mardi 8 septembre 2009
Interview Alain Thébault, skipper de l'Hydroptère et détenteur du record absolu avec 51,36 noeuds
Vendredi dernier, alors que l'équipe prévoyait une montée en charge progressive puisque le bateau n'avait été remis à l'eau que quelques semaines auparavant et ceci après son chavirage de l'automne dernier, Alain Thébault et son équipage grillent la politesse au chrono et exploitent au mieux un vent d'ouest de 25/30 noeuds en rade d'Hyères pour une bonne glissade a plus de 50 noeuds. Record absolu à la clé. Retour sur cet épisode avec Alain Thébault, skipper de l'Hydroptère, dont j'ai souvent parlé ici, ainsi que dans la revue Bateaux. On apprend dans cette interview que l'Hydroptère.ch est bien en construction, Alain y confirme aussi ses visées hauturières et son rêve de tour du monde en 40 jours, et que l'Hydroptère a battu le record avec son "vieux gréement" . (crédit photo : Thierry Seray)
Tu prévoyais un montée en charge progressive et vous battez le record quasiment de suite. Tu cachais ton jeu où était-ce une surprise ?
Le petit mot de Christohe Simian, chonométreur Officiel WSSRC et présent ce jour là me paraît répondre parfaitement à la question : « Salut Alain , ce que vous avez fait vendredi est immense voir grandiose. En tant qu'observateur WSSRC j'observe ! la chose qui m'a le plus impressionné vendredi : c'est la concentration de l'équipage , sa force et son professionnalisme , il se dégageait de vous une espèce d' invincibilité ainsi qu' une puissance incroyable!!! Je n’avais jamais vu ça auparavant ! Encore bravo à ton équipe ! j' aurai vu 9 records absolus de vitesse à la voile grâce à vous ! Je suis prêt pour le 10 ème ! A bientôt et sincères amitiés . Christophe Simian »
Les records successifs de Sail Rocket et surtout de Macquarie Innovations avec les 50 noeuds franchis n'ont-ils pas un peu entamé le moral de l'équipe cet hiver ?
Pas le mien en tout cas. Je vais demander à Boris Cyrulnic d’avoir la gentillesse de m’expliquer ;-). Mais la réponse est sûrement dans mon premier livre : Pilote d’un rêve publié chez Flammarion
Les derniers runs à Port Saint Louis dans le vent fort étaient difficiles avec un bateau difficile à stabiliser, comment se sont passés les premiers runs à Hyères ?
La première journée d’essais à Hyères s’est bien déroulée avec une vitesse supérieure à 50 nœuds dès les premiers runs. Par rapport à notre dernière navigation à Port Saint Louis, le bateau semble désormais plus rapide. Et aussi stable à l’endroit qu’à l’envers ;-)
Y-a t-il eu des changements techniques sur le bateau pendant l'hiver ?
Nous avons retouché le profil des foils. Notre gréement vitesse étant détruit, nous avons installé pour 2009 le gréement hauturier, moins performant et les anciennes voiles qui datent de trois ans. Le bateau semble quand même assez rapide ;-)
Penses-tu les 54 noeuds à votre portée immédiate et où situes-tu la limite maintenant ?
En bon paysan du high tech, je prends le temps d’aller vite. Nous avons surement une petite marge de progression mais filer 54 de moyenne n’est pas notre objectif, c’est plutôt l’objectif annoncé des kites. Notre ambition est de naviguer au large désormais puis en 2010 et en parallèle de développer notre nouveau laboratoire l’Hydroptère.ch.
Observer les adversaires fait partie du jeu, quel est le plus dangereux à tes yeux aujourd'hui ?
Je suis proche des valeurs du rugby et ai beaucoup de respects pour les autres acteurs du monde de la glisse. A fond pendant le match, mais le plus important n’est il pas de boire une bière ensemble ensuite.Le plus dangereux vient toujours de soi même. De dépasser ses propres limites.
Tu as atteint un objectif voulu depuis des années. Qu'as-tu ressenti juste au moment où le record a été battu ?
Je n’ai atteint qu’une partie de mes objectifs. Nous ne faisons qu’une incursion dans le domaine de la haute vitesse et le bateau n’est pas initialement conçu pour cela. Après cette accélération prodigieuse, mais stable et maîtrisée, j’ai eu une pensée pour mon équipe à terre et sur l’eau. Ces deux records mondiaux sont le fruit de leur travail, d’un travail collectif dans un contexte parfois difficile, je leur dis ma gratitude et mon respect. J’ai eu une pensée très émue également pour deux hommes qui n’étaient pas à bord. Le premier Eric Tabarly qui m’a parrainé, poussé, porté contre vents et marées. Une pensée aussi et surtout pour Thierry Lombard qui a sauvé ce programme quand nous étions échoué sur Lanzarote. Quand c’est difficile, généralement il n’y a pas grand monde…Thierry a toujours été là pour moi, pour nous et son soutien indéfectible. Ce double record mondial est le sien, le leur à tous les deux car ils partagent humilité et vision.
