mercredi 2 décembre 2009
Poor lonesome photographer
Si vous croyez que c'est facile tous les jours... Je ne voudrais faire filipper personne mais ma piaule est juste à coté de ce cocotier près duquel je vais boire mon café pour regarder le soleil se lever.
Bon, pour tout dire, je n'ai pas eu l'occasion de faire beaucoup de photos jusqu'à présent. Enfin, le miminum syndical, je vous rassure. J'ai presque passé plus de temps à lire le bouquin de Chalumeau qui est excellent. Pour revenir à l'écriture qui reste quand même mon deuxième cheval de bataille ou le premier selon les périodes, Rock'n4Folk et les plumes comme celle de Chalumeau ont sévèrement dépoussiéré la façon d'écrire, même s'il s'est souvent avéré difficile voire impossible d'écrire de façon si décapante dans nombre de revues plus tard, un rédacteur en chef bienveillant trainant toujours par là pour vous dire que vous poussiez mémère dans les orties. Ce qui parfois était vrai. Les magazines de windsurf nous ont laissé, il faut l'avouer, l'occasion de se lâcher dans les années 90, mais rien n'a été si délirant que ce qui a pu s'écrire dans les canards de rock a une époque. Seul sans doute, sans faire de nostalgie, Hervé Hauss aura su donner une dimension quasi mythologique au début de l'épopée du windsurf à Hawaii justement, et ailleurs. Je me rappelle d'ailleurs mes débuts de "scribe" en posant mon premier pied (respectueux le pied) à Mauï en avril 1990. Mais bon, c'est loin tout ça...
Big Island
Mercredi 2 décembre, milieu de matinée en heure locale. Ancienne coulée de lave du Kilauea. J'avais presque oublié la qualité de la lumière hawaïenne, les odeurs, l'ambiance, la chaleur, les alizés qui secouent les cocotiers. Est-on vraiment en décembre ?
A part ça, j'ai attaqué "Amérique, chroniques" de Laurent Chalumeau. Ca attaque fort dès les premières pages.
mercredi 25 novembre 2009
Leçon de photo...
Ouvrez grand vos yeux, ouvrez grand votre esprit. J'ai récemment parler des évolutions du "marché" photographique. Je ne voudrais pas non plus laisser à penser que je suis pessimiste. La photographie change, c'est un fait mais les faits sont là, le talent trouvera toujours à s'exprimer et la photo est de plus en plus passionnante. La photographie est en plein mouvement, les influences sont plus nombreuses, les sources d'inspiration se croisent, à chacun de faire son mixage. Je parlais de talent. En cherchant sur le net des graphismes et des designs pour wordpress, je suis tombé sur le site de Fredrik Clement. Je suis resté scotché. Passons rapidement sur le conception du site en elle-même, c'est bluffant et j'adore, pour nous attarder sur les photos. Prenez le temps de regarder. Vraiment. C'est puissant, évocateur, très graphique mais pas seulement. Les portraits sont saisissants, les photos de cyclisme notamment, sont énormes.
lundi 23 novembre 2009
Photo shooting Bayliner 2010

En ligne sur mon site : www.thierryserayphotography.com. Il y a deux sélections : un best of avec 67 photos et une autre sélection plus large avec 176 images accessibles par la page GALERIE du site. Pour la petite histoire, ce shooting aura été une rude épreuve sur le plan météo. Nous avons débuté en octobre et terminé un mois plus tard, après de multiples reports. Jamais, nous n'aurons bénéficié de la météo rêvé et il aura fallu composer avec les orages, le ciel gris, les averses, les entrées maritimes, les coup de vent d'est. Il aura aussi fallu coordonner les planning de chacun mais au final, tout s'est déroulé sans un problème. Nous aurons eu aussi des lumières belles et différentes qui nous aurons permis de faire des prises de vues classiques et des choses plus décalées. J'en profite pour remercier Axel et Lucille pour leur patience et leur disponibilité, José pour son accueil, son efficacité et sa bonne humeur, son fabuleux bateau, les repas du midi, l'apéro, et ce fantastique petit resto de Solies, son fils pour le coup de wake, Valentin pour notre travail en vidéo et enfin Nicolas pour sa confiance.
Visible en grand sur mon site pour plus de confort visuel...
