mardi 6 mai 2008
Chapitre 1 (extrait): Comment choisir ses objectifs ?
Le livre Photographier la mer et la voile
est sorti en librairie juillet dernier. Très orienté prise de vue et non pas dernier capteur à la mode, il vous permettra d'apprendre à mieux maîtriser la photo de mer, que vous ayez un vieux Canon 300 D ou le dernier 450D. Autant dire que les conseils sont aussi valables pour les amoureux du Nikon et autres boitiers. Voici un extrait du premier chapitre dédié au matériel et qui reprend les bases à connaître. Je rassure ceux qui sont déjà bien expérimentés en photo , les chapitres dédiés à la prise de vue sur l'eau seront suffisamment pointus pour leur être utiles aussi. Sachez enfin que le livre contient des notes de pages (non reproduites ici pour des raisons de mise en page) qui complètent le texte par d'autres infos. Idem pour les légendes de chaque photo. Si vous souhaitez vous procurez cet ouvrage (19,90 € pour 15 ans d'expérience, 200 pmages et 120 photos, avouez que le rapport qualité prix tue le chat), les liens sont dans le menu de droite et vous guide vers Amazon, Eyrolles ou la Fnac.
Choisir ses objectifs
Commençons par quelques rappels : pour caractériser un objectif, on parle d’abord de sa longueur de focale, exprimée en millimètres. La focale standard, celle qui se rapproche le plus de la vision humaine, est le 50 mm. En dessous, on parle d’objectifs grand-angle, qui se caractérisent par un champ de vision très large ; au-dessus, ce sont les téléobjectifs, dont le champ de vision est plus étroit, mais qui ont la capacité de « rapprocher » le sujet. La gamme d’objectifs disponibles en reflex va du 16 mm au 600 mm, hors objectifs spéciaux type fisheye, par exemple.
Un objectif est aussi caractérisé par son ouverture. C’est le deuxième chiffre sans unité que l’on donne après la focale (souvent précédé d’un « f/») et qui correspond à l’ouverture de diaphragme maximale de l’objectif. Plus le chiffre est petit, plus l’objectif est lumineux. Les objectifs très « ouverts » représentent le haut de gamme ; ils bénéficient généralement aussi d’une formule optique soignée, de verres de haute qualité et d’une fabrication soignée, avec un corps en métal. Les performances d’un objectif passent avant tout par celles des lentilles utilisées et par la façon dont elles sont associées. Sincèrement, il est très difficile de procéder à des tests optiques précis et, à ce titre, la presse spécialisée est utile avec ses tests détaillés. Sur les fiches techniques sont indiqués le nombre de lentilles et la qualité des verres (faible dispersion, UD, asphérique).
Très souvent, le passionné de photo consacre une grande partie de son budget à l’achat du boîtier de ses rêves et fait l’impasse sur la qualité des objectifs. Ayant compris cela, les professionnels du marketing proposent régulièrement des « packages » avec des zooms aux performances quelquefois discutables. S’offrir un 10 MP et lui faire voir le monde à travers un cul de bouteille est une erreur… Équilibrez davantage votre budget, quitte à procéder par étape pour vos achats. Faites le point sur vos vrais besoins : si vous voulez surtout faire de la photo d’action, optez pour un très bon 70-200mm (entre 300 et 2 300 € suivant les modèles), un 100-400mm ou une focale fixe 300mm (1 500 € environ) ; achetez en parallèle un 50mm f/1,8, en général peu coûteux (100 €) et un 24mm f/2,8 d’occasion. Dites-vous aussi qu’un zoom léger, très compact et très peu cher a peu de chance d’être le « caillou » de l’année : autant s’en passer. Si votre budget est serré, achetez plutôt un 8 MP d’occasion et offrez-vous un bon objectif, vous ne le regretterez pas. J’ai réalisé beaucoup de photos publiées en doubles pages dans les magazines français et étrangers, et même exposées en grand format, avec un Canon EOS 20D mais couplé avec des objectifs très lumineux.
