samedi 7 novembre 2009
La route de San Antao

Best Off : billet du 4 décembre 2006. Ce petit flash back sur le Cap Vert, au travers de plusieurs billets publiés fin 2006 et début 2007 s'explique par la volonté de prendre un peu de distance avec la sacro-sainte actualité, veaux d'or des gens qui ont intérêt à ce que le flux ne s'arrêtent jamais, pour revenir au fond. Le voyage, l'expérience, la découverte, les autres. Parce que la photo est aussi un vecteur pour ce genre de chose. J'ai ajouté aussi après quatre ou cinq billet sur le Cap Vert, un autre sur les premières régates à Nice, que certains d'entre vous auront peut-être vu sur Facebook, ce dimanche 7 novembre au soir. On notera que la Louis Vuitton Cup a eu la mauvaise idée de se dérouler au même moment que le départ de la transat Jacques Fabre et qu'au pays de la course au large, ce genre de timing ne pardonne pas. J'étais pas mal sur la route entre hier et aujourd'hui, toutes les radios parlait de la Jacques Fabre, aucune n'a fait ne serait-ce qu'une aparté sur le LVT. A part ça, petit temps sur Lüderitz, rien de nouveau coté vitesse à la voile.
Je retrouve souvent ce mot dans les recherches par mots clé qui arrivent sur le blog. Ce n'est pourtant pas une destination à la mode, pas un plan pour touristes. C'était et ce doit être toujours une île difficile d'accès avec plusieurs étapes à accomplir avec des correspondances qui n'en sont pas, et des horaires aléatoires. Qu'une tempête se lève et c'est courant, les bateaux de liaison ne naviguent plus. Que les vents de sables s'en mêlent et la liaison Sao Vicente vers Sal en prend un coup. Revenir vers chez vous peut prendre alors plusieurs jours. Je mesure aujourd'hui quellle chance j'ai eu d'aller là-bas. Le temps ne m'était pass compté. Ce n'est pas forcément une route que l'on choisit pour ses vacances. San Antao est un voyage, là-bas il faut du temps à perdre même si au final on s'aperçoit qu'il ne sera pas perdu si vous savez vous servir de vos yeux et oublier les deux derniers siècles. Si vous avez un appareil photo, il y a de quoi y passer des semaines. La route qui traverse l'île et qui va du port pour se rendre à Ribeira Grande en passant par le sommet du volcan Cuorvo est une route comme on en voit peu. Elle part d'un désert de lave, taille son chemin dans la pente aride et surchauffée, jongle le long de précipices et de pentes inconcevables où s'accrochent quelques cultures et finit par traverser des forêts sur les flancs du cratère où l'air est frais et où coulent des sources. Là des hommes cultivent et le spectacle est grandiose. Ensuite elle descend jusqu'à Ribeira Grande, improbable bourgade aux maisons colorées. Je pourrai écrire des heures sur le Cap Vert même si les mots ne reviennent pas tous facilement.
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