre sortira bientôt. Le record des 50 nœuds est à sa portée mais le skipper vise déjà plus loin. Tabarly avait choisi le bon sherpa pour le rêve des ingénieurs qui apportèrent l’idée originelle. Thébault, homme complexe, a tout sacrifié. Sa vie et celle de l’Hydroptère ne font qu’un. Or, la frontière entre la persévérance et l’entêtement est parfois ténue. A la question de savoir pourquoi il a laissé ce projet dévorer vingt ans de sa vie dont il a mis l’intime au grand jour comme une thérapie, il cherche l’explication : « Quand j’étais petit, j’étais enfermé dans une pension en face la maison de ma mère. J’avais un vasistasse bleu pour seule respiration. Ma maman était souvent en psychiatrie. Un jour avant qu’elle ne meure, elle a essayé de prendre le train toute seule, ce qu’elle n’avait jamais fait. Elle a réussi et je suis allé l’accueillir à Montparnasse. En allant la retrouver j’ai pleuré. Je me suis dit ce jour-là que tout est possible, tout comme je le penserai plus tard, quand Eric fit son tour mort et ses deux doubles clé.» Alain Thébault n’a peut-être eu qu’une certitude au cours de toutes ces années de galère. Celle qu’on peut réussir.

Interview : Alain Thébault et les 50 noeuds
L’Hydroptère n’était pas initialement taillé pour la vitesse pure. Quand avez-vous pris conscience de son potentiel ?
Progressivement, sans même que l’on s’en rende compte. Il y a eu un moment où l’on a eu la vitesse et la fiabilité. On passé un cap. Quand Thierry Lombard nous a récupéré sur notre île de Lanzarote, il nous a donné les moyens. Aujourd’hui on a embauché trois polytechniciens, pour un bac moins deux j’en suis fier. Coté Suisse on a des EPFL (Ecole Polytechnique de Lausanne), on a structuré le projet».

Au cours des quinze dernières années, as-tu failli abandonner ?
J’ai honte de le dire, je ne voudrais pas passer pour un monstre froid, mais je n’ai jamais douté. J’ai pleuré mais je n’ai pas douté. J’ai eu des propositions pour faire autre chose, mais j’ai toujours répondu que j’avais un travail à terminer et je crois qu’aujourd’hui, ce n’est même que le début de l’aventure.

Qu’est-ce qui a changé sur le bateau ?
On a travaillé sur la traînée. Elle se réparti en trois tiers a peu près équivalents : la traînée dans l’air, celle du foil sous le vent et celle dans l’empennage arrière. On a donc optimisé l’aérodynamisme avec le carénage de toute la plate-forme, des bras de liaisons, on a posé des jupes sur la bas de la GV pour qu’il n’y ait plus de passage entre la voile et le pont, on dispose d’un tout nouveau gréement (mât à forte corde, voile plus ramassée pour la plage de vent prévue dans le sud) mais surtout on a travaillé à 80% sur l’hydrodynamique.

Sur les foils et sur la cavitation ?
Les foils, c’est le gros du sujet. Ils sont nouveaux tout comme le plan porteur arrière. Il y a effectivement un vrai mur de traînée entre 49 et 50 nœuds et des problème de cavitation. On s’est efforcé de reporter ces problèmes au-delà de 54/55 nœuds. Le potentiel théorique est à ce niveau. Hors phénomène de « flutter » (vibrations et résonnance), bien connu en aéronautique mais qui pour l’instant sont inconnus dans l’eau. On a une montée en puissance prévu. On va ouvrir le domaine de vol comme on le fait dans l’aéronautique. Deux ingénieurs Damien et David seront au niveau de la coque pour surveiller toutes les données.

Quelles sont les conditions idéales pour le record ?
28/32 nds de vent réel, 138/140° d’ouverture, et maxi 80 cm de clapot car déjà à ce niveau nos écrêteurs entrent en action. On a d’ailleurs durci les suspensions. Avant la limite était 30 tonnes de pression. Maintenant c’est au-delà.