Focale fixe
ou zoom ?
On trouve sur le marché deux familles d’objectifs (au sein desquelles on retrouve le spectre allant du grand-angle au téléobjectif) : les focales fixes et les zooms. Un zoom couvre une plage de focales donnée : de 28 à 80 mm, par exemple, ou de 70 à 200 mm. Certains zooms de très haute qualité ont une ouverture maximale constante quelle que soit la focale utilisée mais, très souvent, l’ouverture varie suivant la focale, ce qui explique la présence de deux chiffres : ainsi pour un zoom 70-300 mm f/4-5,6, l’ouverture maximale est de f/4 à 70mm alors qu’à 300 mm, elle n’est plus que de f/5,6. À l’inverse, une focale fixe correspond à une valeur de focale donnée et une seule, et en conséquence à une seule valeur d’ouverture. Dans l’absolu, ce type d’objectif bénéficie d’une meilleure qualité optique à prix égal, et son ouverture maximale est souvent plus avantageuse. Mais l’amplitude d’un zoom est un argument très fort qui joue généralement en sa faveur au moment de l’achat. Certes, la qualité des zooms progresse, mais il convient de relativiser ce constat. D’une marque et d’une gamme à l’autre, les performances des optiques sont très variables. Les zooms professionnels à ouverture constante (f/2,8 ou f/4) délivrent d’excellentes performances, mais cette qualité a un coût élevé. Votre choix entre un zoom et une focale fixe dépendra donc en grande partie de votre budget et de vos priorités. Si c’est la qualité qui passe avant tout, choisissez des longues focales fixes.
Quelle focale ?
Pour tout ce qui concerne les paysages de mer ou la photo d’ambiance, on utilise des focales assez classiques. Les besoins en objectifs sont donc relativement traditionnels. En paysage, j’apprécie toutefois les possibilités créatives d’un très grand-angle qui « ouvre » véritablement l’espace grâce à son large champ de vision. J’utilise régulièrement un 17-35 mm et je possède par ailleurs un 28-105 mm pour réaliser des plans plus classiques. Aujourd’hui, les constructeurs offrent des objectifs qui permettent de bénéficier de focales très courtes, même avec les boîtiers dotés de capteurs APS-C, dont le coefficient multiplie par 1,5 ou 1,6 la focale. Attention tout de même, certains de ces nouveaux objectifs ne sont pas compatibles avec tous les appareils, notamment avec les capteurs plein format qui auront tendance à l’avenir à se généraliser.
Votre investissement deviendrait alors obsolète. En voile, vous aurez toujours besoin d’une longue focale. Il faut pouvoir couvrir la plage 100-400 mm pour toutes les images d’action notamment. Certes, les pros utilisent des 300mm f/2,8, 400 mm f/2,8, 500 mm f/4 et même 600 mm f/4, quelques fois avec un convertisseur 1,4 (voir plus loin) mais ces optiques coûtent une fortune et répondent souvent à un besoin précis : être au plus proche de l’action et bénéficier de la qualité optique maximale. En revanche, ils sont encombrants, fragiles, onéreux et très lourds.
Il existe une grande variété de zooms chez les fabricants : pour la voile, les zooms 70-300 mm, 100-300 mm ou 100-400mm sont parfaits pour l’action. Ils seront également très utiles pour le paysage et certaines images d’ambiance. En ce qui concerne les focales fixes, il y a des 300 mm f/4 (Canon, Nikkor) – et même un 400 mm f/5,6 chez Canon à la qualité irréprochable – dont les prix ne sont pas inabordables (1 500 € environ, mais le f/2,8 vaut 4 745 €). On peut même en trouver d’occasion à un tarif raisonnable. Choisir un bon objectif d’occasion est souvent une bonne affaire, si son propriétaire en a pris soin. N’hésitez pas à passer par un magasin qui peut vous offrir une petite garantie si vous craignez de vous fier à un particulier. Une dernière chose : la qualité de fabrication est très importante pour un zoom dont les pièces sont mobiles. Les zooms de milieu et haut de gamme ont des corps en métal et leur bague de zooming est douce, fluide et fiable dans le temps. Si vous utilisez un boîtier reflex avec un coefficient de 1,5 ou 1,6 (voir encadré page 9), un zoom 70-300 mm représente un bon choix et votre champ d’action sera déjà satisfaisant. Ne cherchez pas forcément à acquérir la focale la plus longue possible, privilégiez plutôt la qualité de votre objectif, en particulier sa luminosité comme nous l’avons vu plus haut.
