mardi 27 octobre 2009
La video sur les reflex est-elle un traquenard ?
La vidéo sur les reflex fait couler beaucoup d'encre ici et ailleurs. Elle débarque massivement sur les reflex. Et pas n'importe laquelle, la vidéo HD. Les grands capteurs font des merveilles et les optiques haut de gamme des appareils photos autorisent des cadres, des effets de PDC et des rendus qui font rêver. L'évolution parait presque naturelle puisque tout le monde peut constater que la majorité des possesseurs de compact font un max de vidéos avec leur appareil. Faisons donc la même chose sur les reflex ont donc pensé ces messieurs de Canon, Nikon & Co. Et les photographes amateurs et pros de rêver. D'autant qu'on leur lâche des cacahuètes et des belles. Le film de Vincent Laforêt. par exemple. Celui du beau gosse le soir à NY et celui du surfer. Mais il y a un piège. Comme le dit justement Morgan dans les commentaires d'un précédent billet et comme le soulignait Sylvain et d'autres avant lui, il y a du gros matos derrière. De l'éclairage, de la stabilisation, des conseillers techniques quand ce n'est pas de la post-prod. Vous remarquerez un truc marrant sur le film de surf de VL à voir sur Smugmug. Quand le film s'achève, la barre de défilement n'est qu'à 60%. Le reste est le générique et il y a du monde à citer. Les reflex vidéo ne sont pas plus un miracle que la Go Pro HD. Ce sont deux outils. Passionnant. Il y aura des gens pour en tirer partie et je ne cache pas que ça me donne des idées, moi qui est été biberonné aux films de ski, de surf, de windsurf et de montagne. Mais le tournevis ne fait pas l'ouvrier. Il faudra avoir une démarche de réalisateur et s'habituer à la lourdeur d'un tournage. Pourtant, cette nouvelles possibilité déclenche à divers degré chez nous tous un sentiment irrationnel. Un sentiment sur lequel compte bien les directeurs marketing et leur homologues financiers. Tout comme la photo numérique nous a plongé dans un univers où il faut dépenser plus, la vidéo coupe le poil décimé par la première avant qu'il ne se retracte. Le poil, c'est votre Carte bleue.
Vincent Laforêt est un mec hors normes. Un créatif d'exception. Il pourrait sans doute faire une bonne vidéo sur le web avec un iPhone pourvu qu'il ait les moyens complémentaires. La vidéo nous fait rêver à juste titre mais il faut savoir ce que ça implique, le meilleur moyen d'en faire restant aujourd'hui une ... caméra. Une Panasonic HVX 201 qui n'est ni ultra haut de gamme mais qui commence à cracher de la qualité est moins chère qu'un Mark IV. Penser que claquer sa paye chez Canon ou chez Nikon suffira est une lourde erreur. D'autant que comme pour les boitiers photo, les nouveaux boitiers "vidéos" vont se succéder tous les 12 mois, je veux bien parier et les heureux d'aujourd'hui sont les cocus de demain. La technique va nous émerveiller, elle va progresser mais on nous jouera le jeu du Mega Hertz à la grande époque du PC. Regardez bien la photo qui illustre ce post et demandez vous combien vaut tout le bazar pour que le nouveau/nouveau reflex soit juste utilisable en vidéo. Ce truc est un rêve de vendeur d'accessoires.
Pourtant, il faut finir sur une note positive. Les photographes ont une carte à jouer car ils ont l'habitude d'un cadrage exigeant. Ils ont beaucoup d'autres notions à intégrer mais cette base là est un acquis de taille.
lundi 31 août 2009
Les photographes ont-ils tous les droits ? C'était sur Europe 1
C'était ce matin sur Europe 1 avec la présence du photo-reporter Resa et de Pascal Rostain, photographe people qui aimerait qu'on l'aime. Resa est une référence mondiale, son travail est remarquable, vous remarquerez qu'il dit à un moment qu'il n'a eu aucune commande d'un magazine français depuis 3 ans. Le débat n'évite pas les clichés (c'est la faute aux photographes, c'est la faute aux médias, c'est la faute aux granbds groupes, c'est la faute aux lecteurs...) Rostain est décidément un drôle de personnage, doué dans son registre surtout pour s'auto-justifier et sans trop de complexe, on regrette la première intervention d'un auditeur qui confond et oppose qualité et numérique, mais l'ensemble est intéressant car on y parle photo et presse. Carlier renvoie bien dans les cordes Rostain. A écoutez de nouveau sur le web d'Europe 1
vendredi 10 avril 2009
Prendre (en photo...) un bon départ (de régates...)

