vendredi 9 octobre 2009
Aviron de mer

Quand on parle de pirogue hawaïenne, on vibre car c'est un peu la Polynésie, le goût du Pacifique. On aime y voir la culture de l'océan. On a toutefois l'équivalent ici avec l'aviron de mer même si je pense que l'esprit qui y règne serait plus analogue à l'esprit de l'ovalie et sa "franche camaraderie". C'est comme ça que je le vois, je peux me tromper et ce n'est pas péjoratif. Les hawaiiens sont un peu mystiques lorsqu'il s'agit de l'océan et sous nos latitudes on a plus tendance à être terre à terre, ce qui, lorsqu'on parle de passion marine, est un peu drôle vous en conviendrez. J'étais cette après-midi aux championnats de France d'aviron de mer. Dans le cadre d'un travail plus large dont j'aurais peut-être l'occasion de parler d'ici quelques années... J'ai assisté au demi-finale et je dois avouer que j'ai bien aimé. C'est engagé et assez graphique. Pas forcément très facile comme sujet d'ailleurs. Des que j'aurais un peu de temps, je vous ferai part d'une réflexion à ce sujet. Je vous parlerai du gouffre, je dis bien le gouffre qu'il peut y avoir dans certains types d'utilisation entre un 40D et un Mark III. Remarquez, dans un certain sens, c'est normal. Mais dans le cas de l'aviron, c'est comme de comparer un sarbacane à un AK 47. Le rendu de la photo est un peu décevant sur le blog, le fichier pourtant claque vraiment fort. Il sera sur mon site un peu plus tard. La semaine prochaine pour tout dire. Bon W.E.
mercredi 22 juillet 2009
Orange Mécanique

De la fibre à la mer, il n'y a qu'un pas. Hier à Canet en Roussillon. Un heure avant, j'étais sur un catamaran flambant neuf, tout en résine sophistiquée et fibre savante joliment infusée, au port je vois ça. Du bois, le bois dont on fait les marins, quelques outils et ce squelette qui attends ses bordées.
jeudi 9 avril 2009
Qu'importe le gréement pourvu qu'on ait l'ivresse...

mardi 27 mai 2008
Réchauffant et apaisant
Il serait temps que l'on parle de chose sérieuse sur ce blog. J'ai fait ce W.E (on m'en a offert une pour tout dire) une découverte toute maritime, je vous en laisse seul juge.
"Ce Rhum ai-je lu sur un site spécialisé, a une belle couleur ambrée et très attractive sur des nuances
café et caramel. Il est également assez concentré dans son aspect
visuel. Le nez est doux : cacao, mélasses, toffee, vanille, caramel. En bouche :
Remarquablement suave et bien arrondie. Une éclosion de saveurs
généreuses et mielleuses ; notes de noisettes et de pain grillé. Au final
: Réchauffant et apaisant."
Au final notez bien, réchauffant et apaisant. C'est clair, je suis tout apaisé bien que n'ayant pas tout à fait perçu au passage dans mon gosier les noisettes, comme le pain grillé. Il me semble toutefois avoir vu un peu de vanille. Par les temps de morosité qui courent, le 1919 est un belle invention contre la morosité ambiante et tout aussi rampante.
Quoi de neuf à part ça : les pêcheurs vont bloquer les ports. Décidément, j'adore ce pays où au moindre problème la solution la plus évident consiste à faire chier les autres et à tout bloquer. Si quelqu'un connaît un autre endroit au monde où il en va systématiquement de même, ayant la gentillesse de me prévenir. Je me sentirai consolé. La semaine dernière, devant la menace (déjà) de blocus, on a vu dans le sud des scènes qu'on croyait réservée au pays en déroute. Queues interminables devant les stations services... J'ai beaucoup de respect pour les pêcheurs, qui comme beaucoup d'autres sont écrasés par la grande distribution, mais les pêcheurs m'interpellent tout de même. Quand il s'agit de limiter la pêche au thon rouge en Méditerranée alors que tous les indicateurs prouvent qu'il est urgent de le faire, ils hurlent à la mort. Ils payent le carburant deux fois moins cher que tout le monde (alors que malheureusement les autres sont aussi confrontés au cours du baril) et c'est la fin du monde. Oui sans soute, c'est la fin d'un monde d'abondance. Un constat qui vaut pour le pétrole et le poisson. Leurs difficultés ne sont pas virtuelles c'est certain mais pour en avoir discuter très récemment avec une personne des milieux autorisés comme aurait dit Coluche, il s'avère que les pêcheurs ne se sont que très peu penchés, mais alors très peu sur le problème à long terme lié aux économies de carburant. "Il y a encore trois ans, ce n'était même pas la peine de leur en parler mais ne dites pas que je vous ai dit ça." Un gros navire de pêche a une consommation gargantuesque. N'aurait-on pas pu s'en préoccuper juste un peu, histoire d'anticiper les problèmes ? Je sais, ce n'est pas politiquement correct de ne pas embrasser à 110% la cause de cet emblème qu'est le pêcheur, statut qu'il partage avec l'agriculteur, pilier des valeurs d'une certaine image de la France. Ce n'est pas politiquement correct mais ça n'a jamais été mon créneau et j'ai déjà perdu confiance dans les agriculteurs quand j'ai appris il y a bien longtemps le nombre de produits chimiques qu'ils déversaient avec application sur les légumes et dans le sol.