Est-ce que la conception de l’Hydroptère, sa plate-forme initiale n’est pas dépassée et ne mériterait pas un nouveau bateau compte tenu des progrès effectués ?
Nous avons beaucoup de chance car les calculs démontrent qu’on est d’entrée tombé sur la bonne géométrie et la bonne version. Si on fait un autre hydroptère la géométrie de l’ensemble ne serait pas si différente. 

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mardi 8 septembre 2009

Interview Alain Thébault, skipper de l'Hydroptère et détenteur du record absolu avec 51,36 noeuds

33145734_pVendredi dernier, alors que l'équipe prévoyait une montée en charge progressive puisque le bateau n'avait été remis à l'eau que quelques semaines auparavant et ceci après son chavirage de l'automne dernier, Alain Thébault et son équipage grillent la politesse au chrono et exploitent au mieux un vent d'ouest de 25/30 noeuds en rade d'Hyères pour une bonne glissade a plus de 50 noeuds. Record absolu à la clé. Retour sur cet épisode avec Alain Thébault, skipper de l'Hydroptère, dont j'ai souvent parlé ici, ainsi que dans la revue Bateaux. On apprend dans cette interview que l'Hydroptère.ch est bien en construction, Alain y confirme aussi ses visées hauturières et son rêve de tour du monde en 40 jours, et que l'Hydroptère a battu le record avec son "vieux gréement" . (crédit photo : Thierry Seray)

Tu prévoyais un montée en charge progressive et vous battez le record quasiment de suite. Tu cachais ton jeu où était-ce une surprise ?

Le petit mot de Christohe Simian, chonométreur Officiel WSSRC et présent ce jour là me paraît répondre parfaitement à la question : « Salut Alain , ce que vous avez fait vendredi est immense voir grandiose. En tant qu'observateur WSSRC j'observe ! la chose qui m'a le plus impressionné vendredi : c'est la concentration de l'équipage , sa force et son professionnalisme , il se dégageait de vous une espèce d' invincibilité ainsi qu' une puissance incroyable!!! Je n’avais jamais vu ça auparavant ! Encore bravo à ton équipe ! j' aurai vu 9 records absolus de vitesse à la voile grâce à vous  ! Je suis prêt  pour le 10 ème ! A bientôt et sincères amitiés . Christophe Simian »

Les records successifs de Sail Rocket et surtout de Macquarie Innovations avec les 50 noeuds franchis n'ont-ils pas un peu entamé le moral de l'équipe cet hiver ?

Pas le mien en tout cas. Je vais demander à Boris Cyrulnic d’avoir la gentillesse de m’expliquer ;-). Mais la réponse est sûrement dans mon premier livre : Pilote d’un rêve publié chez Flammarion

Les derniers runs à Port Saint Louis dans le vent fort étaient difficiles avec un bateau difficile à stabiliser, comment se sont passés les premiers runs à Hyères ?

La première journée d’essais à Hyères s’est bien déroulée avec une vitesse supérieure à 50 nœuds dès les premiers runs. Par rapport à notre dernière navigation à Port Saint Louis, le bateau semble désormais plus rapide. Et aussi stable à l’endroit qu’à l’envers ;-)

Y-a t-il eu des changements techniques sur le bateau pendant l'hiver ?

Nous avons retouché le profil des foils. Notre gréement vitesse étant détruit, nous avons installé pour 2009 le gréement hauturier, moins performant et les anciennes voiles qui datent de trois ans. Le bateau semble quand même assez rapide ;-)

Penses-tu les 54 noeuds à votre portée immédiate et où situes-tu la limite maintenant ?

En bon paysan du high tech, je prends le temps d’aller vite. Nous avons surement une petite marge de progression mais filer  54 de moyenne n’est pas notre objectif, c’est plutôt l’objectif annoncé des kites. Notre ambition est de naviguer au large désormais puis en 2010 et en parallèle de développer notre nouveau laboratoire l’Hydroptère.ch.

Observer les adversaires fait partie du jeu, quel est le plus dangereux à tes yeux aujourd'hui ?

