dimanche 30 novembre 2008
Le New York Times parle de la vitesse à la voile
Le propre des grands journaux est d'offrir a leurs lecteurs un contenu diversifié et d'aborder certains sujets sous un angle particulier. Ainsi, le très vénérable New York Times revient sur le passage de la barrière des 50 noeuds - que Sébastien Cattelan a été le premier à réaliser - et sur la gestion de cet événement par les instances internationales que sont l'ISAF et le WSSRC. Une gestion que l'on peut après coup trouver surprenante, en tout cas les arguments de Jérôme Pels laissent rêveur. Not So Fast : A Dispute Takes Down a Sailing Record, tel est le titre de l'article.
Je vous laisse avec les dernières lignes du sujet que l'on doit à Paul Larsen (uniquement les dernières lignes on se comprend bien), skipper de Sail Rocket actuellement en tentative officielle et en lice pour le record : "All my life I have dreamed of being No. 1, the fastest in my chosen field,” Larsen said in an e-mail message from Namibia. “There is no way I would take it on a technicality. It has to be undisputed. It has to be outright.”
J'avoue que ces altermoiements à propos du record en kite me gâche un peu le plaisir mais bon. Je crois que j'ai du l'écrire ailleurs, c'est un conflit de génération. En procédant par parabole, on se dira qu'à une époque les gens de chez Phonogram et les passionnés de grandes musiques ont eu du mal à accepter le fait que Led Zepellin ou les Rolling Stones faisaient aussi de la musique. D'ailleurs ils avaient également éprouvé quelques difficultés à assimiler le jazz et on sait ce qu'il est advenu. Bref, le monsieur de l'ISAF qui se pose des questions métaphysiques sur le fait que la voile et la coque sont désolidarisées me fait un peu de peine. A la montagne, je suppose qu'il skie encore sur des douves de tonneau et qu'à la ville, il se balade en calèche.
mercredi 19 novembre 2008
Hydroptère : au pied du mur
Voici le texte du sujet publié dans le numéro de juillet 2008 du magazine Bateaux, à la suite de la mise à l'eau de la nouvelle configuration de l'Hydroptère. J'avais retenu ce titre "Au pied du mur" en réponse au titre "Le mur du Vent" du livre qu'Alain Thébault se préparait alors à terminer. En mettant son voilier à l'eau, il se trouvait d'un seul coup face à son propre défi et donc au pied du mur. Je ne voyais pas ce titre de façon péjorative bien au contraire mais bien dans son acceptation c'est maintenant ou jamais. La suite a plutôt bonne figure et donne raison à Alain. Il ne s'en sort pas trop mal au pied du mur... et il ne sera d'ailleurs plus très longtemps au pied.
Que dire sinon qu'Alain nous avait fournit une photo montrant Tabarly en mer avec les grands patrons pendant la fameuse réunion de Bénodet mais que cette image exceptionnelle n'a pas été bien exploitée dans le magazine faute de place. Globalement, le sujet retrace la génèse du bateau. L'histoire est fabuleuse, c'est aussi une épopée dont il ne faut pas minimiser les moments difficilest. Vous pouvez la retrouver illustrée de très belles photos dans le livre d'Alain "Le mur du vent" que j'ai eu le loisir de feuilleter l'autre jour à la Fnac. Sur le plan journalistique, c'est typiquement le sujet en or, celui dont l'écriture est un vrai plaisir et je remercie Alain pour sa collaboration. J'ai une grande passion pour la photo, j''avoue aussi que l'écriture apporte aussi d'autres sensations. J'aime écrire des histoires, jouer avec les mots, trouver du rythme dans un récit et mettre en valeur des aventures ou un voyage. Un dernier point. Il livre des détails très intimes, notamment sur sa mère et dans la rédaction de ce sujet, je me souviens avoir chercher à intégrer au mieux ce passage sans l'atténuer mais surtout sans surjouer le coté émotionnel, c'était tellement facile et c'est typiquement le genre de chose que je me refuse à faire. Bonne lecture. Ah si un dernier point. Thierry Lombard est un banquier suisse qui soutient après l'avoir sauvé, le projet Hydroptère. C'est un mécène dans le vrai sens du terme. Un soutien discret. Dans le monde de la voile et à l'heure du Vendée Globe ou les bateaux font office de 4 par 3 géants, c'est assez rare pour être signalé. Il n'y a pas de logo sur l'Hydroptère, encore moins son nom, juste une date. 1796 n'est pas une nouvelle bière, mais l'année de création de la banque.