Bayliner 2010 photo shooting : Best Of - Images by Thierry Seray
Loftboat

Beau cockpit non ? Et si je vous disais qu'en plus il est agréable et fonctionnel.... On y est bien pour naviguer, on s'y sent bien, et en photo, il y a beaucoup de belles lignes et de beaux volumes à se mettre sous l'objectif. L'approche des volumes intérieurs est elle aussi intéressante et ne vous en tenez pas à l'aspect design même si vous avez le droit de ne pas aimer. C'est très géométrique, très blanc mais il y a fort à parier que dans sa version définitive, l'intérieur sera probablement optimisé par l'apport d'autres matières, d'autres tons et de finitions supplémentaires. Vous préférez le look chalet suisse des années 50, c'est votre problème... L'intérieur du Loftboat n'est pas qu'innovant sur le plan du look, il est aussi bien pensé. Enfin, le bateau possède aussi d'indéniables qualités en navigation avec un très bon confort en navigation, y compris au près dans la houle courte du sud. Pour l'anecdote la lumière du flash est un peu uniforme sur la photo d'intérieur mais en sortant mes flashs ce jour là, j'ai eu la double et désagréable impression de constater que l'un des 540 EX ne fonctionnait pas et que la griffe de mon Mark III était oxydé donc pas de TTL. Bilan, j'ai fait les photos avec un flash et en manuel... Dur métier.

vendredi 20 novembre 2009
Au large...

Je manque un peu de temps ce soir mais il faudra que je vous parle de ce bateau pas comme les autres. C'était aujourd'hui au large de Toulon. Ciel bleu, flux de secteur Est, 25 noeuds établi. Que du bonheur. Je sais, en ce moment, je suis tous les jours au large de quelque part et pétard que c'est bon...
Porquerolles, hier après midi

Une fin novembre pas vraiment désagréable, bien que la lumière ait été capricieuse, après une période météo turbulente. Il aura fallu un attendre un mois pour terminer ce shooting de trois bateaux, commencé en octobre. Mais tout vient à point à qui....Crédit photo : Thierry Seray
mardi 17 novembre 2009
Wake style
Il y a beaucoup de tendance dans le kitesurf. Le freestyle est sans doute le courant le plus mis en avant par les constructeurs, même si on peut douter sur le long terme du coté judicieux de cette obnubilation. La pratique du rider lambda étant assez éloigné de ce que font les top guns. C'est ce qui a tué le windsurf mais passons, là n'est pas le sujet. D'autant que le freestyle, ça tue les ours comme on dit. Ce que font les top riders reste source d'innovations, de progression et surtout de fascination, tant le niveau grimpe année après année. Regardez bien cette vidéo d'André Phillip du team Cabrinha, tournée à Mauï par Eliott Leboe, ex rider dont je dois avoir des diapos quelque part, reconverti depuis à la production vidéo. Regardez bien ce que fais André Phillip en wake style et notez bien qu'à plusieurs reprises il est en... wake skate. Je précise pour ceux qui ne connaissent pas, que ça signifie que sa planche ne possède pas de footstraps, qu'elle n'est donc pas liée à ses pieds. Il s'en sert comme d'un skate. Oui, oui. Comme d'un skate, sauf qu'il est dans les vagues et qu'il a la voile à gérer. Je vous laisse seul juge.... Crédit photo : Cabrinha
Voilà à quoi ressemble un run à 50,98 nds...
C'est en Namibie, c'est en kitesurf, il s'agit d'Alex Caizergues et c'est filmé à 100 frames par seconde avec une caméra Red mais compressé pour U-Tube autant dire mâché et piétiné. En l'occurrence par la même équipe que celle qui a tournée Addikt 2, le film de F.One dont a parlé ici même il y a peu. La même en vitesse réelle ici. Seule reproche que je ferai à cette séquence très ciblée, elle ne donne pas à voir les conditions sans doute très difficiles (40 à 45 noeuds) d'un record de vitesse. Bon, c'est un peu de la faute à Alex qui donne l'impression de faire du cruising à 25 noeuds, il ne bouge quasiment pas j'hallucine vraiment, alors qu'il tape du 50 nds dans 15 cm d'eau. Ca tue les ours comme on dit.
lundi 16 novembre 2009
La photo est devenue un produit comme un autre
Nouveau billet en réaction aux divers commentaires du billet précédent. La situation que je décris et qui n'a rien de dramatique, je tiens à le souligner, est due à la conjonction de plusieurs facteurs dont les deux principaux sont la dématérialisation de la photo, facteur clé conjugué à un deuxième élément technique, la présence d'un réseau qui a permis sa très large distribution. Ajoutez là-dessus la démocratisation des reflex performants, couplée au désir des centaines de milliers d'amateurs d'être "publiés" ou simplement "vus", et en cela on ne peut leur en vouloir, et vous faites exploser un marché jusque là difficile mais qui fonctionnait. C'est très comparable à l'arrivée de la grande distribution dans le petit monde de l'épicerie des années 60. Les photographes sont des épiciers, les 2/3 vont se faire broyer, c'est le tarif d'un changement majeur. Le mec qui vous demande une photo gratuite n'est autre que l'acheteur de grande surface qui écrase le producteur local en lui faisant miroiter le volume. Ensuite il y a la presse qui souffre à la fois d'une baisse de diffusion et qui est de plus en plus aux mains de financiers qui se revendent les titres. La plupart des décideurs ne regardent pas le contenu mais les chiffres de vente des pages de pub. Dans quelques cas la diffusion est accessoire sauf quand elle devient tellement faible qu'elle ne justifie plus les tarifs de pub. Et encore, certains journaux "vitrines" à la diffusion confidentielle arrivent quand même à fonctionner. Dans ce cas là, la photo est un accessoire de remplissage. Heureusement, ce n'est pas toujours le cas.