Je suis proche des valeurs du rugby et ai beaucoup de respects pour les autres acteurs du monde de la glisse. A fond pendant le match, mais le plus important n’est il pas de boire une bière ensemble ensuite.Le plus dangereux vient toujours de soi même. De dépasser ses propres limites.

Tu as atteint un objectif voulu depuis des années. Qu'as-tu ressenti juste au moment où le record a été battu ?

Je n’ai atteint qu’une partie de mes objectifs. Nous ne faisons qu’une incursion dans le domaine de la haute vitesse et le bateau n’est pas initialement conçu pour cela. Après cette accélération prodigieuse, mais stable et maîtrisée, j’ai eu une pensée pour mon équipe à terre et sur l’eau. Ces deux records mondiaux sont le fruit de leur travail, d’un travail collectif dans un contexte parfois difficile, je leur dis ma gratitude et mon respect. J’ai eu une pensée très émue également pour deux hommes qui n’étaient pas à bord. Le premier Eric Tabarly qui m’a parrainé, poussé, porté contre vents et marées. Une pensée aussi et surtout pour Thierry Lombard qui a sauvé ce programme quand nous étions échoué sur Lanzarote. Quand c’est difficile, généralement il n’y a pas grand monde…Thierry a toujours été là pour moi, pour nous et son soutien indéfectible. Ce double record mondial est le sien, le leur à tous les deux car ils partagent humilité et vision.

Tu as dit dans le passé que l'Hydroptère tournerait la page de la vitesse après le record ? Quel est votre programme maintenant ? Quel est ton désir profond à toi ?

J’ai envie de m’accorder quelques jours pour lire et jardiner.

L'Hydroptère peut-il rivaliser avec les trimarans géants comme Banque Populaire ?

L’Hydroptère.ch, voilier laboratoire de 35 pieds est en cours de construction chez B&B à la Trinité sur Mer et au chantier Décision en Suisse. Il préfigure l’Hydroptère géant qui répondra à notre rêve ultime, le tour du monde en volant et en 40 jours.

mercredi 24 septembre 2008

Vitesse à la voile : les windsurfers jouent un jeu dangereux

ishot_10Résumons rapidement l'affaire, je n'ai que quelques minutes pour écrire ce billet. Les kiteboarders sont à Lüderitz en ce moment et vu les dernières performances, tout porte à croire que la barrière des 50 noeuds a des chances de tomber. Ceci étant dit, vous savez ce qu'on dit à propos de l'ours. Par ailleurs fin du mois, l'Hydroptère sera à pied d'oeuvre à Port Saint Louis. Mais revenons à Lüderitz. Bjorn Dunkerbecjk, multiple champion du monde de windsurf est là-bas aussi. Il n'a plus rien à prouver mais il verrait bien sa carrière, qui touche à sa fin, se terminer avec un run mythique. Tout comme Antoine Albeau, qui lui aussi n'a plus rien à prouver. Or juste après Lüderitz, Bjorn a déclaré ceci :

"Vendredi était une journée vraiment ventée avec 40 à 45 nœuds mais c’était impossible de naviguer en windsurf car il y avait par endroit sur le run moins de 10 cm d’eau. C’est seulement plus tard dans la journée que c’est devenu possible de passer en windsurf mais malheureusement le vent est tombé entre 25 et 30 nœuds. C’est vraiment dommage."

La déclaration n'est pas anodine. En pointant le fait que par endroit il y aurait moins de 10 cm d'eau, ce qui reste à prouver car il ne faut pas non plus confondre un kite avec un hydroglisseur, Bjorn cherche à attirer l'attention du WSSRC. L'observateur sur place n'aurait-il pas vérifié le plan d'eau après l'énorme polémique de la règle n°3 amendée depuis ? Ce faisant il ramène aussi le sujet sur le devant de la scène... 