AU PIED DU MUR
L’hydroptère était une idée en avance sur son temps. Après deux décades difficiles, l’oiseau blanc enfin conforme au rêve du début, se confronte aujourd’hui au « mur du vent ». Belle revanche.
par Thierry Seray
Tout commence un jour de 1975. Alain Demergues alors responsable du calcul des structures chez Dassault Aviation, se rapproche d’Eric Tabarly. Avec quelques amis des bureaux d’études, ils pensent qu’on peut faire voler les bateaux. Sérieusement. Au milieu des années 70, les navigateurs ne sont pas forcément enclins à croire à une idée folle mais Tabarly n’est pas marin comme les autres. Son silence extérieur vaut pour l’audace intérieure. Il écoute. En fait il cherche déjà à mettre des petits foils sous ses flotteurs pour les soulager et stabiliser son bateau et pense sans doute que tout ça peut valoir son pesant de miles dévorés pied au plancher. « Les gens ne comprenaient pas forcément ce que voulait Eric avec l’Hydroptère et dans le film qui vient de sortir c’est ambigu. Il a rêvé de faire voler un bateau mais techniquement ce n’était pas possible à l’époque. Paul Ricard correspondait à son idée originelle, mais il pressentait qu’on pouvait aller plus loin et il n’a cessé de m’aider.» C’est Alain Thébault chargé par Tabarly de développer le programme qui parle. Une première maquette est construite par le groupe d’ingénieurs. Une deuxième le sera au milieu des années 80 par Alain justement. Il faudra du temps pour que le projet trouve des soutiens malgré la caution que représentent le grand Tabarly et ses relations. « Un jour, on a atterri au salon du Bourget se souvient Alain. C’est à ce moment-là que les gens de l’Aérospatiale et de Dassault Aviation, nous ont confirmé leur aide. A l’époque l’avionneur débloque 150 000 Francs pour réaliser la maquette au tiers. « Elle a du naviguer en 1987 et il faudra quatre ans pour la mettre au point principalement faute de moyens. » précise Alain. La maquette est utilisée jusqu’en 1992. Il faut aller plus loin, passer à la grandeur nature imaginée initialement. De puissants soutiens sont nécessaires. « A cette époque Eric Tabarly sait déjà que la région Bretagne ne le suivra pas sur cette idée. Il me charge d’aller voir Olivier Guichard alors président des Pays de la Loire et je demande alors à un jeune député de l’époque, François Fillion, de m’aider à obtenir un rendez-vous. Pendant la rencontre, Olivier Guichard dira cette phrase « A Nantes et Saint-Nazaire, il y a deux entreprises importantes qui représentent l’aéronautique et la navale, et donc la région des Pays de la Loire va fédérer le projet et vous aider »
La réunion de Bénodet
Alain poursuit. « Vient alors la fameuse réunion de Bénodet. Chez Eric, dans son salon, le 25 août 1992 ». Le matin même, Frédérique, la femme d’Alain lui annonce qu’elle attend leur premier enfant. « Cette date est porteuse de la dimension affective et technique. C’est un des problèmes chez moi, je n’arrive pas à déconnecter ces deux éléments.» Alain poursuit : « On a eu la visite de Serge Dassault et des représentants du ministère de la défense (DCN), de l’Aérospatiale et des Chantiers de l’Atlantique de l’époque. Le matin, j’ai fait évolué la maquette devant Bénodet. La veille on s’était planté dans une vague sous génac et on avait quasiment sorti le plan porteur hors de l’eau, je me suis précipité à l’arrière, au même moment on pète la drisse de grand voile. On était mal, j’ai dit à Eric qu’il fallait rentrer et je me souviendrai toujours de cette scène. Eric a pris la drisse, il fait un tour mort et deux demi-clefs autour du bras de liaison. Depuis ce jour, je sais qu’on peut toujours sauver la mise, que tout est toujours