Dans ce contexte, la photo est devenue un produit comme un autre qui subit la loi du marché. Profusion d'offre égal chute des cours. Pour répondre à Christian, les journaux fixent leurs prix, ils ont des barèmes, auxquels ils achètent les photos. Sauf à avoir des photos un peu chaudes montrant une cruche de la TV réalité en mauvaise posture, les tarifs ne se discutent pas. Tu acceptes ou te refuses. A toi de juger. Ensuite, la seconde remarque de Christian est intéressante. La réponse est la suivante : une photo prise avec un compact peut valoir des dizaines de milliers d'euros et une autre prise avec 12 000 € de matos peut valoir peau de balle. Il faut en être conscient. D'une manière générale, les prix ont chuté au moment même où avec le numérique, les photographes n'ont jamais autant investi. Mais ils ont un peu plus de contrôle si ils savent se servir des outils à leur disposition. Après, à la suite de ces multiples constats, chacun peut choisir de devenir ou de rester photographe. Un métier qui ne consiste pas uniquement à prendre des photos en se voyant comme un cador en attendant que les diffuseurs viennent vous chercher, à moins d'être le talent de ce siècle, mais à faire un travail global dont prendre des photos est une partie. Il faut avoir un savoir faire, un ou plusieurs sujets de prédilection, un vrai réseau de connaissance doublé d'un deuxième réseau de distribution celui-là, il faut avoir des idées, du matos et de l'énergie à revendre. Mais c'est un beau métier je persiste.
De temps à autre un mec vous appelle pour avoir vos images gratuitement. C'est désagréable mais bon, il faut savoir éconduire avec tact. Il trouvera une photo, une autre peut-être. Mais j'ai vu certains cas où le mec qui voulait du gratuit retéléphone la semaine suivante pour demander le prix, répondre qu'il trouve ça trop cher et finalement passer commande après l'argumentaire. La photo est devenue une chose qui circule en partie gratuitement et en cela les photographes devraient ne pas aimer internet. Mais il y a encore des gens pour mettre le prix pour un bon job créatif, et fait en temps utile, même si celui-ci à chuter dans certains cas. La loi du marché. La photo est devenue un produit, il faut le savoir. Ca ne lui retire pas ses attributs "artistiques", je prend les mots avec des pincettes. J'ai déjà dit ici, que dans 90% des cas, les photographes sont des créatifs. Ah oui, j'allais oublié l'essentiel. Les photographes se font décimer en partie parce qu'ils n'ont jamais voulu adopter un vrai statut, préférant se cacher pour nombre d'entre eux derrière celui d'auteur. Aujourd'hui tout le monde peut vendre des photos et des agences peuvent vendre des images à 1€ alors que la vente à perte est interdite au moins en France. Avec un vrai statut, pignon sur rue et numéro de Siret, les photographes en tantq eu corporation auraient pu se défendre. Avec le statut d'auteur, ils ont préféré rester dans le flou et payer moins de charge. Les révolutions industrielles ont toujours fait du déchet...
Free of charge
Ce genre de chose arrive mais là, la demande était tellement directe que je vous en parle. Je reçois ce W.E une demande d'image via la plate forme de mon site internet. C'est un éditeur étranger qui possède apparemment la license d'une grand magazine de nautisme européen. Il a vu les photos du coup de vent à Marseille, on a choisi deux, me précise lesquelles il souhaite publier et me dit texto en anglais : "nous n'avons pas de budget pour les photos, pouvez vous donc nous les envoyer libre de droit". Quand c'est dit avec tant de naïveté c'est presque charmant. J'avais eu peu ou prou la même demande il y a peu provenant pourtant d'un groupe (une TV pour tout dire) qui par ailleurs a les moyens. J'ai donc préciser à ce monsieur que je consacrais un gros budget à mon équipement, que je passais du temps à aller chercher les bonnes images, enfin que je consacrais aussi du temps et du budget pour que ces photos soient en ligne et qu'ils puissent les voir.