Il y a quelques mois, c'est Antoine Albeau qui avait également joué un drôle de jeu, en semblant approuver  le bien fondé de la règle n°3. Antoine a pourtant battu son record sur le canal. Le canal est je le rappelle pour ceux qui auraient manqué le début de l'histoire - une immense tranchée (efficace mais glauque) réalisée à coup de bulldozer, puis remplie d'eau. La profondeur y est faible, certes largement supérieure au run de Lüderitz mais surtout la largeur modérée du canal fait que le clapot y est limité. C'est son avantage numéro 1.

Albert Londres disait que le journalisme est de "porter la plume dans la plaie". Lui parlait de sujet vraiment sérieux mais je me permets quand même d'appuyer la où ca fait mal et de dire à Bjorn et Antoine que j'ai croisé de nombreuses fois sur les spots, qu'ils jouent tous les deux un jeu dangereux. L'avantage procuré par le canal pourrait devenir aussi illégitime aux yeux du WSSRC que la faible profondeur.  Après tout aucun bateau ne peut raisonnablement venir naviguer sur la canal. Donc aucun bateau ne peut bénéficier de l'avantage accordé aux windsurfers, avantage dont ne peuvent bénéficier les kiteboarders. D'où le côté surréaliste des remarques des deux costauds. Le WSSRC reste une instance anglaise (avec des français inside c'est vrai) voulue par les voileux.  Donc des gars pour qui le tirant d'eau et la mer ouverte sont deux notions importantes. Au moins les kitesurfers se lancent en mer "ouverte", même si le chop killers (atténuateur de clapot) ont de la partie. Le WSSRC pourrait finir par décréter que les problèmes des jeunes générations commencent légèrement à leur gâcher le tea time et renvoyer tout le monde hors catégorie. Et encore, là, je n'aborde pas la notion de fair play...

6 minutes 37 secondes. Quand un sujet me met les nerfs j'écris vite. A un dernier détail. A propos de la règle n°3, j'avais titré "La quête des 50 nds se fera sans noblesse". C'était sans aucun doute l'épisode n°2...

Posté par thierry seray à 14:54 - VITESSE A LA VOILE - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 23 septembre 2008

Interview Alex Caizergues en direct de Lüderitz

ishot_7Le point de vue d'Alex Caizergues dans l'itv qui suit est intéressant a plus d'un titre car il nous décode ce qui s'est passé à Lüderitz. Pourquoi tout va plus vite aujourd'hui, pourquoi il n'est que trois mais vous remarquerez qu'il ne s'invente pas d'excuse, et pourquoi Rob Douglas est pour l'instant le plus fort. Il avait un objectif précis, Il est arrivé avant, il est très bien organisé et secondé, il est expérimenté, il est physiquement au top. Une démarche très américaine dans le sport. Son succès n'est donc pas du au hasard et nos trois mousquetaires ne s'attendaitent sûrement pas à une conccurence aussi bien structurée.

Tu disais que le premier jour la marée était trop haute et qu'il y avait un véritable dos d'âne sur le run. Et le samedi comment c'était ?
En fait, le premier jour, nous avons couru sur l'ancien tracé, à marée haute, avec effectivement pas mal de clapot au milieu. A partir de vendredi, nous sommes passés sur le nouveau tracé, décalé de 150m sous le vent. La marée était prévue haute à 18h, on a donc juste eu un bon créneau vers 16h (les meilleurs temps on étaient fait en 15 minutes...), à marée montante. Beaucoup moins de clapot donc tout au long du run, puisque moins d'eau. Le samedi, à peu près les mêmes conditions de plan d'eau, mais avec moins de vent que la veille, donc des temps moins élevés.

Qu'est ce qui a changé depuis l'année dernière. On dit que l'entrée du run a été modifiée ?
Oui, le run a pas mal changé par rapport à l'an dernier. D'abord, comme je te l'explique plus haut, le run a été décalé d'environ 150m plus bas. Deux gros avantages, on a plus cette entrée "carrée" (vent perpendiculaire au run) qui nous faisait perdre du temps, et la fin du run est tout simplement magique puisqu'on doit être à 150° et avec 45 noeuds de vent qui pousse, on arrive à monter très haut en Vmax. En plus de ça, le père de Sjoukje, Hennie Bredenkamp (ingénieur en génie civil), a travaillé pendant près d'un mois avec Seb pour concevoir des "chop killers" efficaces pour le spot. On a donc pour le moment 3 sections avec 100m de barages, un dans la zone d'élan, un au milieu et le dernier juste avant la fin.