Voilà, la suite du chapitre aborde les convertisseurs, les stabilsateurs, les flashs, les cartes mémoires, etc.. vu au travers du prisme d'un photographe de mer. J'aborde également le choix d'un boîtier compact et bien sûr les reflex.
lundi 15 octobre 2007
Il est là (mon livre....)
Les premiers exemplaires sont arrivés en librairie le 12 juillet dernier. Vous pouvez le trouver dans les Fnac ou dans les librairies où le rayon photo est à la hauteur, le plus simple est encore de le commander via le site internet d'Eyrolles, via Amazon où la Fnac. Vous trouverez des liens directs dans le menu droit de ce blog, en haut.
Que dire, si ce n'est qu'avoir son premier bouquin en main fait une drôle d'impression après le rush pour le boucler en mai. Sincèrement il est beau et j'en suis fier. Je publierai ici encore quelques extraits mais sans vouloir absolument vous le refourguer, ce qui fait l'intérêt du livre (et que les extraits ne traduisent pas forcément de façon optimum) est la cohérence de l'ensemble car il y a des infos utiles dans tous les paragraphes.
Photographier la mer et la voile comprend 200 pages, il est illustré avec 120 photos représentant quinze années d'images entre les rivages d'hawaii, le sud de la France en passant par beaucoup d'autres très beaux endroits dans le monde. C'est un livre où vous pourrez trouver des informations directement exploitables, même si vous êtes un débutant utilisant un compact. Si vous en êtes déjà plus loin, vous y trouverez de la technique mais je crois, surtout une démarche, une base de réflexion pour progresser. Je crois sincèrement que le technique n'est pas tout et à chaque fois qu'il m'est arrivé de ne pas obtenir ce que je souhaitais en photo, ce que j'avais rencontré soit un problème matériel (pas la bonne optique, pas l'équipement totalement adéquate), soit que je n'avais pas assez réfléchi quel type d'image j'étais venu pêcher ce jour là.
Ce bouquin comprend 8 chapitres : le matériel, la technique photographique, le paysage de mer, la voile, les bateaux d'exception (maxiyachts, trimarans de course, voiliers de tradition), Une journée en mer (comment exploiter au mieux une sortie en voilier ou en bateau à moteur, Les sports de glisse (surf, kitesurf, windsurf, wakeboard), la post-production et les annexes (bonnes adresses et lexique). Pour 19,90 € je crois que vous en aurez pour votre billet bleu. Coté iconographie, vous verrez Lulworth, Moonbeam III et IV, Miléna, des wallys, des photos d'Hawai, d'Egypte et de Floride, etc... Je termine en disant que la bête est imprimée sur un beau papier et que la qualité d'impression est vraiment bonne. Que ce soit avec les diapos ou les fichiers numériques, les gens de la fabrication chez Eyrolles dominent leur sujet, vous le constaterez.
En direct du site Eyrolles
Ca y est, le livre est disponible en commande sur le site d'Eyrolles sur lequel vous pouvez aussi visualiser la table des matières, l'avant propos et des extraits de plusieurs chapitres. Une manière de se faire une vision plus précise du contenu.