C'était mon humeur du matin. A l'heure du café, je suis tout apaisé de la veille mais néanmoins remonté comme un coucou. Je vous laisse, il est l'heure de bosser...
lundi 7 avril 2008
Un chalutier, paisible, dans 45 noeuds de vent..

Port Saint Louis, la semaine dernière. Le vent rabote la plage avec un bel appétit. 40/45 noeuds établi, bien plus dans les claques. A cet endroit le mistral souffle off-shore, c'est à dire de terre. De la terre vers la mer si vous préférez. Qui plus est, nous sommes au bord du golf de Fos, et ces deux éléments expliquent pourquoi la mer n'est pas formée, dans le sens où on l'entend en Bretagne, c'est à dire avec un grosse houle lourde et majestueuse. Longtemps, on a ainsi cru que naviguer en Méditerranée était bon pour les touristes et les jeunes filles, une idée reçue qui persiste encore chez certains individus particulièrement étroits du bulbe. Mais si naviguer en Bretagne dans des conditions difficiles reste une affaire de spécialistes, la Mediterrannée, son vent violent, imprévisible et rafaleux, son clapot court et cassant, en ont surpris plus d'un dans le passé.
Cette photo a été prise alors que le soleil était haut dans le ciel, et sur la gauche de la photo. Ce début de contre jour donne cette lumière métallique et dure. La mer est blanche, le ciel est voilé par la lumière mais la photo a une atmosphère particulière. Mais c'est sur ce genre d'image que la compression induite par la plate forme des blogs donne le résultat le moins intéressant. Le fichier d'origine est pas mal du tout.
lundi 3 décembre 2007
Son métier est de naviguer. Rencontre avec Bill, équipier professionnel

J’ai croisé Bill, de son vrai nom Hugues Leclerc, pour la première fois sur Moonbeam III. C’était aux Régates Royales en septembre 2002. Grâce à Fabrice Hudelot, maître voilier d’Incidence Méditerranée et grand pote devant l’éternel, j’avais eu le privilège de me retrouver à bord d’un des plus beaux voiliers classiques, barré à l’époque par Philippe Lechevalier, qui skippe aujourd’hui le non moins magnifique et immense Eleonora.
Depuis, j’ai recroisé Bill des dizaines de fois, même si, on a jamais trouvé le moyen de boire une bière ensemble. Dans le monde des marins, c’est d'ailleurs un comble et il faudra que nous réparions cette erreur dans les meilleurs délais. Je l’ai revu d’autres fois à bord de Moonbeam toujours fidèle aux grands rendez-vous de la saison classique, ou sur Challenge 12, à réinventer la Cup des années 80. La dernière fois, c'était à Saint Tropez au trophée d’automne à St Tropez où les X41 tiraient des bords dans 40 nœuds.
En fait, je lui dois quelques belles photos. A croire que sa présence m'a porté chance dont une surtout. Il y a deux ans, j’étais au départ des Voiles de Saint Tropez et je l’ai vu debout sur le bout dehors de Moonbeam III. Il y avait peu de vent mais une petit houle résiduelle. Ce jour là, sur la photo, il a donné l’impression de marcher sur l’eau et j'étais le seul à avoir l'instant décisif. La photo a été publiée un peu partout, ses potes se sont mis à l’appeler Moïse.
Bill, c’est son vrai surnom, est un habitué des pontons et plus encore des ponts de bateau. Il a fait ses premiers bords par landau interposé. Superbe anecdote qu'il vous livre un peu plus loin. Plutôt grand, blond, cheveux mi-longs et d’un naturel plutôt discrêt, Bill est un équipier professionnel. De ceux qu’on appelle pour constituer un solide équipage, de ceux qu’on fait venir de Suisse, son nouveau port d’attache, pour régater en Italie ou en Méditerranée. Sa place, son métier font donc forcément rêver tous ceux que la mer passionne. Ses mots et son histoire sont intéressants, je vous les laisse découvrir...