Tu as scoré un 48,69 ce qui soit dit en passant est énorme mais j'imagine que la place de 3 ne te convient pas. Comment vois-tu la suite ?
Bien sûr que ce 3ème chrono ne me convient pas... Certes, j'améliore mon record, mais Rob et Seb sont à 49, avec Rob qui titille les 50 et ça, ça me met bien les boules... Mais bon c'est le jeu, on est ici pour un mois et cette première semaine doit me servir à engranger de l'expérience. Pas facile d'être direct dans le bain, on est arrivé samedi dernier avec Chris, pas eu une seule session d'entrainement (contrairement à mes camarades...), il fallait être au top dès le début et je me suis fait un peu cueillir à froid.

Tu as du analyser la situation, en quoi Rob Douglas est-il plus fort pour l'instant ?
Rob est le plus fort en ce moment pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il a avec lui son coach caddy, Mike, Gebbarht (pour info double champion olympique en planche à voile) qui est d'une aide et d'une efficacité incroyable. Avoir un appui à terre comme cela pendant une compète, crois moi c'est un gros avantage. Ensuite, Rob est un véritable athlète de haut niveau, un kitesurfer expérimenté (4 ans qu'il s'est mis au kite, avec un passé de speedboarder en windsurf, pas si inexpérimenté que ça donc!!!), un beau bébé aussi (env 100kg) et avec des cuisses assez balaises. Comme je te le disais plus haut, arrivés une semaine avant nous, ils ont bénéficié de deux gros coups à 40 noeuds sur lesquels ils ont pu se caler... Mais on prépare la riposte, le Team F ONE sera au grand complet jeudi avec l'arrivée de Charlotte et la fin de la tentative est encore loin.

A ton avis, a quelle vitesse pouvez vous aller cette année ?
Où va t'on s'arrêter, c'est sûrement la plus grande question. J'espère surtout être devant à la fin, c'est ce qui m'importe le plus comme tu l'imagines... Ensuite, 49, 50, 51 noeuds, qui sait où l'on s'arrêtera? Une chose est sûr, on ne se fixe plus de limite, ça ne sert à rien, le tout c'est qu'on passe 50 noeuds, après on verra !

Interview initialement publiée sur Flysurf.com et réalisée (par moi...) par mail

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jeudi 4 septembre 2008

Vous avez dit 50 ?

thrust_scc_nevadaUn rythme de news un peu en baisse pour cause de trop plein de taff, vous m'en excuserez, le contenu va venir, je peux vous l'assurer. Que vous dire. D'abord, je vais bientôt pouvoir vous parler du Canon Mark III en connaissance de cause ainsi que du 16-35 f2.8 II EF L car mon vieux 17/35 a vraiment rendu l'âme. Bague de zooming coinçée pour de bon.

A part ça, l'actualité de la vitesse à la voile repart à fond. Manu Taub, Alex Caizergues et Seb Cattelan sont en route pour Luderitz en Namibie. La règle n°3 du WSSRC dont on avait parlé ici en termes peu amènes est amendée, la profondeur minimum passe à 10 cm et les kiteboarders sont de nouveaux dans la course et ils sont plus dangereux que jamais. Enfin, on vient d'apprendre que Bjorn Dunkerbeck, multiples champion du monde en windsurf, sera à Luderitz aussi avec une génération d'ailerons plus courts. Bref, j'y reviendrai en détail car Tendance Bleue suivra ça au jour le jour.

Photo : Thrust SCC avec ses deux reacteurs Rolls-Royce, détient  le record de vitesse sur Terre (Mach 1,02 soit 1206 km/h). De zéro à 1000 km/h en 16 secondes...

Posté par thierry seray à 08:47 - VITESSE A LA VOILE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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