Comme je venais la veille de commande Adobe CS4, clôturant ainsi deux mois d'investissement, il me semblait bon de lu rappeler la réalité des photographes. Que vous soyez pro (mais vous connaissez alors la musique..) ou amateur désireux de vous faire une place au soleil, ne laissez quasiment jamais filer vos images gratuitement ou alors très rarement dans la cadre d'une échange bien précis ou chacun a quelque chose à y gagner, et avec quelqu'un qui part ailleurs est un client régulier ou a une très grande probabilité de le devenir. Ne vous laissez pas berner par le niveau zéro de l'argumentaire qui consiste à dire, on mettra votre nom et un lien, c'est en général la moindre des choses. On ne vous renverra jamais la balle et votre nom sera oublié le lendemain. A l'heure du crowdsourcing, vous êtes lambda et vous avez l'assurance de le rester si vous donner vos photos. La photo est un business en pleine transformation, avec beaucoup d'images en libre circulation et ce genre de demande est amenée à croître. Il y aura à l'avenir deux camps : ceux qui accepteront d'en donner croyant trouver ainsi les clés du paradis (être publié et en filigrane devenir pro) et ceux qui continueront à avoir une approche professionnelle. Ceux qui le plus souvent zappe le budget photo, ne zappent pas d'autres budget : la papier, l'hébergement internet, les salaires ou autre frais. Envoyez les gentiment et poliment se faire foutre. C'était l'humeur du matin.
Dans Course au Large
Petite parution dans Course au Large ce matin avec une photo de Groupe Bel prise dans cette séance photo d'anthologie l'année dernière au large de la Camarague. A part ça, rien de nouveau du côté de Luderitz, le dimanche n'ayant pas été aussi concluant que le samedi. A suivre tout de même cette semaine.
dimanche 15 novembre 2009
50,98 nds
50,98 noeuds pour Alex Caizergues samedi à Luderitz et 50,95 pour Rob Douglas. L'Hydroptère a encore un peu de marge pour l'instant, 0,38 nds pour l'instant, ça ne sera pas forcément si facile à gratter mais ça reste dans le domaine du possible... si les conditions se stabilisent à Lüderitz. Wait and see. D'après le feedback d'Alex, c'est davantage la qualité du plan d'eau qui pose problème, les kiteboaders ayant beaucoup de difficulté à tenir le parquet quand la surface devient difficile. A 100 km/h sur l'eau sur une planche ultra-étroite et pas vraiment longue, on imagine...
mardi 10 novembre 2009
Je n'aime pas l'hiver...
A quelques exceptions près. Ou tout du moins, je n'aime pas subir l'hiver, le froid au bord de l'eau, le froid sans la montagne, le froid sans la neige. En fait, c'est peut-être une excuse pour vous dire que je n'ai pas le coeur à blogger en ce moment alors même que j'ai juste quelques heures de boulot pour lancer la nouvelle plate forme de Tendance Bleue. Je me rends compte cependant que pour la rendre opérationnelle, je dois trouver ce qui sera vraiment sa nouvelle identité. Non pas que je veuille totalement en changer, non pas que je veuille abandonner la base line "La mer au travers de la photo et inversement" mais je souhaite sans doute que l'image qu'elle soit fixe ou animée, y soit plus largement représentée, qu'on parle sans doute un peu plus de technique de prise de vue, mais pas forcément de millions de pixels et de culture visuel en général. Une chose est sûre, on ne se pignolera jamais à l'avance sur les futurs sortie en imaginant les fiches techniques sans parler de ce qui fait l'âme de la photo, la démarche, le sujet, la sensation ou l'idée
Je dois aussi terminer de mettre en place un autre blog, ou plutôt un photoblog (à vocation international donc en anglais) qui viendra s'adosser à mon nouveau site web : www.thierryserayphotography.com, et qui me permettra de blogger uniquement en image, donc de mettre en avant certains aspects de mon travail que je n'ai pas assez souvent l'occasion de montrer, faute de cadre adéquate. Je vais aussi reprendre du temps pour aller traîner ça et là avec mon boîtier. La dernière fois, ça m'a plutôt réussi. Il y avait une tempête, c'était à Marseille...
Bon, je vous laisse avec un film de surf sur lequel Sylvain (Exotibus) a attiré mon attention. Une grosse prod dans laquelle on aperçoit encore Vincent Laforêt... Une grosse source d'inspiration ce film. Et ce mec d'ailleurs qui secoue sérieusement l'univers du film de surf pourtant assez bon par ailleurs.