mercredi 1 août 2007
Revue de presse et de blog
Après la sortie proprement dite arrive pour un auteur de livre la période dévolue à la promotion de son livre. Le but étant d'en parler sur le plus de médias possibles, tout simplement pour que le livre en question trouve son public. La presse magazine spécialisée devrait en parler dans les numéros qui sortiront ce mois-ci, vous devriez retrouver l'avis des journalistes sur Photographier la mer et la voile dans Bateaux, Neptune, Moteurboat et sans doute tout du moins je l'espère, dans Voiles & Voiliers ainsi que dans les magazines de photo, tel Chasseurs d'Images, Réponse Photo et autres. De quoi vous aider à vous faire un opinion sur le livre que je vous invite de toute façon à aller feuilleter dans une librairie. Vous pouvez également télécharger des extraits ici. 
Mais c'est évidemment la blogoshère qui par nature a réagit le plus vite et je vous invite à lire le papier complet de Volker Gilbert sur Digitalphotoblog ainsi que le billet de Jean François Vibert sur macandphoto. Je les remercie tous les deux et je compte d'ailleurs prendre un peu de temps en août pour plonger dans la dernière collaboration de Volker qui vient de traduire et d'adapté le Martin Evening sur Lightroom.
Encore une fois, bonnes vacances à tous, je déconnecte ce soir mais vous ai programmé une série de best off sur les meilleurs billets de Tendance Bleue, avec un post tous les deux jours. Bon vent pour les windsurfers et autres kiteboarders, bon swell pour le surfers, bonne brise pour les voileux. Bonne lumière à tout le monde. Ramenez de belles images. On se retrouve aux alentours du 20 août.
lundi 30 juillet 2007
Interview
Bon, j'espère que je vous gonfle pas trop avec mon bouquin mais c'est l'été, il y a aussi pas mal de nouveaux venus sur ce blog, le livre est dans les librairies, si je n'en parle pas MAINTENANT qui le fera... En fait, je vous relaie juste une interview qui apparaîtra dans l'été sur le site Eyrolles mais que vous pouvez d'ores et déjà lire ici. Cela apporte, je pense quelques compléments d'infos sur le contenu de "Photographier la mer et la voile"
mercredi 11 juillet 2007
Photographier la mer et la voile : les tutoriels
La sortie du livre "Photographier la mer et la voile" s'accompagne de la mise à disposition de 4 tutoriels complémentaires à l'ouvrage qui sont disponibles au téléchargements sur le site d'Eyrolles, et bientôt sur mon site pro. Quatre tutoriels volontairement accessibles mais vraiment utiles : optimiser ses fichiers sous photoshop, Développer un fichier RAW avec Canon Digital Photo Professional, Connvertir une image en Noir et Blanc avec Photoshop et enfin appliquer un filtre gris neutre dégradé. Bon job et n'hésitez pas à me faire part de vos essais.
vendredi 29 juin 2007
Chapitre 3 (extrait) : paysages de mer. Maîtriser l'exposition
Après l'extrait du premier Chapitre consacré au matériel, l'extrait du second dédié à la technique photographique, rentrons dans le vif du sujet du livre Photographier la mer et la voile avec le Chapitre 3 qui aborde la photos des paysages de mer (et des ambiances marines). J'y aborde les fondamentaux concernant le cadrage, l'approche au 50 mm, ce qu'il faut savoir pour jouer avec les perspectives avec l'aide d'un grand angle et à l'inverse j'explique comment isoler une scène au sein d'un paysage en travaillant au zoom. Ensuite vient cet extrait sur l'exposition, très importante en paysage, notamment pour bien rendre les couleurs et les textures. Enfin le Chapitre balaye quelques grands exemples avec une photo explicative à chaque fois : comment photographier une plage de rêve, un rivage accidenté style côte sauvage, des vagues en pour terminer des ambiances de ports.
Maîtriser l’exposition
Le mode de mesure de la lumière des appareils photos modernes donne aujourd’hui d’excellents résultats mais, nous l’avons vu dans le chapitre précédent, il vous faudra quelquefois dépasser les automatismes – ou pour le moins les surveiller – pour obtenir le rendu d’image que vous souhaitez. Il y a différentes raisons à cela mais l’essentiel est de bien comprendre que l’exposition est en partie une affaire d’interprétation. Dans certains cas, une différence de deux diaphragmes par rapport au choix de l’appareil peut même donner une image différente. Ne laissez donc pas systématiquement votre appareil décider ce qui est bien pour votre photo, d’autant que cette variation influe directement sur l’éclat et la saturation des couleurs à l’image.