Tu as dit dans le passé que l'Hydroptère tournerait la page de la vitesse après le record ? Quel est votre programme maintenant ? Quel est ton désir profond à toi ?
J’ai envie de m’accorder quelques jours pour lire et jardiner.
L'Hydroptère peut-il rivaliser avec les trimarans géants comme Banque Populaire ?
L’Hydroptère.ch, voilier laboratoire de 35 pieds est en cours de construction chez B&B à la Trinité sur Mer et au chantier Décision en Suisse. Il préfigure l’Hydroptère géant qui répondra à notre rêve ultime, le tour du monde en volant et en 40 jours.
mercredi 18 février 2009
50,57 noeuds. Avec le tampon du WSSRC
Il aura fallu du temps, une polémique, quelques palabres, des sueurs froides mais ce que retiendra l'histoire, c'est ce petit papier bleu. Une pensée pour Sébastien Cattelan qui restera celui qui a fait tomber la clôture et qui j'en suis sûr nous réservera quelques bonne surprises en 2009. Et je ne parle même pas de l'équipe de Macquarie Innovations qui ne devrait pas en rester là, encore moins de Sail Rocket et autres qui rêvent tous des 54. Vavavoum...
jeudi 25 septembre 2008
Dans les coulisses de Lüderitz
A propos de mon billet d'hier sur les questions posées par les windsurfers et d'autres (relatives à la profondeur du run), voici la réponse précise apportée par Philippe Lavigne de windsurfjournal (avec qui j'en avais parlé avant) qui a été cherché l'info à la source. Well done mec.
vendredi 5 septembre 2008
Vitesse à la voile : l'automne 2008 sera chaud
J'en ai parlé hier, les kiteboarders sont en route pour Lüderitz en Namibie, leur spot fétiche. La règle n° 3 du WSSRC n'est plus qu'un mauvais souvenir, l'hypothétique effet de sol invoqué ne pouvant avoir lieu que dans une profondeur vraiment insignifiante, les boards étant très étroites (ce ground effect dépendant de la profondeur de l'eau et de la largeur de la planche qui pour les protos de kitespeed oscille entre 20 et 25).
Manu Taub, Alex Caizergues et Seb Cattelan dont les temps de l'année dernière sont carrément dingues - faut-il rappeler que Seb a enregistré une pointe à 57,5 au GPS - risquent donc de faire exploser les chronos. La présence de Bjorn Dunkerbeck confirmée hier par l'incontournable site windsurfjournal (quand les professionnels du milieu se décideront-ils d'ailleurs à vraiment croire au web et à donner lles moyens à Philippe Lavigne créateur du site, au lieu de s'obstiner à financer deux magazines en bout de piste) laisse aussi augurer du lourd, Bjorn étant un "calibre" aussi impressionnant qu'Antoine Albeau, j'entends par là que son gabarit, son niveau et son expérience en font un athlète capable de tout, la surprise peut aussi venir de là. Ceci étant dit, il faut, quand on parle de record "relativiser". Ainsi Christophe Simian, maître d'oeuvre du canal des Saintes avec Pascal Maka et observateur du speed depuis bien longtemps dit ceci dans les colonnes de windsurfjournal (quand je vous dis que WJ est le spot à info) déclare avec grande sagesse :
"Tout le monde a l’air d’être très sûr de tout exploser à Lüderitz mais ce ne sera pas si simple que ça. Alex Caizergues et Björn Dunkerbeck me semblent les mieux placés pour battre les 50 nœuds, Dunkerbeck est d’ailleurs pour moi l’homme des 50 nœuds ! J’ai l’expérience de 10 records absolus de vitesse à la voile et il ne faut pas croire que ça tombe du ciel parce que l’on fait 53 nœuds au GPS. Il y a plein de paramètres à contrôler et à réunir au même moment. Le courant présent à Lüderitz sera un lourd handicap et il faudra aussi rester humble, ce qui n’est pas forcément la qualité première des kitesurfers hormis pour Caizergues, Taub et Cattelan."
Mais ce n'est pas tout. Alain Thébault, skipper de l'hydroptère, joint hier confirme que le "Grand Blanc" sera bien là cet automne, que le spot de Port Saint Louis s'avère conforme aux attentes de l'équipe. Si l'Hydroptère ira faire un peu de promo à Monaco et aux Voiles de Saint Tropez (attention Alain, pendant l'épreuve tu verras que les "piétons" sont bien nombreux") le team sera dans les starting-blocs entre septembre et novembre. Reste à savoir si les nouveaux foils donnent ce qu'on attendaient d'eux (juin n'a pas permis de répondre à cette question, même si un 47 nds en pointe a été scoré) et quand les observateurs du WSSRC seront là.
En illustration, vous découvrez à mon avis en exclusivité ici, la couverture du prochain livre d'Alain Thébalut qui y raconte la fabuleuse histoire du projet, histoire que j'avais aussi relaté dans le magazine BATEAUX au printemps grâce à son témoignage. Le livre intitulé "Le mur du vent" sortira en octobre ou novembre aux éditions de la Martinière. La couverture est une réussite et n'en doutez pas le récit est sûrement passionnant et qui plus illustré par nombre de photos incroyables.