Séquence Flash Back en cette veille de W.E de Pâques et avant de partir sur l'eau, la Semaine Nautique Internationale de Marseille (la SNIM) débutant cette après-midi. On commence avec ce billet sur la technique photo publié la première fois le 6 Avril 2007
Dans la photo de voile, et en particulier dans la photo de régate, le départ est un moment particulier. Rien ne se passe vraiment avant, puis d'un coup la procédure commence, les bateaux vont et viennent comme si d'un coup, quelqu'un avait branché l'électricité. Mais tout est possible, le vrai départ n'a pas encore été donné. Il y a souvent plusieurs options envsageable sur le plan photo mais il n'est pas conseillé même à bord d'un bateau de presse, de couper la ligne dans les 5 dernières minutes sous prétexte que finalement coté lumière, ce serait mieux de l'autre coté... Et après, n'en parlons même pas.
Une fois que le coup de canon a retenti, il faut savoir que les bonnes images à prendre le seront dans les deux premières minutes à tout casser, mais surtout dans les 30 premières secondes, lorsque tous les bateaux sont groupés. Vous n'avez que quelques très peu de temps pour déterminer comment et où vous allez cadrer. La composition, c'est mon avis, se fait de façon intuitive. Avec l'expérience, vous devenez cependant plus cool et vous vous donnez le temps, pour trouver des lignes, des formes, des angles. Coté vitesse, il faut travailler au 1/1000 s pour bien géler le mouvement (ISO 100 pour une meilleure qualité d'image) et si vous bosser en mode Tv (priorité vitesse), bien surveiller votre diaphragme au cas un série de voile très claires ne viennent pa perturber la mesure. En général, vous êtes à bon distance des bateaux, un 300 mm s'impose en focale, voir plus, ou un 70/200 qui vous permettra de varier les gros plan et les plans plus larges. Ne mitraillez pas trop au moteur, sortez un peu l'oeil du viseur pour garder une vue générale et ne rien rater.
La photo d'intro, c'est un départ de la classe ORC à la SNIM de Marseille. Déjà de très beaux bateaux (on note des A 35 et des A 40) dotés de très beaux gréements, élançés avec des voiles en fibre haut de gamme (carbon, kevlar ou le top en cuben fiber mais pas sur cette photo). C'est ce qui m'a paru le plus naturel à isoler. je dis bien isoler car une ligne de départ est grande, il faut choisir un "extrait" et ce n'est pas toujours les premiers qui vont vous donner la photo idéale. En général, le bateau des photographes continuent à suivre (de 3/4 avant quand c'est possible) avant que la flotte éclate en otions babord ou tribord. Quand le plan d'eau est agité, cadrer avec le 300/2.8 ou plus grand devient délicat mais c'est le tarif.... Et là si c'est une flotte de Wally de 90 pieds, garre à vos miches, ils ne sont pas là pour rigoler. Si c'est des Melges 24, c'est pire mais les bateaux sont plus petits que le vôtre... ils font donc attention à vous. En parlant de Wally, plus vous avez à photographier des unités rapides, plus le départ va vite se diluer. Plus vous aurez de mal à rattraper les premiers si vous vous attarderez sur ceux qui sont un peu moins véloces au début.
Dernier détail, le départ est un très bon moment pour le photographe. Un peu de stress car ce n'est pas une image à louper bien que peu de magazines finalement publient ce genre d'image mais bien parce que tout d'un coup tout s'ordonne. La seconde d'avant, c'est encore le bordel, l'alignement n'est pas complet, les fauves sont encore les pieds dans le tapis, et t d'un coup, clac, les gréements se tendent, tout le monde est dans le même axe. Accessoirement ça gueule très fort quand il y a risque de contact. J'adore les départs.
Voilà. Rendez-vous lundi prochain. Ce n'est pas que je prends un long W.E, c'est plutôt que j'ai des dossiers urgents à terminer...
Canon EOS 2OD, objectif Canon EF 300/2.8 IS USM. 1/1000 s et f 5. Expo manuelle. Fichier JPEG très légèrement recadré (le défaut par rapport à l'horizontale était de 0,5°)
jeudi 25 septembre 2008
Culture visuelle : quel photographe êtes-vous ?
Vous avez été nombreux, très nombreux à lire les pages concernant l'EOS 5D Mark II et le film de Vincent Laforet, la convergence photo/vidéo ou les caméras Red. Vos commentaires étaient souvent très instructifs. Cet aspect interactif est vraiment le point fort du blog et à ce point de vue, je suis très heureux de piloter TendanceBleue. Nous avons entre autre parlé de certains réalisateurs de cinéma comme Ridley Scott ou Michaël Mann dont la façon de filmer, les cadrages et la lumière, sans parler des mouvements de caméras, sont autant de sources d'inspiration pour les photographes. C'est là où je veux en venir....