récupérable.» Le projet a vraiment démarré après cette réunion. Dassault a construit les foils, la DCN a construit la coque, l’Aérospatiale devait construire les bras de liaison mais finalement ils se sont fait ailleurs, Matra grâce à Largardère a financé le mât ». Thébault et Tabarly ont enfin leur jouet. Le premier vol a lieu au large de Saint Nazaire, à 28 nœuds, le 1er octobre 1994. Thalassa est là, d’autres TV aussi. « On a bordé, le bateau a décollé » dit laconiquement Alain. Pourtant, les dix années suivantes ne seront pas faciles. L’Hydroptère vole, fait rêver certes, mais ne confirme pas vraiment et subit quelques grosses avaries. Au large de l’île de Groix, puis plus tard aux Canaries. La confiance dans le concept prend des coups. Entre temps, les grands trimarans dont les 60 pieds s’affirment et la course au large prend toute la lumière. L’Hydroptère est marginalisé. Le skipper porte un regard particulier sur cet aspect des choses. Voudrait préciser sa vision : « on a eu des moyens financiers très inférieurs à ce que les gens pensent. On a eu de la matière grise, des moyens techniques, de la visserie titane par exemple. Louis Gallois quand il était président de l’Aérospatiale nous a fait construire un bras en carbone, mais nous n’avons pas forcément bénéficié de gros budgets pour fonctionner. Je vais te donner un exemple, le premier mât du bateau : on a effectué notre premier vol en octobre 1994. On a conservé ce mât jusqu’en 2005, quand, à Lanzarote, le cyclone Delta nous l’a fracassé. Est-ce qu’il y a beaucoup de voiliers au plus haut niveau, qui conservent le même mât plus de dix ans.. ? »
Coup de pouce du destin
Entre temps un vrai mécène, Thierry Lombard, banquier Suisse dont la tradition familiale est de soutenir de belles aventures, marqué par le livre « Pilote d’un rêve » dont lequel Thébault raconte son aventure, sauve le projet d’une mort certaine après l’épisode des Canaries. A ce moment précis, des deux derniers soutiens de l’Hydroptère, l’un passe la main. « Thierry nous a donné les moyens » ajoute Alain. Aujourd’hui l’oiseau blanc est bardé de capteurs, et surveillé par des têtes bien faites. Il accélère comme nul autre bateau, il est le plus rapide et revient au centre de toutes les discussions depuis 2005. Le record de Blériot sur la Manche, l’entrée en 2007 dans les tablettes du WSSRC et la pointe à 47 nœuds ont réveillé les consciences. Thébault remarque que les grands groupes s’intéressent de nouveau au projet. « Le mur du vent », titre de son second livre sortira bientôt. Le record des 50 nœuds est à sa portée mais le skipper vise déjà plus loin. Tabarly avait choisi le bon sherpa pour le rêve des ingénieurs qui apportèrent l’idée originelle. Thébault, homme complexe, a tout sacrifié. Sa vie et celle de l’Hydroptère ne font qu’un. Or, la frontière entre la persévérance et l’entêtement est parfois ténue. A la question de savoir pourquoi il a laissé ce projet dévorer vingt ans de sa vie dont il a mis l’intime au grand jour comme une thérapie, il cherche l’explication : « Quand j’étais petit, j’étais enfermé dans une pension en face la maison de ma mère. J’avais un vasistasse bleu pour seule respiration. Ma maman était souvent en psychiatrie. Un jour avant qu’elle ne meure, elle a essayé de prendre le train toute seule, ce qu’elle n’avait jamais fait. Elle a réussi et je suis allé l’accueillir à Montparnasse. En allant la retrouver j’ai pleuré. Je me suis dit ce jour-là que tout est possible, tout comme je le penserai plus tard, quand Eric fit son tour mort et ses deux doubles clé.» Alain Thébault n’a peut-être eu qu’une certitude au cours de toutes ces années de galère. Celle qu’on peut réussir.