lundi 9 novembre 2009
Interview Sebastien Cattelan, Monsieur 50 noeuds
Si tout le monde a bien retenu le nom d'Alex Caizergues, recordman du monde de vitesse à la voile en kitesurf avec une vitesse de 50,57 noeuds et ex-recordman du monde tout court avant que l'Hydroptère vienne graver sur les tablettes du WSSRC un nouveau et fabuleux chiffre, clôturant ainsi une des périodes les plus folles que la vitesse à la voile avait jamais connue (et que Tendance Bleue aura suivi dès juin 2007...), il est bon de se rappeler que Sebastien Cattelan a été le premier humain a passé officiellement la barre mythique des 50 noeuds. Aujourd'hui alors que tous les plus rapides kiteboarders de la planète sont en Namibie pour tordre le coup à l'Hydroptère, j'ai interviewé Seb pour le site Flysurf.com (entre 3 et 4 millions de pages vues par mois pour une fourchette de visiteurs uniques avoisinant les 80 000, donc gros traffic). Il est aussi l'organisateur du Lüderitz Speed Challenge
Depuis début Novembre, tout ce que la planète kite compte de roule ta bille du run sont à Luderitz, bled paumé au fin fond de la Namibie. Coincés entre le désert et un vent un rien inhumain, ils ne sont là que pour poursuivre l'un des plus vieux rêves de l'humanité, celui d'aller toujours plus vite. Dans très peu d'eau mais beaucoup de vent, ils font inexorablement monter mes enchères chaque année. A ce petit jeu, il ont invité la plus simple embarcation du monde à la table séculaire des gardiens de l'esprit du yachting. Même les lord anglais et autres cerbères du WSSRC ont plié et fait chapeau bas. Sébastien Cattelan est à l'origine de cet événement pas comme les autres, Le Luderitz Speed Challenge, monté à l'arrache et à l'énergie mais dont la résonance est pourtant planétaire. Découvreur du spot, premier homme à avoir franchi les 50 noeuds malgré une casquette d'organisateur qui en aurait freiné plus d'un, il récidive cette année dans le double costard. Chef d'orchestre et soliste. Les autres peuvent lui en être reconnaissant, le taulier offre gîte, couverts, challenge sportif et apparemment "entertainment" sur un plateau. Une interview de Sebastien Cattelan n'est jamais un moment anodin puisqu'il manie le mot et le trait d'esprit comme une arme de précision. Vous noterez pourtant que Mr Cattelan prend ici le pas sur Catman. Cet interview laisse en effet apparaitre l'épaisseur d'un personnage qui prend son rôle au sérieux. Ce qu'il dit aussi à propos de l'ambiance là-bas vaut son pesant d'or. A l'heure où les enjeux et les égos pourraient déliter l'ambiance, Seb nous parle d'un groupe soudé sous le sceau d'une même aventure. A la question de la com sur les V-max qui avait tout de même provoqué quelques ruades chez les pur-sangs parqués du coté de Luderitz, le Seb s'en sort plutôt bien. Le Luderitz Speed Challenge se déroule tout le mois de novembre et c'est qu'on leur veuille ou non, l'un des événement phare du kitesurf au niveau planétaire. A l'orée de 2010, l'univers du kitesurf n'a jamais été aussi passionnant. On peut regarder du coté de Luderitz, admirer les films comme Addikt 2 de F.One et le dernier opus de Ben Wilson, se régaler des performances en freestyle ou des tendance strapless, on peut se raisonnablement se réjouir du développement de la longue distance et du snowkite et se dire que le kitesurf est un sport qui commence vraiment à mûrir. On laisse la parole à Seb. C'est sur Flysurf.com et nul part ailleurs.
Tendance Bleue : Coureur et organisateur. Double casquettes et deux fois plus de taff. Pas trop difficile à tenir comme challenge ?
On est jamais mieux servi que par soi-même, c'est trop de boulot mais que du bonheur. Ca me rempli le cœur de voir des riders de tout horizon et de tout poil dévaler le run à corps perdu .
Tendance Bleue : tu avais un partenaire sur l'organisation l'année dernière ? Qui t'aide cette année ?
Plusieurs personnes participent à l'organisation sur un événement de cette envergure. J'avais un associé officiel depuis le début mais qui s’est révélé finalement être vraiment bidon. La première impression est toujours la bonne, avec un physique pareil il aurait au moins pu être bon comptable, même pas ! Maintenant je n'aurai plus de mauvaise surprise et pourrai dormir en paix. Je lui ai donné sa chance et il m'a trahi. A présent je suis épaulé par Sophie Routaboul qui dirige la société so eVENT . Une organisatrice de talent et de charme qui est efficace quelque soit le problème.
Tendance Bleue : Luderitz commence par un gros coup de baston et tu communiques sur les V-Max. Impressionnant forcément (bravo pour ton chiffre..) mais jeux dangereux tu ne l'ignores pas. Alors pourquoi ?
C’était pas voulu, je le jure. J'ai toujours communiqué sur le GPS car cela nous donne le potentiel réalisable. Pour ce qui est de la prise de risque, le jour ou je m'arrêterais d en prendre, c est que je serai mort. L’important est d’aller au bout des choses.
