dimanche 30 novembre 2008
Le New York Times parle de la vitesse à la voile
Le propre des grands journaux est d'offrir a leurs lecteurs un contenu diversifié et d'aborder certains sujets sous un angle particulier. Ainsi, le très vénérable New York Times revient sur le passage de la barrière des 50 noeuds - que Sébastien Cattelan a été le premier à réaliser - et sur la gestion de cet événement par les instances internationales que sont l'ISAF et le WSSRC. Une gestion que l'on peut après coup trouver surprenante, en tout cas les arguments de Jérôme Pels laissent rêveur. Not So Fast : A Dispute Takes Down a Sailing Record, tel est le titre de l'article.
Je vous laisse avec les dernières lignes du sujet que l'on doit à Paul Larsen (uniquement les dernières lignes on se comprend bien), skipper de Sail Rocket actuellement en tentative officielle et en lice pour le record : "All my life I have dreamed of being No. 1, the fastest in my chosen field,” Larsen said in an e-mail message from Namibia. “There is no way I would take it on a technicality. It has to be undisputed. It has to be outright.”
J'avoue que ces altermoiements à propos du record en kite me gâche un peu le plaisir mais bon. Je crois que j'ai du l'écrire ailleurs, c'est un conflit de génération. En procédant par parabole, on se dira qu'à une époque les gens de chez Phonogram et les passionnés de grandes musiques ont eu du mal à accepter le fait que Led Zepellin ou les Rolling Stones faisaient aussi de la musique. D'ailleurs ils avaient également éprouvé quelques difficultés à assimiler le jazz et on sait ce qu'il est advenu. Bref, le monsieur de l'ISAF qui se pose des questions métaphysiques sur le fait que la voile et la coque sont désolidarisées me fait un peu de peine. A la montagne, je suppose qu'il skie encore sur des douves de tonneau et qu'à la ville, il se balade en calèche.
jeudi 25 septembre 2008
Dans les coulisses de Lüderitz
A propos de mon billet d'hier sur les questions posées par les windsurfers et d'autres (relatives à la profondeur du run), voici la réponse précise apportée par Philippe Lavigne de windsurfjournal (avec qui j'en avais parlé avant) qui a été cherché l'info à la source. Well done mec.
mardi 23 septembre 2008
Interview Alex Caizergues en direct de Lüderitz
Le point de vue d'Alex Caizergues dans l'itv qui suit est intéressant a plus d'un titre car il nous décode ce qui s'est passé à Lüderitz. Pourquoi tout va plus vite aujourd'hui, pourquoi il n'est que trois mais vous remarquerez qu'il ne s'invente pas d'excuse, et pourquoi Rob Douglas est pour l'instant le plus fort. Il avait un objectif précis, Il est arrivé avant, il est très bien organisé et secondé, il est expérimenté, il est physiquement au top. Une démarche très américaine dans le sport. Son succès n'est donc pas du au hasard et nos trois mousquetaires ne s'attendaitent sûrement pas à une conccurence aussi bien structurée.
Tu disais que le premier jour la marée était trop haute et qu'il y avait un véritable dos d'âne sur le run. Et le samedi comment c'était ?
En fait, le premier jour, nous avons couru sur l'ancien tracé, à marée haute, avec effectivement pas mal de clapot au milieu. A partir de vendredi, nous sommes passés sur le nouveau tracé, décalé de 150m sous le vent. La marée était prévue haute à 18h, on a donc juste eu un bon créneau vers 16h (les meilleurs temps on étaient fait en 15 minutes...), à marée montante. Beaucoup moins de clapot donc tout au long du run, puisque moins d'eau. Le samedi, à peu près les mêmes conditions de plan d'eau, mais avec moins de vent que la veille, donc des temps moins élevés.
Qu'est ce qui a changé depuis l'année dernière. On dit que l'entrée du run a été modifiée ?
Oui, le run a pas mal changé par rapport à l'an dernier. D'abord, comme je te l'explique plus haut, le run a été décalé d'environ 150m plus bas. Deux gros avantages, on a plus cette entrée "carrée" (vent perpendiculaire au run) qui nous faisait perdre du temps, et la fin du run est tout simplement magique puisqu'on doit être à 150° et avec 45 noeuds de vent qui pousse, on arrive à monter très haut en Vmax. En plus de ça, le père de Sjoukje, Hennie Bredenkamp (ingénieur en génie civil), a travaillé pendant près d'un mois avec Seb pour concevoir des "chop killers" efficaces pour le spot. On a donc pour le moment 3 sections avec 100m de barages, un dans la zone d'élan, un au milieu et le dernier juste avant la fin.
