vendredi 29 juin 2007
Chapitre 3 (extrait) : paysages de mer. Maîtriser l'exposition
Après l'extrait du premier Chapitre consacré au matériel, l'extrait du second dédié à la technique photographique, rentrons dans le vif du sujet du livre Photographier la mer et la voile avec le Chapitre 3 qui aborde la photos des paysages de mer (et des ambiances marines). J'y aborde les fondamentaux concernant le cadrage, l'approche au 50 mm, ce qu'il faut savoir pour jouer avec les perspectives avec l'aide d'un grand angle et à l'inverse j'explique comment isoler une scène au sein d'un paysage en travaillant au zoom. Ensuite vient cet extrait sur l'exposition, très importante en paysage, notamment pour bien rendre les couleurs et les textures. Enfin le Chapitre balaye quelques grands exemples avec une photo explicative à chaque fois : comment photographier une plage de rêve, un rivage accidenté style côte sauvage, des vagues en pour terminer des ambiances de ports.
Maîtriser l’exposition
Le mode de mesure de la lumière des appareils photos modernes donne aujourd’hui d’excellents résultats mais, nous l’avons vu dans le chapitre précédent, il vous faudra quelquefois dépasser les automatismes – ou pour le moins les surveiller – pour obtenir le rendu d’image que vous souhaitez. Il y a différentes raisons à cela mais l’essentiel est de bien comprendre que l’exposition est en partie une affaire d’interprétation. Dans certains cas, une différence de deux diaphragmes par rapport au choix de l’appareil peut même donner une image différente. Ne laissez donc pas systématiquement votre appareil décider ce qui est bien pour votre photo, d’autant que cette variation influe directement sur l’éclat et la saturation des couleurs à l’image.
Une lumière parfaite. Ici, c'est le léger contre-jour qui est important car il donne de la matière à ces quatre voiles en triangle s'élançant vers le ciel, dont les couleurs s'accordent à merveille. Pêche traditionnelle en Indonésie.
Par ailleurs, tous les appareils ne réagissent pas de la même manière. Certains ont tendance à donner systématiquement des images claires (légère surexposition), d’autres à faire l’inverse (sous-exposition) et tous ne maîtrisent pas les situations délicates. Ce sera donc à vous de vous adapter. Rassurez-vous, vous n’opérez plus en aveugle comme au temps de la diapositive et l’écran de contrôle ainsi que l’histogramme (voir chapitre précédent page XX) seront vos deux repères pour agir.
Il n’y a pas qu’une seule et même bonne exposition pour une scène. Suivant les images, une variation de plus ou moins un diaphragme peut tout à fait aboutir à une autre image acceptable.
En photo de paysage ou d’ambiance marine, le rendu du sable d’une plage, d’un rocher, de la végétation, sans compter celui de la mer, varieront en fonction de l’exposition. Vous trouverez ci-dessous plusieurs moyens d’agir sur ce facteur.
La première méthode, la plus simple, consiste à laisser faire l’automatisme tout en utilisant la fonction bracketing de votre boîtier. Cette fonction vous permet de faire plusieurs images d’une même scène, mais avec des expositions différentes : en général, le bracketing donne une image exposée normalement, encadrée par deux images, une sous-exposée et une surexposée. L’écart d’exposition entre deux vues dépend de la valeur que vous avez initialement choisie : par exemple 0,3, 0,5 ou 1 IL. Il est par ailleurs possible d’associer le bracketing à la correction d’exposition afin de décaler l’éventail des vues : une image exposée normalement, une à - 0,5 IL et une à – 1 IL. C’est généralement plus judicieux.
Il est également possible d’utiliser la mesure Sélective ou la mesure Spot dans les cas où elle se justifie, c’est-à-dire quand une zone de l’image, assez différente des autres en termes de luminosité, vous semble être celle où l’exposition doit être la bonne. Cette technique est adaptée dans les cas où vous constatez des oppositions entre zones claires et zones sombres.
Enfin, vous pouvez travailler en Manuel avec une cellule à main indépendante vous permettant de tenir compte de la lumière incidente. C’est une technique idéale quand la lumière est assez homogène et le sujet uniformément éclairé mais que vous souhaitez vous affranchir soit d’une lumière très forte, soit d’un problème de réverbération. Elle permet également d’obtenir un rendu fidèle des tons sombres de votre composition, des rochers noirs par exemple, ou des tons clairs comme des voiles blanches, que les automatismes ne traduisent pas de façon idéale.
Dernier point (qui fait l'objet d'un encadré dans le livre), la profondeur de champ. Ce paramètre déterminant en paysage dépend avant tout de la valeur du
diaphragme. Plus celui-ci sera fermé (grand chiffre), plus la
profondeur de champ sera grande. Elle sera également plus grande pour
une mise au point sur un sujet éloigné, ce qui explique qu’on puisse
malgré tout obtenir des zones de netteté assez étendues avec de longues
focales et des ouvertures modérées.
La composition est quelquefois supplantée par les textures et les couleurs – sur cette image, le noir du rocher en premier plan et la texture de la végétation en arrière. Le bleu intense de la mer et le petit point rouge du phare finissent de faire circuler le regard.
Parfois, la composition d'une image s'avère difficile, mais une opposition de couleur peut suffire. Le rocher noir à droite et le cocotier à gauche sont les deux seuls points d'accroche du regard. Plage de sable noir de la côte nord de la Martinique.
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