Tendance Bleue : le Luderitz Speed Challenge est un événement planétaire sur les plan des retombées et des résultats et pas de gros sponsor officiel. Pourquoi ?
C'est la crise même au pays des diamants. L'an dernier, j'ai annoncé que l’on allait enfin passer la barre des 50, on l’a fait. Luderitz est une valeur sûre. C'est une épreuve historique avec une communication généraliste. Malgré avoir fait beaucoup dans ce sens, tout le monde reste sur la réserve. Apparemment, mêler son image à une aventure positive au bout du désert serait trop de risque. Si un lecteur est intéressé… à votre bon cœur !
Tendance Bleue : chaque année, il se passe quelque chose de fort. La pression devient plus forte j'imagine. Est-ce que l'ambiance a changé en deux ans ?
Elle s'est améliorée. Tels des camping-caristes qui se retrouvent tous les ans autour d'un Ricard, à un détail près : cette sensation de graver son nom dans l histoire de ses rêves. Cela nous lie en une confrérie. Ce but unique nous canalise et résout tous les problèmes de la vie. Le fait d'aller tous dans la même direction nous permet d'éviter les conflits. J'ai loué une maison pour vingt personnes, genre « loft story », avec barbecue no futur et organise d’autres activités anti-pétoles genre trip cata au milieu des baleines, dauphins et autres gros phoques. Ce matin petit déj’ à la ville fantôme : ancienne mine de diamants. D'autres réjouissances restent à venir : safaris, quad dans le désert namibien, shark fishing entre coupé de maxi sessions freestyle et vague .
Tendance Bleue : est-ce que la pression sur le run ne devient pas plus difficile à gérer ?
Côté stress, j'ai connu pire, genre a Fuerté avec un banc d'espagnoles affamées qui t'attendent en raclant la poussière d'un coup de talon. C'est là que tu chopes ton herpes , hein Alex ??
Tendance Bleue : on ne t'imaginais pas forcément aux commandes d'un événement. Pourquoi as-tu plongé dans ce job difficile ?
Il fallait que ce soit un rider qui prenne les commandes . Je me suis retrouvé a faire ça a temps plein toute l'année. C'est un nouveau challenge pour moi. Je rassemble toute mon expérience et mon énergie, le Catman faisant place au Sébastien Cattelan.
C'est la suite logique après avoir couru pendant une bonne quinzaine d'années. C'est un concept qui offre la chance de s exprimer : 2 caméras , 1 résultat , 3 possibilités...
samedi 7 novembre 2009
La route de San Antao

Best Off : billet du 4 décembre 2006. Ce petit flash back sur le Cap Vert, au travers de plusieurs billets publiés fin 2006 et début 2007 s'explique par la volonté de prendre un peu de distance avec la sacro-sainte actualité, veaux d'or des gens qui ont intérêt à ce que le flux ne s'arrêtent jamais, pour revenir au fond. Le voyage, l'expérience, la découverte, les autres. Parce que la photo est aussi un vecteur pour ce genre de chose. J'ai ajouté aussi après quatre ou cinq billet sur le Cap Vert, un autre sur les premières régates à Nice, que certains d'entre vous auront peut-être vu sur Facebook, ce dimanche 7 novembre au soir. On notera que la Louis Vuitton Cup a eu la mauvaise idée de se dérouler au même moment que le départ de la transat Jacques Fabre et qu'au pays de la course au large, ce genre de timing ne pardonne pas. J'étais pas mal sur la route entre hier et aujourd'hui, toutes les radios parlait de la Jacques Fabre, aucune n'a fait ne serait-ce qu'une aparté sur le LVT. A part ça, petit temps sur Lüderitz, rien de nouveau coté vitesse à la voile.
Je retrouve souvent ce mot dans les recherches par mots clé qui arrivent sur le blog. Ce n'est pourtant pas une destination à la mode, pas un plan pour touristes. C'était et ce doit être toujours une île difficile d'accès avec plusieurs étapes à accomplir avec des correspondances qui n'en sont pas, et des horaires aléatoires. Qu'une tempête se lève et c'est courant, les bateaux de liaison ne naviguent plus. Que les vents de sables s'en mêlent et la liaison Sao Vicente vers Sal en prend un coup. Revenir vers chez vous peut prendre alors plusieurs jours. Je mesure aujourd'hui quellle chance j'ai eu d'aller là-bas. Le temps ne m'était pass compté. Ce n'est pas forcément une route que l'on choisit pour ses vacances. San Antao est un voyage, là-bas il faut du temps à perdre même si au final on s'aperçoit qu'il ne sera pas perdu si vous savez vous servir de vos yeux et oublier les deux derniers siècles. Si vous avez un appareil photo, il y a de quoi y passer des semaines. La route qui traverse l'île et qui va du port pour se rendre à Ribeira Grande en passant par le sommet du volcan Cuorvo est une route comme on en voit peu. Elle part d'un désert de lave, taille son chemin dans la pente aride et surchauffée, jongle le long de précipices et de pentes inconcevables où s'accrochent quelques cultures et finit par traverser des forêts sur les flancs du cratère où l'air est frais et où coulent des sources. Là des hommes cultivent et le spectacle est grandiose. Ensuite elle descend jusqu'à Ribeira Grande, improbable bourgade aux maisons colorées. Je pourrai écrire des heures sur le Cap Vert même si les mots ne reviennent pas tous facilement.