Une lumière parfaite. Ici, c'est le léger contre-jour qui est important car il donne de la matière à ces quatre voiles en triangle s'élançant vers le ciel, dont les couleurs s'accordent à merveille. Pêche traditionnelle en Indonésie.
Par ailleurs, tous les appareils ne réagissent pas de la même manière. Certains ont tendance à donner systématiquement des images claires (légère surexposition), d’autres à faire l’inverse (sous-exposition) et tous ne maîtrisent pas les situations délicates. Ce sera donc à vous de vous adapter. Rassurez-vous, vous n’opérez plus en aveugle comme au temps de la diapositive et l’écran de contrôle ainsi que l’histogramme (voir chapitre précédent page XX) seront vos deux repères pour agir.
Il n’y a pas qu’une seule et même bonne exposition pour une scène. Suivant les images, une variation de plus ou moins un diaphragme peut tout à fait aboutir à une autre image acceptable.
En photo de paysage ou d’ambiance marine, le rendu du sable d’une plage, d’un rocher, de la végétation, sans compter celui de la mer, varieront en fonction de l’exposition. Vous trouverez ci-dessous plusieurs moyens d’agir sur ce facteur.
La première méthode, la plus simple, consiste à laisser faire l’automatisme tout en utilisant la fonction bracketing de votre boîtier. Cette fonction vous permet de faire plusieurs images d’une même scène, mais avec des expositions différentes : en général, le bracketing donne une image exposée normalement, encadrée par deux images, une sous-exposée et une surexposée. L’écart d’exposition entre deux vues dépend de la valeur que vous avez initialement choisie : par exemple 0,3, 0,5 ou 1 IL. Il est par ailleurs possible d’associer le bracketing à la correction d’exposition afin de décaler l’éventail des vues : une image exposée normalement, une à - 0,5 IL et une à – 1 IL. C’est généralement plus judicieux.
Il est également possible d’utiliser la mesure Sélective ou la mesure Spot dans les cas où elle se justifie, c’est-à-dire quand une zone de l’image, assez différente des autres en termes de luminosité, vous semble être celle où l’exposition doit être la bonne. Cette technique est adaptée dans les cas où vous constatez des oppositions entre zones claires et zones sombres.
Enfin, vous pouvez travailler en Manuel avec une cellule à main indépendante vous permettant de tenir compte de la lumière incidente. C’est une technique idéale quand la lumière est assez homogène et le sujet uniformément éclairé mais que vous souhaitez vous affranchir soit d’une lumière très forte, soit d’un problème de réverbération. Elle permet également d’obtenir un rendu fidèle des tons sombres de votre composition, des rochers noirs par exemple, ou des tons clairs comme des voiles blanches, que les automatismes ne traduisent pas de façon idéale.
Dernier point (qui fait l'objet d'un encadré dans le livre), la profondeur de champ. Ce paramètre déterminant en paysage dépend avant tout de la valeur du
diaphragme. Plus celui-ci sera fermé (grand chiffre), plus la
profondeur de champ sera grande. Elle sera également plus grande pour
une mise au point sur un sujet éloigné, ce qui explique qu’on puisse
malgré tout obtenir des zones de netteté assez étendues avec de longues
focales et des ouvertures modérées.
La composition est quelquefois supplantée par les textures et les couleurs – sur cette image, le noir du rocher en premier plan et la texture de la végétation en arrière. Le bleu intense de la mer et le petit point rouge du phare finissent de faire circuler le regard.