Où as tu passé ton enfance ?
A Rouen en Normandie, mon port d'attache était Le Havre
D'où vient ta passion de la mer ?
J'ai toujours navigué avec mon père. Il raconte qu'a l'époque, il était sur requin, il calait mon landau dans les voiles
Où et comment as-tu appris à naviguer ?
En naviguant avec mon père, il faisait a l'époque des croisières en atlantique, France, Espagne, Portugal, Angleterre, Irlande écosse. Puis en régate sur un 3/4 tonner, Kelt Braz avec André Hurtebize. Nous régations en baie de seine et Angleterre (Cowes).
Quant au comment, de la façon la plus empirique qui soit : en naviguant, en observant, et en posant des questions. Le fait d'avoir souvent eut des équipiers inexpérimentés m'a également beaucoup appris en me forçant a réfléchir, décortiquer et expliquer ce qui ce passe à bord.
Quand as-tu commencé à naviguer très régulièrement ?
Je pense n'avoir pour ainsi dire jamais cessé de naviguer.
Depuis combien de temps est tu équipier professionnel et pourquoi as-tu choisi cette voie ?
Cela va faire environ 6 ans. Pourquoi... et bien suite à un changement important dans ma vie, j'ai choisi de vivre de ma passion. Cette décision a bien sûr été prise en mer. J'avais alors décidé de commencer une activité professionnelle dans la voile (gréement courant et préparation) le fait de devenir équipier pro et venu naturellement et progressivement.
Je t'ai vu sur des bateaux aussi différents que Moonbeam 3, Challenge 12, parles nous en quelques lignes de tes principales collaborations ?
J'ai régaté sur plusieurs supports, la ligne directrice est toujours de naviguer avec des gens avec qui je me sens bien. Chronologiquement j'ai régaté sur Kelt Braz d’André Hurtebize, un 3/4 tonner basé au Havre avec qui j'ai courut en baie de Seine et en Angleterre (Ile de White, Cowes Dinard, Cowes Deauville, etc). Big Bingo à Eric Vernet, un IMX 38 basé a Cogolin : régates entre Saint Tropez et Antibes, tour de Corse, Mediterranean Trophy. L'Ange de Milon à Jacques Pelletier, IMX 40 puis X41 basé a La Trinité avec pour programme les entraînements d'hiver de la Trinité, Spi Ouest, Obelix Trophy, Fastnet. Mr Fips à Patrick Merch, un plan Vaton 52' basé a Marseille, avec pour programme les régates de Marseille, Saint Tropez, Tour de Corse, Routa del Sal, Middle Sea Race. Moonbeam III de Didier Weachter sur le programme des classiques en Méditerranée : Porto Cervo, Imperia, Monaco, Antibes, Cannes et Saint Tropez. Challenge 12 à Patrick Casasnovas, 12 M JI avec pour programme les régates de méditerranée, et championnat des 12.
Voilà, Ceci pour les bateaux avec qui j'ai passé plusieurs saisons, et beaucoup de plaisir.
Expliques-nous ton poste et ton rôle à bord ?
Il change selon les équipages, et les besoins du bateau, N°1, Soutier, régleur, voir barreur. C'est l'avantage d'être polyvalent. La plupart du temps, je suis n°1, comme le dit Marc P.G. Berthier "un bipède censé bouger comme un singe et réfléchir" (ça c'est peut être la partie la plus difficile). En fait dans ce rôle je "gère" la plage avant : envois, changements et affalage de voiles, phases de départ et croisements, en essayant d'anticiper ce que souhaitera le tacticien. Cela couvre un éventail de manoeuvres : différents types d'envois de spi, ou d'affalages, changements de voiles d'avant focs ou spi qui sont réalisés seul ou a plusieurs selon le type de bateau. Un autre poste que j'occupe régulièrement est la soute: pour le principal il s'agit de la gestion des voiles a l'intérieur du bateau : affaler, plier, ferler et ranger les voiles (voir les réparer) puis les ressortir au ordres du N°1. Celui ci prend alors des allures de tortionnaire.
Sur quel bateau rêves-tu de naviguer ?
Ayant déjà la chance de naviguer sur de magnifiques bateaux tels que Moonbeam et Challenge 12 il faudrait être bien difficile pour demander beaucoup plus, je souhaite juste continuer a prendre autant de plaisir avec des équipages aussi agréables.