INTERVIEW : Alain Thébault et les 50 noeuds
L’Hydroptère n’était pas initialement taillé pour la vitesse pure. Quand avez-vous pris conscience de son potentiel ?
Progressivement, sans même que l’on s’en rende compte. Il y a eu un moment où l’on a eu la vitesse et la fiabilité. On passé un cap. Quand Thierry Lombard nous a récupéré sur notre île de Lanzarote, il nous a donné les moyens. Aujourd’hui on a embauché trois polytechniciens, pour un bac moins deux j’en suis fier. Coté Suisse on a des EPFL (Ecole Polytechnique de Lausanne), on a structuré le projet».
Au cours des quinze dernières années, as-tu failli abandonner ?
J’ai honte de le dire, je ne voudrais pas passer pour un monstre froid, mais je n’ai jamais douté. J’ai pleuré mais je n’ai pas douté. J’ai eu des propositions pour faire autre chose, mais j’ai toujours répondu que j’avais un travail à terminer et je crois qu’aujourd’hui, ce n’est même que le début de l’aventure.
Qu’est-ce qui a changé sur le bateau ?
On a travaillé sur la traînée. Elle se réparti en trois tiers a peu près équivalents : la traînée dans l’air, celle du foil sous le vent et celle dans l’empennage arrière. On a donc optimisé l’aérodynamisme avec le carénage de toute la plate-forme, des bras de liaisons, on a posé des jupes sur la bas de la GV pour qu’il n’y ait plus de passage entre la voile et le pont, on dispose d’un tout nouveau gréement (mât à forte corde, voile plus ramassée pour la plage de vent prévue dans le sud) mais surtout on a travaillé à 80% sur l’hydrodynamique.
Sur les foils et sur la cavitation ?
Les foils, c’est le gros du sujet. Ils sont nouveaux tout comme le plan porteur arrière. Il y a effectivement un vrai mur de traînée entre 49 et 50 nœuds et des problème de cavitation. On s’est efforcé de reporter ces problèmes au-delà de 54/55 nœuds. Le potentiel théorique est à ce niveau. Hors phénomène de « flutter » (vibrations et résonnance), bien connu en aéronautique mais qui pour l’instant sont inconnus dans l’eau. On a une montée en puissance prévu. On va ouvrir le domaine de vol comme on le fait dans l’aéronautique. Deux ingénieurs Damien et David seront au niveau de la coque pour surveiller toutes les données.
Quelles sont les conditions idéales pour le record ?
28/32 nds de vent réel, 138/140° d’ouverture, et maxi 80 cm de clapot car déjà à ce niveau nos écrêteurs entrent en action. On a d’ailleurs durci les suspensions. Avant la limite était 30 tonnes de pression. Maintenant c’est au-delà.
Est-ce que la conception de l’Hydroptère, sa plate-forme initiale n’est pas dépassée et ne mériterait pas un nouveau bateau compte tenu des progrès effectués ?
Nous avons beaucoup de chance car les calculs démontrent qu’on est d’entrée tombé sur la bonne géométrie et la bonne version. Si on fait un autre hydroptère la géométrie de l’ensemble ne serait pas si différente.