Tu as scoré un 48,69 ce qui soit dit en passant est énorme mais j'imagine que la place de 3 ne te convient pas. Comment vois-tu la suite ?
Bien sûr que ce 3ème chrono ne me convient pas... Certes, j'améliore mon record, mais Rob et Seb sont à 49, avec Rob qui titille les 50 et ça, ça me met bien les boules... Mais bon c'est le jeu, on est ici pour un mois et cette première semaine doit me servir à engranger de l'expérience. Pas facile d'être direct dans le bain, on est arrivé samedi dernier avec Chris, pas eu une seule session d'entrainement (contrairement à mes camarades...), il fallait être au top dès le début et je me suis fait un peu cueillir à froid.
Tu as du analyser la situation, en quoi Rob Douglas est-il plus fort pour l'instant ?
Rob est le plus fort en ce moment pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il a avec lui son coach caddy, Mike, Gebbarht (pour info double champion olympique en planche à voile) qui est d'une aide et d'une efficacité incroyable. Avoir un appui à terre comme cela pendant une compète, crois moi c'est un gros avantage. Ensuite, Rob est un véritable athlète de haut niveau, un kitesurfer expérimenté (4 ans qu'il s'est mis au kite, avec un passé de speedboarder en windsurf, pas si inexpérimenté que ça donc!!!), un beau bébé aussi (env 100kg) et avec des cuisses assez balaises. Comme je te le disais plus haut, arrivés une semaine avant nous, ils ont bénéficié de deux gros coups à 40 noeuds sur lesquels ils ont pu se caler... Mais on prépare la riposte, le Team F ONE sera au grand complet jeudi avec l'arrivée de Charlotte et la fin de la tentative est encore loin.
A ton avis, a quelle vitesse pouvez vous aller cette année ?
Où va t'on s'arrêter, c'est sûrement la plus grande question. J'espère surtout être devant à la fin, c'est ce qui m'importe le plus comme tu l'imagines... Ensuite, 49, 50, 51 noeuds, qui sait où l'on s'arrêtera? Une chose est sûr, on ne se fixe plus de limite, ça ne sert à rien, le tout c'est qu'on passe 50 noeuds, après on verra !
Interview initialement publiée sur Flysurf.com et réalisée (par moi...) par mail
vendredi 19 septembre 2008
50,1 confirmé mais pas encore homologué
C'est confirmé Sebastien Cattelan alias The Cat a bien réalisé un run à 50,1 noeuds tandis que Robert Douglas l'américain a scoré 49,9 nds. Sjoukje Brendenkamp, aussi jolie que rapide, a fait un run à 45,1 noeuds.
Incroyable. Les résultats sont en cours de vérification et de validation par le WSSRC mais il n'y a pas lieu de douter de la véracité de ces runs. On sait que l'équipe de Lüderitz a travaillé sur l'entrée du run qui était perfectible et les kiteboarders avaient réalisé de telles performances l'année passée que la possibilité des 50 nds était dans toutes les têtes. La règle n°3, amendée ensuite, celle qui excluait les kiteboarders n'a fait que boosté leur appétit.
Les kiteboarders font partie de la famille de marins et de la famille des gens de mer et de voile. Que je sache, les engins de record en catégorie bateaux n'ont ni coque en bois ni voile latine. Les kiteboarders ont franchi la barre mythique, ce n'est qu'une expression de la modernité à voile. Sebastien Cattelan est un pionnier de la discipline, je me rappelle de lui en freestyle au Mondial du Vent en 2001, balancant des high-jumps dans 45 noeuds de vent avec sa Wipika Free Air, et son succès est amplement mérité. Et que les skippers de bateaux de record ne se démoralisent pas trop vite, je pense à Alain Thébault de l'Hydroptère, le jour ou un bateau passera ce "mur du vent", la résonnance de l'exploit sera énorme aussi. Mais pour l'instant, c'est bien le kitesurf qui décroche la timballe, le kitesurf qui a brûlé les étapes en quelques années. Bruno Legaignoux, l'inventeur du concept avec son frère a dégoupillé une fort belle grenade en concevant ce jouet céleste qu'est le kite et qui permet aussi bien de rider les grosses vagues, que de sortir dans les petits airs ou de péter un record qui faisait rêver tous les voileux.
Une dernière précision. La tentative de Lüderitz ne fait que commencer. Alex Caizergues et Manu Taub sont en embuscade également et le verrou psychologique, si tenté qu'il tenait quelques portes, a sauté. Bjorn Dunkerbeck est là aussi en windsurf. Ne l'enterrons pas trop vite. La suite, il reste 3 semaines, risque d'être explosive.