Est-ce que des plans comme le Volvo Ocean Race te font rêver où t'imaginerais-tu plus sur la Cup ?
As tu déjà essayé de demander a un aveugle s'il aimerai voir ? je pense que pour toute personne passionné de voile et surtout de régate, la Coupe a des air de Saint Graal.
Comment devenir équipier ?
je pense qu'il faut naviguer, naviguer, encore et encore. De nombreux bateaux cherchent des équipiers pour tous types de régates. Il n'est pas compliqué de les trouver, en courant les pontons avant les événements ou en s'adressant aux clubs de voile. Une fois a bord, il est alors facile de s'intéresser, progresser, s'intégrer.
Quel conseil tu donnerais à un jeune passionné ?
Ne jamais perdre de vue que c'est un sport, nous sommes tous là pour prendre du plaisir.
C'est également une compétition, et le minimum que l'on puisse attendre de nous en tant qu'équipier est que nous donnions 100% de nous-mêmes, et cela ne se limite pas au moment de la régate elle même. Un bateau est un tout et il est au combien passionnant de s'intéresser a tout. Cette mer sur laquelle nous allons nous apprend ses règles de respect, fraternité, humilité, exploitation de nos limites, esprit d'équipe; c'est une excellente école de vie.
mercredi 27 juin 2007
Rencontre avec Reno Marca, illustrateur voyageur

Au bout de trois jours, épuisés par la chaleur et le roulis perpétuel, nous arrivons au large de Maintirano. Derrière la grève se lève une colline luxuriante coiffée d'une antenne radio. Mais où est donc le port ? "Dans la mangrove" explique le capitaine sans préciser que pour y parvenir, un obstacle de taille reste à franchir : une barre de deux mètres de haut !
Ce extrait écrit par Claire Marca, fait partie d'un sujet intitulé "Les goélettes du temps jadis" où l'histoire d'un cabotage entre Belo et Maintirano dans le canal du Mozambique. Un court mais intéressant récit de voyage publié par le mensuel Grand Reportage de Juin 2007 et dont la particularité est d'être illustré par des dessins. Et si j'ai apprécié les mots, je dois avouer que ce sont d'abord les dessins qui m'ont "emporté". Superbes et colorés, pleins de vie, de rêve et de vent. Ils sont signés Reno Marca le mari de Claire. Alors j'ai cherché et rapidement trouvé sur internet l'adresse de leur univers personnel et là, j'ai vraiment été séduit par le trait, les couleurs et le style. Javais depuis un moment l'envie d'une nouvelle rubrique régulière pour Tendance Bleue, une rubrique qui parlerait d'hommes et de femmes de mer, qu'ils soient dessinateurs, équipiers, peintres, charpentiers de marines ou surfers. Des gens dont l'amour de la mer serait le point commun. Le travail de Reno et Claire méritait d'ouvrir la série. En lisant les réponses reçues ce matin, je me suis dit que le hasard faisait quelquefois bien les choses car j'ai trouvé dans les mots de Reno des choses qui vous parleront sans doute aussi. Un "besoin" de mer. Un plaisir à prendre le bleu à bras le corps que ce soit sur un pointu, un voiler, un kayak ou un cargo. Un goût pour le voyage avec les mers du monde comme ligne de fuite. Une passion pour les couleurs, les textures et l'âme des choses. Comme le dit Reno, la mer au sens large. Son histoire est intéressante. Tout petit il dessinait des bateaux. Sa passion est venue d'on ne sait où. La mienne aussi d'ailleurs alors je peux comprendre. Aujourd'hui il continue, a fait de ses désirs son métier dont il a spontanément accepté de parler pour Tendance Bleue. Une belle histoire de mer. Une belle fortune de mer...
Si j'ai bien compris, vous êtes breton. Avez-vous navigué très tôt ?
Je réside dans la région de Vannes depuis très longtemps mais je suis né à St Brieuc. Claire est "importée" puisqu'elle est d'origine lyonnaise. En fait je n'ai pas fait beaucoup de navigation à la voile. Mes parents avaient un petit pêche-promenade sur lequel je me suis pas mal balladé dans la région du Golfe depuis mon adolescence. En sortant de l'école, je prenais le bateau seul pour pêcher ou avec des copains. Et sinon je me suis mis très tôt à la pêche en bateau ou depuis la plage.
On ne peut pas dessiner des bateaux de cette façon sans très profondément les aimer. Quel est la nature de votre "rapport" à la mer, quelle est votre histoire avec la mer ?