La magie du Cap Vert

Best Off : news initialement publiée le 4 novembre 2006, au début de ce blog.
Dès la fin des années 80, les yeux de windsurfers se sont tournés vers le Cap Vert. Exactement comme pour le surf, le voyage est une composante essentielle du windsurf. C'est d'ailleurs un point commun aux "vrais" sports de glisse que sont le surf, le windsurf, le kitesurf ou le snowboard et le ski new school pour les "snow addicts". Il s'agit de découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux spots, d'autres cultures. Je suis allé au Cap Vert, la première fois en 1990 et j'y suis retourné souvent dans les cinq années qui suivirent. Dire que depuis le Cap Vert me manque est une vue de l'esprit.
J'ai tout de même eu l'énorme chance de voir Sal, Sao Vincente, San Antao ou Boa Vista quand le tourisme les avait à peine effleuré. J'ai traîné dans les bars de Mindelo, écouté la musique Cap Verdienne et bu le rhum local qui vous met le feu dans la gorge. J'ai goûté l'atmosphère si particulière ce pays incroyablement attachant et passé là-bas des journées entières avec juste à l'esprit l'envie de faire de bonne photo et de prendre à bras le corps ces moments précieux de la vie. J'avais coutûme de dire à ceux avec qui j'en parlais qu'aller au cap Vert tenait davantage du voyage que du tourisme. On ne revient pas idemne du Cap Vert. Il y a une sorte de mélancolie qui vous guette et qui vous travaille.
En photo, le Cap Vert m'a porté chance. Ce que j'y ai trouvé m'a inspiré. Suite à un courrier d'un pote qui instalél sur place pour cause d'amour immodéré des vagues locales (et des locales...), j'ai monté un des premiers reportages qui montrait vraiment la vague de Punta Preta, devenue célèbre depuis. J'ai ramené un photo que Rip Curl utilisa l'été 93 pour sa campagne The Search dans toute l'Europe. Sur l'impulsion d'un directeur artistique qui m'avait sèchement reproché de ne pas savoir faire de portrait - ce qui n'était pas faux - je me suis "rapproché" des gens dans les deux sens du terme. Ma distance venait du fait que je n'ai jamais pris les locaux pour des figurines. Au Cap Vert ou ailleurs. M'approcher pour les photographier revenait à mes yeux à leur manquer de respect. Au Cap Vert, j'ai appris à "rencontrer" les gens. A créer un contact qui souvent aboutit à une bonne photo. Celle où le respect et la confiance est des deux cotés de l'objectif.
San Antao

Best Off : billet initialement publié le 5 novembre 2006, lors des premiers mois de fonctionnement de de blog.
Une autre facette du Cap Vert. Des terres dénudées, et de vert il n'est plus question. C'est la face B de cet archipel. Mais à quelques kilomètres de cet endroit là, une route mène au sommet d'un volcan entouré de terre fertile et de végétation. Ne pas se fier aux apparences. San Antao est sans doute l'île qui vous prend le plus aux tripes. J'y étais, il y a une bonne dizaine d'années, mais mis à part quelques rares voitures, on pouvait dire que la 20 ème siècle n'était pas arrivé jusque là. Curieux sentiment alors que celui de l'homme blanc venu en avion chasser les vagues, les sensations fortes et les belles images, curieux sentiment alors que celui que je ressens à chaque fois qu'un reportage m'amène dans pays à la beauté surprenante et où les mots modernité, progrès, rendement, confort, besoin, consommation et tant d'autres qui ne nous font pas tous honneur, ne sont que des coquilles vides. Des lieux où le simple fait d'exister et de vivre, demande un effort quotidien et où le superfu n'existe pas. Reste alors le sentiment que d'être simplement là est un grand bonheur simple, que le sourire et la poignée de mains seront les simples et seules monnaies d'échange, mais une monnaie basique dans le sens essentiel du terme, et que chacun devra de son coté, faire avec les contradictions du monde. L'appareil photo ultra-moderne d'une coté, l'extrême dénuement de l'autre. Le fait de "témoigner" comme on dit souvent dans les Festivals de Photographie ne suffisant pas à balayer ce drôle de sentiment de culpabilité qui assaille alors celui né du bon coté. Mais bon, ne pas se fier aux apparences encore une fois, ne pas tirer de conclusion hâtive comme ces voyageurs qui pensent en découvrant la pauvreté, que le bonheur ne peut se concevoir que dans l'acceptation occidentale et moderne du terme et que l'on peut changer facilement le cours des choses. La réalité est plus complexe. Leur imposer la nôtre ne m'ayant pas souvent semblé le plus adapté.