Crédit photos : Arnaud Pilpré pour la très belle couverture du livre (et non pas Ghuilain Grenier comme je l'avais écrit mais il a des tonnes de belles images dans le livre) et Thierry Seray/DPPI pour les deux autres de ce billet
vendredi 5 septembre 2008
Vitesse à la voile : l'automne 2008 sera chaud
J'en ai parlé hier, les kiteboarders sont en route pour Lüderitz en Namibie, leur spot fétiche. La règle n° 3 du WSSRC n'est plus qu'un mauvais souvenir, l'hypothétique effet de sol invoqué ne pouvant avoir lieu que dans une profondeur vraiment insignifiante, les boards étant très étroites (ce ground effect dépendant de la profondeur de l'eau et de la largeur de la planche qui pour les protos de kitespeed oscille entre 20 et 25).
Manu Taub, Alex Caizergues et Seb Cattelan dont les temps de l'année dernière sont carrément dingues - faut-il rappeler que Seb a enregistré une pointe à 57,5 au GPS - risquent donc de faire exploser les chronos. La présence de Bjorn Dunkerbeck confirmée hier par l'incontournable site windsurfjournal (quand les professionnels du milieu se décideront-ils d'ailleurs à vraiment croire au web et à donner lles moyens à Philippe Lavigne créateur du site, au lieu de s'obstiner à financer deux magazines en bout de piste) laisse aussi augurer du lourd, Bjorn étant un "calibre" aussi impressionnant qu'Antoine Albeau, j'entends par là que son gabarit, son niveau et son expérience en font un athlète capable de tout, la surprise peut aussi venir de là. Ceci étant dit, il faut, quand on parle de record "relativiser". Ainsi Christophe Simian, maître d'oeuvre du canal des Saintes avec Pascal Maka et observateur du speed depuis bien longtemps dit ceci dans les colonnes de windsurfjournal (quand je vous dis que WJ est le spot à info) déclare avec grande sagesse :
"Tout le monde a l’air d’être très sûr de tout exploser à Lüderitz mais ce ne sera pas si simple que ça. Alex Caizergues et Björn Dunkerbeck me semblent les mieux placés pour battre les 50 nœuds, Dunkerbeck est d’ailleurs pour moi l’homme des 50 nœuds ! J’ai l’expérience de 10 records absolus de vitesse à la voile et il ne faut pas croire que ça tombe du ciel parce que l’on fait 53 nœuds au GPS. Il y a plein de paramètres à contrôler et à réunir au même moment. Le courant présent à Lüderitz sera un lourd handicap et il faudra aussi rester humble, ce qui n’est pas forcément la qualité première des kitesurfers hormis pour Caizergues, Taub et Cattelan."
Mais ce n'est pas tout. Alain Thébault, skipper de l'hydroptère, joint hier confirme que le "Grand Blanc" sera bien là cet automne, que le spot de Port Saint Louis s'avère conforme aux attentes de l'équipe. Si l'Hydroptère ira faire un peu de promo à Monaco et aux Voiles de Saint Tropez (attention Alain, pendant l'épreuve tu verras que les "piétons" sont bien nombreux") le team sera dans les starting-blocs entre septembre et novembre. Reste à savoir si les nouveaux foils donnent ce qu'on attendaient d'eux (juin n'a pas permis de répondre à cette question, même si un 47 nds en pointe a été scoré) et quand les observateurs du WSSRC seront là.
En illustration, vous découvrez à mon avis en exclusivité ici, la couverture du prochain livre d'Alain Thébalut qui y raconte la fabuleuse histoire du projet, histoire que j'avais aussi relaté dans le magazine BATEAUX au printemps grâce à son témoignage. Le livre intitulé "Le mur du vent" sortira en octobre ou novembre aux éditions de la Martinière. La couverture est une réussite et n'en doutez pas le récit est sûrement passionnant et qui plus illustré par nombre de photos incroyables.