Je pars bientôt pour une semaine pleine à Saint-Tropez à l'occasion des Voiles du même nom. J'aurais pas mal de taff sur place et je ne suis pas sûr d'avoir le temps de vous poster des billets, si ce n'est quelques photos. Vous aurez donc une semaine pour lire ces lignes et réfléchir et réagir à ce sujet. Je veux parler de la "culture visuelle" inhérente à chaque photographe, ainsi qu'à la place qu'elle prend dans notre manière de faire des photos. L'importance qu'elle occupe également dans la progression, dans l'évolution de chaque photographe, dans nos choix non seulement de sujets mais aussi dans la manière de traiter ces sujets. Une fois encore à l'heure où la technique bouleverse et bouleversera encore notre manière de photographier ou de faire des petites séquences filmées, à l'heure où la technique nous donne de nouveaux outils, mais aussi à l'heure où le marketing vous faire croire que c'est bien le nombre de pixels et le dernier cri qui importe pour faire de beaux clichés, cette notion de culture visuelle me semble prépondérante, incontournable.
C'est le fondement de votre "personnalité" en photo. Pour ma part, mes influences viennent des magazines de surf américains dans lesquels je me suis plongé pendant des années et dont l'iconographie allait bien au delà des simples photos d'action. J'ai également été marqué et pour une part importante, par les photos de mode des magazines français et étrangers, la lecture de Géo ou du National Geographic et les plongées au fin fond du monde et des civilisations et j'ai bénéficié aussi d'autres apports, avec la lecture de magazine comme Photo pour les reportages de news, de guerre et autres, ainsi que sa version américaine. A ce sujet le dernier numéro sur les 20 ans de photojournalisme est une pépite à garder. Il retrace les 20 ans du festival Visa pour l'Image, il y a un très beau portfolio sur les 20 plus grands reporters du 21 éme siècle et un sujet que je vous conseille de voir sur Munem Wasif qui a photographié l'Inde en N&B seulement équipé d'un 5D et d'un 28 mm.
Le magazine Photo m'a permis de découvrir de nombreux piliers de la photographie dans tous les domaines d'expression réunis, je me rappelle aussi du magazine Photo Reporter qui au début des années 90 traitait vraiment du reportage, du sport, des news sous un angle vraiment professionnel et publiait des reportages exceptionnels. Au delà des magazines, je citerais aussi les livres bien sûr mais aussi comme influence majeure le graphisme et la mise en page avec le travail de gens comme Neville Brody par exemple.
Je pense qu'il y a quatre grands paramètres à réunir pour réussir une photo :
- la culture visuelle justement, l'idée qui sous-tend votre image, où bien le sujet "porteur", l'axe, le fil, l'histoire qui relie les images dans un reportage complet,
- la préparation, c'est à dire la réflexion sur les conditions de prises de vue pour savoir dans quelle "direction" aller le jour J
- la technique proprement dit. le choix des bons paramètres pour exploiter chaque situation
- et enfin l'instinct. Le petit rien qui au moment de déclencher va faire la différence.
La répartition de ces quatre parts varie au fil des années et à mesure que l'on passe des caps. Mais la culture visuelle est à mon sens prépondérante.
Et vous ? Quel photographe êtes-vous et d'où vient votre culture visuel ? Tant qu'à poser des questions, une autre : d'où vient votre passion pour la photographie ?
jeudi 24 juillet 2008
A40 RC

Un bateau superbe. Conçu par le chantier Archambault pour surfer sur la vague du succès des A 35. Celui là est le bateau de Philippe Ettore, agent de la marque pour le sud et sur lequel j'étais monté lors de la Giraglia grâce à Gaëtan (salut Gaëtan et encore merci à toi). On s'était fait une petite sortie la veille du grand départ de la Giraglia dans la baie de Saint Tropez. Le bateau attrapait tous les filets d'air disponibles.
Le A40 RC est un beau bateau sur le plan photographique. Ses lignes sont pures. Pour info, ce bateau mais avec un gréement plus performant a gagné toutes les pré-régates de la Giraglia ainsi que la Giraglia elle même (course off-shore) dans sa catégorie. Chapeau, il avait été mis à l'eau la semaine d'avant l'épreuve.
J'en profite pour vous dire qu'au mois d'août, ce brave blog va prendre aussi un peu de repos. Je vais essayer de programmer un best-off car les archives sont pleines de billets sympas à redécouvir. Je suis encore semi-online la semaine prochaine mais j'ai des gros dossiers à boucler avant de larguer les amarres donc je ne promets rien.
Bon vent à vous. Je vous garanti que la rentrée sera belle comme une promesse.
Crédit : Thierry Seray/BATEAUX