Ce qui m'intéresse avant tout, c'est la mer au sens large. Naviguer, pêcher, rencontrer des gens de mer et partager leur quotidien. Peu m'importe le mode de transport. Car ça peut aller du kayak au cargo. Mon histoire n'est pas celle d'une famille de marins. C'est plutot une passion qui s'est faite seule, au fil du temps, lentement, en vivant non loin du littoral. Mon goût pour la pêche a nourri cette passion et notre voyage de 45 jours en cargo il y a 4 ans a été l'embryon d'une véritable quète pour toute sortes de voyages maritimes quels qu'ils soient : cargo dans le Pacifique mais aussi pirogue et goélette à Madagascar, bateau de pêche en Thailande ou en Bretagne. Je n'aime rien mieux que trainer dans les ports. Avant tout car ils sentent bons les horizons lointains, le grand départ y est toujours omniprésent et il s'y passe toujours un tas de choses. Et ensuite car j'aime dessiner les vielles carcasses de bateaux. La rouille, les clous et les vieilles tôles me passionennt et sur les chantiers je trouve toujours de quoi me régaler.
Vous avez commencé à dessiner très tôt. Que dessiniez vous au début ? Je veux dire que préfériez vous dessiner, quel sujet revenait le plus souvent ?
J'étais mauvais à l'école donc j'ai encore des tas de cahiers soclaires couverts de dessins. On y trouve un peu d'architecture, et surtout des voitures. J'ai un temps eu l'envie d'être designer automobile. Mais ça n'a pas duré longtemps. Assez vite, j'ai commencé à dessiner...des bateaux ! En classe de Première, un de mes profs d'économie, marin dans l'âme, était suffisamment complaisant pour me conseiller sur les dessins que je faisait pendant ses cours...Quand nous sommes partis pour voyager 3 ans, il y avait des sujets que je maitrisais mal et je me suis donné le temps de ce voyage pour savoir tout dessiner, prendre le temps de me perfectionner, et c'est loin d'être fini...Je suis autodidacte, et n'ai pas fait d'école d'art ou de dessin à proprement parler. J'ai donc encore tout à découvrir!
Certains peintres utilisent des photos pour servir de base à leur travail et extrapoler. Est-ce votre cas ?
Cela m'arrive souvent. Tout d'abord pour répondre à des commandes de clients qui me fournissent de la documentation pour réaliser un travail. Mais également pour nos livres car lorsque je suis en voyage, je dessine le crayon sur le terrain mais je ne fais la mise en couleurs que le soir, dans une chambre d'hotel, à l'aide d'un écran d'appareil numérique. Et ensuite quand nous rentrons en France, je complète ce qui me manque d'après photo. Cela ne me pose aucun problème car je dessine sur le terrain comme chez moi : assis, le carnet posé sur les genoux.
Vos illustrations sont à la fois très réelles mais le rendu du dessin laisse énormément de place à l'imaginaire. Quelle technique utilisez-vous ?
J'ai toujours une base de crayon, dans tous mes dessins. Ce sont des crayons noirs, un peu gras, plus denses qu'un simple crayon de papier. Ensuite je colore avec ce qu'on appellerait une "technique mixte". C'est à dire que je mélange des aquarelles avec des peintures vyniliques, de la tempéra, un peu de gouache ou des encres acryliques, qui me permettent d'avoir une vivacité de tons que l'aquarelle n'offre pas toujours. Je travaille toujours sur du papier Sennelier 300g et je fais même faire des carnets de voyage sur mesure aujourd'hui pour être sur d'avoir le papier et le format qui me plaisent.
Vous retrouverez tout l'univers de Claure et Reno Marca sur le site : www.reno-marca.com. Ce le genre d'adresse internet qui vous invite à prendre votre temps. L'univers de Reno est intimement liée au voyage. Reno capture parfaitement l'ambiance des autres horizons. La locomotive qui illustre la couverture de 3 ans de voyage (livre paru en novembre 2005) est à elle seule une invitation au drop out. Reno ne dessine pas que des bateaux loin s'en faut.
Depuis sa parution "3 ans de voyage" a reçu :
une Mention Spéciale à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2005, le Prix des 5 Continents 2006 dans la catégorie Beaux Livres, une Mention Spéciale, Prix Amerigo Vespucci au Festival International de Géographie de St Dié des Vosges 2006, et enfin e Prix Georges de Caunes 2007 au Festival du Film d'Aventure de Vallauris (FILDAS)
Crédits : Illustrations Reno Marca bien évidemment