Parfois, la composition d'une image s'avère difficile, mais une opposition de couleur peut suffire. Le rocher noir à droite et le cocotier à gauche sont les deux seuls points d'accroche du regard. Plage de sable noir de la côte nord de la Martinique.
dimanche 24 juin 2007
Chapitre 2 (extrait) : le graphisme de l'image
Deuxième extrait du livre. Le Chapitre est consacré à la technique photographique proprement dite : bases de la composition, graphisme, coix de l'instant, cadrage, exposition, lumière, paramétrage de l'appareil, choix des formats d'images, espace couleur, balance des blancs sont au programme de ce chapitre assez dense. Sachez enfin que le livre contient des notes de pages (non reproduites ici pour des raisons de mise en page) qui complètent le texte par d'autres infos. D'autre part, les photos illustrent des cas précis et les légendes détaillent l'exemple apporté.
Le graphisme de l’image
Le graphisme d’une photo est formé par l’ensemble de ses lignes, de ses formes et de ses points ; c’est le squelette de l’image, ses fondations. C’est cette structure qui va en partie lui donner son impact et son sens de lecture, car il y a bien une lecture dans une photo, un trajet que parcourt le regard, en partie conditionné par la lecture d’un texte (de gauche à droite).
La géométrie n’est pas seule responsable du graphisme ; le contraste entre les zones lumineuses de différentes intensités, la distribution des tons, l’équilibre ou le déséquilibre des blocs de couleurs vont entrer en ligne de compte. L’art de la composition, que l’on enseigne en arts graphiques, est l’art de mettre en place ces éléments. Le cadre est évidemment le point de départ de tout. C’est à l’intérieur de ce rectangle que vous devez créer une dynamique. En photo de mer, que vous preniez un paysage, une ambiance ou une action, vous ne manquerez pas de lignes (l’horizon, les courbes du rivages, le mât d’un voilier), de formes (les coques, les reliefs du rivage) ou de blocs de couleurs (les gréements, le ciel, les rochers, les équipages) pour composer vos photos. L’un de vos challenges sera de réussir à rendre l’impression de mouvement avec une image statique. L’environnement et les positions des bateaux et la mer vous y aideront. Voici les élément graphiques que vous retrouverez le plus souvent.
Les points : par définition, ils représentent une petite partie de l’image. Ce peut être un bateau tout petit, à la position excentrée dans l’image et qui contraste avec une grande étendue d’eau autour, ou la partie lumineuse d’une scène par ailleurs assez sombre.
Les lignes : elles peuvent être concrètes comme les mâts et les voiles pour les scènes de voiliers, la ligne d’horizon, la courbe du rivage ou une ligne de fuite renforcée par un grand-angle pour un paysage. Mais ce peut être aussi des lignes plus abstraites comme la direction d’un regard, une série de vagues qui déferlent, la convergence des trajectoires de voiliers à l’approche d’une bouée.
Le contraste : les zones de différentes intensités lumineuses participent aussi à la construction de l’image. Ainsi, une zone sombre dirige par exemple le regard vers une zone claire. La répartition de la lumière et les frontières entre les hautes et les basses lumières sont des éléments géométriques à prendre en compte dans votre composition.
Les couleurs : exactement comme pour le contraste, voyez les couleurs comme des blocs à déplacer et à accorder entre eux ou à opposer. En voile, le ciel fournit un matériau de base (bleu, gris, variable) sur lequel placer d’autres éléments de couleurs franches comme les voiles (blanches, grises, rouges). Ces blocs de couleurs, tout comme les formes géométriques qui composent votre image, auront par ailleurs un véritable « poids » visuel lié à la place qu’elles occupent dans le cadre.
Légendes des photos (de haut en bas) :
Rivage de la côte nord de l’île de Bali photographié un matin d'hiver. La ligne dominante de l’image est le S formé par la plage et l’alignement des juklung (les bateaux de pêche). La lumière plus forte sur la gauche donne de la force à la composition.
Une image simple et pure, quasiment bicolore efficace et harmonieuse grâce au ciel sans nuages, à l’opposition de couleur et aux lignes parallèles des gréements.
En régate, un bord sous spi donne souvent de bons résultats si la lumière est belle. Ici, les spi forment une sorte de bande horizontale dans l’image et les couleurs apportent du relief.
