samedi 7 novembre 2009
San Antao

Best Off : billet initialement publié le 5 novembre 2006, lors des premiers mois de fonctionnement de de blog.
Une autre facette du Cap Vert. Des terres dénudées, et de vert il n'est plus question. C'est la face B de cet archipel. Mais à quelques kilomètres de cet endroit là, une route mène au sommet d'un volcan entouré de terre fertile et de végétation. Ne pas se fier aux apparences. San Antao est sans doute l'île qui vous prend le plus aux tripes. J'y étais, il y a une bonne dizaine d'années, mais mis à part quelques rares voitures, on pouvait dire que la 20 ème siècle n'était pas arrivé jusque là. Curieux sentiment alors que celui de l'homme blanc venu en avion chasser les vagues, les sensations fortes et les belles images, curieux sentiment alors que celui que je ressens à chaque fois qu'un reportage m'amène dans pays à la beauté surprenante et où les mots modernité, progrès, rendement, confort, besoin, consommation et tant d'autres qui ne nous font pas tous honneur, ne sont que des coquilles vides. Des lieux où le simple fait d'exister et de vivre, demande un effort quotidien et où le superfu n'existe pas. Reste alors le sentiment que d'être simplement là est un grand bonheur simple, que le sourire et la poignée de mains seront les simples et seules monnaies d'échange, mais une monnaie basique dans le sens essentiel du terme, et que chacun devra de son coté, faire avec les contradictions du monde. L'appareil photo ultra-moderne d'une coté, l'extrême dénuement de l'autre. Le fait de "témoigner" comme on dit souvent dans les Festivals de Photographie ne suffisant pas à balayer ce drôle de sentiment de culpabilité qui assaille alors celui né du bon coté. Mais bon, ne pas se fier aux apparences encore une fois, ne pas tirer de conclusion hâtive comme ces voyageurs qui pensent en découvrant la pauvreté, que le bonheur ne peut se concevoir que dans l'acceptation occidentale et moderne du terme et que l'on peut changer facilement le cours des choses. La réalité est plus complexe. Leur imposer la nôtre ne m'ayant pas souvent semblé le plus adapté.
Nous nous arrêterons dans une distillerie ou le pressoir est actionné par un boeuf qui tourne en rond et partagerons un verre de rhum chaud tout juste confectionné. Tant d'années après le souvenir est toujours fort. Photographe peut être parfois le plus beau des métiers. Parfois.
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