Nous nous arrêterons dans une distillerie ou le pressoir est actionné par un boeuf qui tourne en rond et partagerons un verre de rhum chaud tout juste confectionné. Tant d'années après le souvenir est toujours fort. Photographe peut être parfois le plus beau des métiers. Parfois.
Le réveillon, Mayra Andrade, la musique et le Cap Vert
Best Off : billet initialement publié le 2 janvier 2007
Bon, j'espère que vous êtes tous dignement entrés dans 2007. De mon coté, franchement, ca ne s'est pas trop mal passé : Jacuzzi sous les étoiles avec une flûte de champagne à la main en début de soirée du 31, puis St Estèphe 1991 Grand Cru, un peu plus tard pour se mettre en jambe. Après, je synthétise un peu... quelques bonnes choses à manger et de la musique, beaucoup de musique. Et de ces quelques "très bons" moments, c'est surtout le son que je retiendrai. Car le son fait voyager et rappelle des images... Après avoir passé une partie de la journée à écouter et voir le DVD de Lenine en concert, mon pote (un ami qui vous fait découvrir Lenine est forcément un frère d'arme avec qui pactiser pour 100 ans) m'a mis, entre autres galettes, la musique de Mayra Andrade dans la tête...
Jeune et Jolie Cap Verdienne qui, sur un ton assez différent de Cesaria Evora, sans doute plus brésilien, vous fera aimer le Cap vert, sa musique et ce qu'elle raconte. C'est suave comme un jour sous les tropiques, chaud comme une belle promesse, rythmé comme un rêve. J'ai donc repensé au Cabo Verde une partie du W.E, car c'est je vous le jure, une des ces destinations qui manque.
La chaleur, le sable, la poussière, l'ambiance, les bars et la musique. Du coup, j'ai ressorti quelques images donc deux totalement opposables, de San Antao. La partie désertique de la route, écrasée par le soleil et celle qui aux abords du Volcan, vous fait croire que d'un bond (d'un James Bond..) vous voila téléporté en Suisse.
L'image de cette route de San Antao me rappelle qu'à cette époque j'avais un filtre gris neutre dégradé que j'utilisais de temps à autre pour récupérer des situations impossibles. En l'occurence, c'était là le cas, car je devais composer à ce moment là avec un lumière d'une dureté inouie. Mais cette route qui découpait la roche et l'étendue en arrière plan qui se perd dans la chaleur et la poussière donne une bonne idée de l'endroit.
Plus tôt dans la journée, nous étions passés près du volcan, en partant de Ribeira Grande. Lumière plus favorable pour cette image très verte. Le Cap Vert est un endroit envoûtant, je suis envoûté, je n'aurais pas du écouter Mayra Andrade. Mon pote m'a gravé le CD, je l'écoute en boucle, ça ne risque donc pas de s'arranger.
Du Cap Vert, j'ai encore beaucoup d'images à vous montrer, dont celle du phare de Sao Pedro. C'était un de mes premiers reportages. Nous étions partis en virée aux frais de Peter Stuyvesant Travel qui organisait là-bas une sorte de tentative de record de vitesse. Les Cap Verdiens "répétaient" le carnaval tous les soirs c'est tout dire. Il y avait parmi nous hervé Haus, le journaliste - disparu depuis- qui a su mettre les plus beaux mots sur le windsurf, au moment où celui-ci connaissait sa période la plus explosive et créatrice. Je me souviens de lui là-bas. A moi comme à beaucoup d'autres, Hervé Haus a su communiquer l'envie. Je le dis sans nostalgie mais ce mec a fait danser le journalisme. A coté, la prose de l'Equipe est aussi triste qu'un rapport annuel de caisse de retraite.
Mindello, le coeur du Cap Vert

Best Off. News initialement publiée le 5 novembre 2006.
C'est au Cap Vert, sur l'île de Sao Vicente. La ville de Mindello est surtout connue grâce à Cesaria Evora, la chanteuse Cap Verdienne qui a fait résonner le coeur de son pays dans le monde entier. Scène de la vie quotidienne. Le marché. Avril 1994. Fuji Velvia, EOS 1V

